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 Sujet du message: Re: GLOSSAIRE NANAR
MessagePublié: 08 Avr 2016 17:42 
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Parallèlement à mon coup de gueule, j'aimerais remanier la définition.

Razzie Awards


Nom complet: Golden Raspberry Awards.

Cérémonie visant à "récompenser" les plus mauvais films/acteurs/réalisateurs. De moins, officiellement, car si elle est -à tort- mis sur pied d'égalité par rapport aux oscars et aux césars, elle se différencie par ces derniers sur plusieurs points par le fait qu'elle ne repose sur aucune analyse critique et ressemble davantage à une entreprise de démolition gratuite qu'à un penchant, fut-il parodique, des Oscars ou des Césars. En effet, il n'est pas rare qu'ils récompensent des films pour des critiques formulées avant même que ce dernier ne soit sorti, que certains membres du jury n'ont même pas vu les films qu'ils critiquent et qu'un acteur reçoive pour un même film un Oscar et un Razzie. Si certains films ont effectivement mérité cette récompense, c'est loin d'être toujours le cas, l'attribution d'un Razzie ne peut donc même pas être considéré comme un indicateur d'appréciation.

En somme, une cérémonie qui a un statut officiel (totalement usurpé) et qui attaque des films dont tout le monde parle, ça fait le buzz, ce qui est bel et bien sa seule finalité. Sans cela, ils seraient réduit à leur juste valeur: des trolls en mal de gloire facile.

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 Sujet du message: Re: GLOSSAIRE NANAR
MessagePublié: 11 Mai 2016 1:01 
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Hello ! En attendant de terminer mon tour d'horizon du continent américain et du reste du monde, voici toujours la partie "plagiats érotiques" de mon dossier sur la ramboploitation. Bonne lecture. :wink:


Addendum Variations Pornographiques


John Rambo, avec son torse nu ruisselant de sueur, ses pectoraux saillants, son animalité échevelée et virile, sa personnalité de surhomme et son énorme lance-roquettes à munitions illimitées, ne pouvait évidemment pas manquer de faire fantasmer le public et le succès des deux premiers opus eut pour effet d'attirer aussi l'attention des copieurs de l'industrie du X. D'autant qu'ici, pas de problèmes de copyright, on joue l'alibi de la parodie épicée. Quitte parfois à ne conserver de Rambo qu'un bandeau dans les cheveux du hardeur vedette et à se contenter d'enchainer les scènes de sexe sans rapport avec la saga...

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La star du X italienne Ileana Carisio alias Ramba, qui prit d'innombrables pauses "ramboesques" dans son look se voulant à la fois badass et sexy pour les magazines de charme transalpins dans les années 80, et qui inspira un personnage de fumetti, la tueuse à gages Ramba, qui faisait bouffer leur pénis à ses ennemis et trouvait le repos de la guerrière en ayant une relation amoureuse et sexuelle avec son chat !

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Quelques albums de la prestigieuse saga de Rossano Rossi...



La première réponse coquine à la franchise de Sylvester Stallone semble être "Bimbo : Hot Blood part 1", réalisé en 1985 par J. Angel Martini, et dont la tagline annonce la couleur : "Get ready Rambo! Have we got a girl for you! Linda Chu, oriental cheerleader." Le scénario offre une relecture débridée (c'est le mot) du traumatisme post-Vietnam, à grand renfort de fantasmes exotico-racistes. Face à l'inaction des autorités dans la recherche des GI portés disparus, Jane Bimbo (Barbie Dahl), intrépide américaine, se rend au Vietnam (symbolisé par quelques stock-shots) pour délivrer son mari prisonnier de la dominatrice Madame Chang (Linda Chu), tortionnaire communiste nymphomane et bissexuelle. "Bimbo" est un pur film X reaganien dans lequel la revanche américaine au Vietnam se limite à un retour de la domination masculine du héros américain sur la perversité de la femme asiatique. Le film eut droit à une suite devenue introuvable, "Bimbo 2 : Homecoming" (1986) de Awesome Wells, qui compte pourtant Ron Jeremy au casting. Dans ce deuxième opus, Karina Kalami joue Angel, une Vietnamienne ramenée au pays de l'Oncle Sam par un officier de l'armée U.S (le sergent Kirby York, hommage à John Wayne) et son épouse qui l'ont adoptée. Mais Angel, comme toutes les asiatiques, est une prostituée dans l'âme (c'est le message du film) et plutôt que de poursuivre des études et donner l'exclusivité de son affection à son "papa" adoptif le sergent York, celle-ci invite des "amis" à venir s'amuser dans sa chambre contre de l'argent, lequel est collecté "pour venir en aide aux orphelins nécessiteux". Si c'est pour la bonne cause...

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Le pionnier du X américain Carter Stevens (planqué derrière le pseudo Steve Mitchel) met en scène le hardeur Jack Hammer, qui ressemble vaguement à Stallone, dans son premier rôle avec "Rambone : The First Time" en 1985. Le KGB expérimente de nouvelles techniques de tortures sexuelles au Vietnam, et la SIA charge le vétéran Rambone d'infiltrer le camp de prisonniers/cobayes sexuels. Dans la moiteur de la jungle (enfin, d'un quelconque sous-bois américain), Rambone devra faire appel à toutes ses facultés de résistance psychologique pour "endurer" les assauts des insatiables auxiliaires nymphomanes du vilain colonel soviétique joué par George Payne. S'ouvrant sur une sympathique chanson générique aux accents rock 80's endiablés, le film contient quelques inhabituelles séquences d'animation en stop-motion et se moque de l'aspect interminable de ses scènes de fesses en plaçant régulièrement des "deux heures plus tard" à l'écran. Le générique de fin annonce une suite, "Rambone 2 : The Next Mission", qui ne vit apparemment jamais le jour.

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Un autre Rambone voit le jour en 1985. C'est Dick Rambone, très très vague sosie moustachu de Sly qui inaugure sa carrière dans le boulard avec "Rambone The Destroyer" de William Whett. Outre que "le destructeur" ne détruit pas grand chose, sauf peut-être les orifices de ses partenaires, le film n'entretient qu'un rapport très lointain avec Rambo. Le prétexte de cette exhibition de chairs roses filmée dans un appartement dans des conditions extrêmement amateurs où l'on peut entendre le réalisateur donner ses directives à la caméra ? La copine de Rambone, Suzy Q (Rachel Ryan) est kidnappée par un réseau de traite des blanches. Après bien des ébats entre les esclaves sexuelles et leurs clients, Rambone débarque enfin durant les dernières minutes. Pour se venger, il s'empresse d'enlever sa tenue commando et s'envoie en l'air avec les filles présentes en compagnie du bras droit borgne du méchant. Rambone reviendra ensuite dans d'autres aventures, notamment dans "Rambone and the Double Penetrators" (1986) et "Rambone Does Hollywood" (1986), qui ont encore moins de rapport avec Rambo.

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En 1986, la légende du X Peter North endosse le look de Stallone pour une resucée des deux premiers Rambo, "Ramb-Ohh! The Force is in You" (vous êtes sûrs de pas avoir confondu Rambo avec une autre franchise hollywoodienne, les mecs ?) de Von Rogel. Ce porno moins paresseux que d'ordinaire bénéficie d'un véritable scénario, un effort qui mérite d'être salué en cette période où les pornos scénarisés tendaient à se raréfier avec l'explosion du marché de la vidéo. En fait, le film a des allures de deux en un, comme si Godfrey Ho s'était mis au boulard, les scènes X tombant comme un cheveu sur la nouille au milieu d'une trame étonnamment développée. Errant sur les routes d'une Amérique qui le rejette, Ramb-Ohh rencontre une agente de la CIA poursuivie par un gang terroriste. Au cours d'une enquête, l'espionne a découvert que les terroristes projettent de commettre un attentat dans un aéroport et financent leur opération grâce à un bordel qui leur sert de QG. Tandis que la belle espionne va prévenir les autorités, de son coté Ramb-Ohh se rend au camp des méchants pour les empêcher de mettre leur plan diabolique à exécution et sauver la contact infiltrée des services secrets qui a été démasquée et est retenue en otage par les vilains. L'intrigue mettant en scène Ramb-Ohh/Peter North est régulièrement entrecoupée de séquences hard aux furieux airs d'inserts semblant issus du tournage d'un autre boulard, interprétés par des acteurs et actrices qui ne rencontreront jamais ceux de la partie "ramboesque" du métrage, si bien qu'on finit par se demander si Peter North donnera oui ou non de sa personne autrement que par des coups de tatane mollassons. Et ça c'est plutôt un bon point en fait.

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Bonus : je profite de la brièveté de ce chapitre pour vous offrir un petit interlude roman-photo des aventures de Peter North, ou "le film d'action caché dans le film de cul"

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Peter North, incarnation désabusée d'une génération de héros sacrifiés et son ridicule bandeau démesuré.

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Deux pedzouilles de passage qui ne devraient pas faire chier notre héros (et qui fourniront par la suite quelques interludes comiques royalement inutiles).

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Des terroristes top classe.

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Le chef des méchants renforce l'aspect deux en un du film en passant son temps au téléphone.

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Un autre élément 2 en 1-like : Peter North observe à la jumelle des gens qui copulent dans le plan d'à coté.

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Le mini-détonateur jouet servant à activer la bombe qui menace la sécurité du Monde Libre.

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Une héroïne "plus eighties que moi, tu meurs !"

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De l'action, des hélicos, du sniping et de l'équipée sauvage à moto comme dans les vrais films de Hollywood !

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La base des méchants.

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Ramb-Ohh dézingue des gardes sourds et aveugles qui ne remarquent rien même quand leurs petits camarades se font égorger à un mètre d'eux en plein jour.

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La confrontation finale entre Ramb-Ohh et le méchant, avec échange de punchlines de rigueur :
Le méchant : "You are becoming a big problem."
Ramb-Ohh : "Sorry about that."
Le méchant : "Well, don't worry! Like an annoying insect, you're about to be squatched!"
Ramb-Ohh : "Never be too sure!"
Le méchant : "Oh, really ? Ha ha! What makes you say that ?"
Ramb-Ohh : "Just when you least expect it, an insect will get you a little sting."

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Après avoir taper sa bavette virile avec le méchant, notre héros balance son couteau fétiche dans le bide du vilain, qui en fait des gigatonnes dans l'agonie avant de s'effondrer comme une crotte dans la piscine.

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Le héros, contemplant le corps de son ennemi : "It looks like you've a little bug in your termination business!"

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Et une fois sa mission accomplie, Peter North pourra enfin aller savourer le repos du guerrier sur un matelas à eau entre les reins de l'otage délivrée. On se disait aussi !



L'année suivante, Peter North revient dans un "Ramb-Ohh part II : The Sex Platoon" beaucoup plus anecdotique mis en boite par Wolfgang Gower. Porno de base se contentant d'enchainer les culbutes sur un vague pitch de deux lignes : Ramb-Ohh est devenu le sergent instructeur d'un camp secret dans la montagne où il forme un commando de bimbos. Parvenues au terme de leur entrainement, les filles doivent passer un dernier test : faire usage de leurs charmes pour dérober des documents secrets. Les "victimes" de leurs opérations de séduction seront un général communiste, un moine bouddhiste (?), un terroriste et bien sûr Ramb-Ohh lui-même...

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Une somptueuse jaquette alternative grecque du film.


Passées les fastes années de la ramboxploitation 80's, il faudra attendre la sortie du quatrième volet de Sly pour que les phallocrates de la zone rose s'intéressent de nouveau à notre baroudeur à bandeau. On fait donc un bond d'une vingtaine d'années dans le futur pour passer à l'année 2011, où le studio allemand Oftly Goldwin confie curieusement au réalisateur italien Guido Valentini le soin d'usiner chez lui un "Porno Rambo" des plus laids et misérables qui sera redoublé en allemand pour son exploitation vidéo et qui fait tout de même l'effort de décalquer assez fidèlement l'original. Parachuté depuis un stock-shot d'hélicoptère, le Rambo du jour, sorte de croisement rital entre Didier Bourdon, Kenneth Branagh et Stallone, traumatisé par la mort d'un de ses frères d'armes (lâchement égorgé par derrière alors qu'il sodomisait innocemment une villageoise), retourne au Vietnam pour libérer une otage des mains (baladeuses) des communistes. Comme il se doit, le Vietnam est un bout de campagne transalpin, le camp des communistes est une ferme anonyme où trainent des bottes de foin, les fameux bordels de Saïgon font l'objet d'un long flashback et les acteurs et actrices forniquent avec des degrés divers d'enthousiasme et d'énergie. Ce direct-to-DVD industriel fait également un clin d’œil à "The Expendables" en grimant le supérieur de Rambo en sosie de Barney Ross.

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En 2013, DreamZone Entertainment, studio américain spécialisé dans les parodies de films et séries célèbres, met en chantier un "Rambone XXX: A DreamZone Parody" tourné avec trois centimes et sept comédiens dans un sous-bois et les différentes pièces d'une maison quelconque par Jordan Septo. Comme son affiche le laisse entendre, il s'agit d'un plagiat féminin de "First Blood" où le shérif macho d'un petit patelin (Tommy Pistol, vedette d'un alléchant "Taxi Driver XXX" de 2011) commet la monumentale erreur d'arrêter la vagabonde sexy Joan Rambone (la jeune débutante Bonnie Rotten, ex-vendeuse de chaussures, ex-danseuse du ventre, ex-mannequin pour expositions automobiles, ex-Miss Dead Indiana Beauty Pageant, promise à une brillante carrière dans le POV et le gonzo) et de lui pratiquer une fouille au corps bien peu galante. Mais Rambone est une vétérane des forces spéciales, une dure, une tatouée (de partout), une machine de guerre qui n'aura de cesse de zigouiller les flics et les militaires lancés à ses trousses, en leur laissant cependant le temps de copuler frénétiquement auparavant. Seule l'intervention bien musclée du colonel Trapman (Ryan McLane) pourra stopper la guerrière avant qu'il ne soit trop tard... Sur les 1h45 que dure le film, un petit quart d'heure plagie fidèlement le classique de Ted Kotcheff et le reste laisse les acteurs et actrices faire ce pourquoi ils sont (mal) payés. Ces derniers se débrouillent d'ailleurs pas trop mal dans les rares scènes de comédie et on regrette qu'il n'y en ait pas davantage.

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Pour le moment, voilà tous les pastiches dénudés que l'on pourra recenser (à moins qu'il n'y en ait d'autres qui me soient passés sous le nez). Mais il y a fort à parier qu'avec le cinquième opus actuellement en chantier de la série originale, on ne soit pas à l'abri d'autres rip-off dévergondés de l'increvable héros de guerre testostéroné...

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 Sujet du message: Re: GLOSSAIRE NANAR
MessagePublié: 27 Juin 2016 4:22 
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Flashback

n.m. (mot anglais) : Séquence cinématographique retraçant une action antérieure aux évènements relatés. Retour en arrière. (définition du Petit Larousse)


Dans un nanar, le flashback est toujours un élément hautement hilarant, tant il est réduit à un éternel cliché narratif, un gimmick reposant sur des codes tellement éculés et peu imaginatifs qu'il en devient drôle malgré lui, à force de revenir comme un running-gag d'un film à l'autre. Exemples :

Flashback numéro 1) le souvenir bucolique d'un bonheur passé dans un quotidien désormais solitaire et désespéré. Le héros dont la famille vient de disparaitre se remémore, ou plutôt voit surgir à l'écran des images de lui courant gaiement avec sa bienaimée main dans la main dans un champ fleuri et ensoleillé (ou sur la plage, ça marche aussi), se baladant insouciamment au cours d'une sortie dominicale idyllique où lui et sa petite famille donnaient à manger aux canards de l'étang du parc municipal, et autres activités mièvres accomplies autrefois dans la joie et les rires niaiseux qu'offrait une vie simple et sans histoire. Et de s'écrier : "Elle-euh sont mortes... à cause de moaaaaaaaaaa !!!"

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Scène de blues sentimental pour MC Kung Fu, le héros de "City Dragon" (Philthy "Phil" Philips, 1995), dont les appels déchirants au nom de l'être aimé sont ponctués d'une rafale de flashbacks où les tourtereaux s'aspergeaient gaiement de mousse à raser, batifolaient niaisement main dans la main et faisaient l'amour devant un feu de cheminée sur fond de zik sirupeuse.


Flashback numéro 2) le syndrome de stress post-traumatique. Pendant son sommeil (très agité), le héros rêve d'un évènement traumatisant survenu dans un passé en noir et blanc. Par exemple : la mort de sa femme ou de son meilleur pote. Si le héros est flic, pensez à caser un flashback de la mort de son coéquipier (tué par le grand méchant du film poussant des ricanements sardoniques dont les sinistres échos hantent le héros-qui-se-sent-coupable). Mais LE grand classique, c'est le flashback de la guerre du Vietnam. Pas la peine de vous fouler, quelques stock-shots à l'image toute pourrie des reportages d'époque feront largement l'affaire. La séquence se conclue alors par le réveil en sursaut du héros baignant dans trois litres de sueur. Le flashback est le cousin direct du rêve télépathique.

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Dans "Double Action" (William Byron Hillman, 1988), le kickboxer David Heavener doit raccrocher les gants car il est attaqué sur le ring par des stock-shots d'hélicoptères. Bouleversant !

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Même quand il fait la vaisselle, un simple verre cassé et notre héros viril se retrouvent à chialer par terre comme une grosse chochotte devant les vilains stock-shots.

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Tony Zarindast, en proie à l'enfer des images d'archives de l'ARVN (qui lui font tirer des coups de revolver tout seul dans son salon) dans "Fight Prison" (1989).

Flashback numéro 3) le flashback de confrontation. Lors du face à face final entre le héros vertueux et le méchant ignoble, un montage épileptique à coups de zooms frénétiques sur les deux adversaires est de rigueur. Mais le point d'orgue est un flashback agressif des pires exactions du méchant, alterné avec des gros plans sur les yeux froncés du héros, afin de bien faire comprendre toute la rage et la détermination qui anime le vengeur pour en finir une bonne fois pour toutes avec le serviteur du mal qui a d'excellentes raisons de mourir de façon violente (il n'est jamais superflu de le rappeler). Dans un film pakistanais, c'est toujours un régal.


Flashback numéro 4) le flashback/scène de cul. En pleine tension dramatique, il est de bon ton de placer un flashback de la dernière culbute de l'héroïne (si le héros est un homme ce genre de flashback n'arrive jamais, le macho préférant la culbute in vivo lors de la pause récré entre deux scènes d'action) dévoilant son coté "femme sentimentale" en même temps que sa généreuse poitrine. Le top est atteint lorsque l'héroïne prend une douche et qu'elle a un flashback de son dernier coït dans la paille, comme dans "Night Force" de Lawrence D. Foldes (1987), offrant ainsi un plan nichons prétexte à caser un autre plan nichons (l'idée de génie !) suivi d'un troisième plan nichons puisqu'on revient ensuite à l'héroïne prenant sa douche.

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Anna Nicole Smith se remémore les meilleures moments de "Un gratte-ciel en otage".

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 Sujet du message: Re: GLOSSAIRE NANAR
MessagePublié: 30 Oct 2016 22:19 
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Deus ex-machina

Procédé narratif qui, dans le théâtre antique, faisait intervenir une divinité au sein de l'histoire qui aura pour mission de dénouer une situation à priori désespérée. Par extension, désigne également la survenue d'un miracle inattendu ou d'un personnage providentiel.

Le deus ex machina nanar sort généralement de nulle-part, est très mal intégré au récit et sa présence n'est généralement pas justifiée, si ce n'est pour permettre aux scénaristes peu imaginatifs de mener coûte que coûte l'histoire à un happy-end forcé. Il se matérialise de différentes façons: le personnage qui n'intervient que pour sauver le héros, le twist capillotracté, le héros qui use d'un pouvoir surhumain dont on ignorait l'existence, une faille grossière dans le plan du méchant que le héros va pouvoir exploiter, un événement invraisemblable qui va sauver la mise au héros, etc...

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Cas typique d'un personnage dont on ne saura rien et qui n'apparaît que le temps de sauver le héros (gangland)

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Autre exemple de deus ex machina: le chien invraisemblablement intelligent des Trottoirs de Bangkok

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 Sujet du message: Re: GLOSSAIRE NANAR
MessagePublié: 20 Jan 2017 20:28 
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Musique nanarde

Musique décédibilisant le film dès qu'elle se fait entendre. La musique devient nanarde de par son décalage par rapport à ce qu'on voit à l'écran, son caractère inécoutable, sa répétitivité, sa pauvreté instrumentale (voir Bontempi), voire le simple fait qu'il n'y ait qu'un seul morceau joué de tout le film. Dans le cas des comédies nanardes, les musiques qui se veulent drôles ne parviennent qu'à être ridicules.

Souvent, ces musiques se suffisent à elles-mêmes et peuvent très bien s'apprécier en dehors des films qui les utilisent. Le Radio blog ainsi que le site Bide et musique constituent d'excellentes musicothèques nanardes.

Toutefois, un morceau tout à fait correct au départ peut se nanardiser de par l'usage qui en est fait dans le film. Ainsi, The Room fait durer les scènes chaudes le temps qu'il faut pour pouvoir passer les morceaux de musique qui les accompagnent dans leur intégralité.

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 Sujet du message: Re: GLOSSAIRE NANAR
MessagePublié: 20 Juil 2017 19:22 
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Éditeur nanar

Éditeur ridiculisant des films qu'il est censé commercialiser. Pour cela, il utilisera plusieurs techniques.

-En arnaquant sur un contenu qu'il juge pas assez vendeur (cf. jaquette volante).
-En nanardisant l'accroche, le titre ou le résumé.
-En ne faisant aucun effort pour donner un produit fini correct. On se retrouve donc avec des jaquettes hideuses avec des textes remplis de fôtes, des DVD rippés depuis des VHS sans nettoyage du son ni de l'image, des menus DVD spartiates ou inexistants.
-En rééditant une casserole de jeunesse d'un acteur connu, où la présence de l'acteur servira d'argument marketing (même si il n'y fait qu'un caméo).

Par extension, on peut aussi appeler Éditeur nanar un éditeur se spécialisant intentionnellement dans la (ré)édition de nanars à destination des nanarophiles.

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 Sujet du message: Re: GLOSSAIRE NANAR
MessagePublié: 14 Sep 2017 12:22 
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Bidasseploitation

Sous-genre de la comédie mettant en scène des soldats au sein de l'armée. Apparue dans les années 70 suite au succès de la saga La septième compagnie, elle reposent très souvent sur les mêmes ressorts comiques:

-Des soldats incorporés qui se révèlent peu à peu être de véritables bras cassés (selon le film, leur hiérarchie peut se révéler tout aussi incompétente).
-Des stratégies plus où moins recherchées pour se faire réformer/déserter.
-Des tentatives pour sauter la jolie infirmière du régiment (cf. sexy-comédie).

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 Sujet du message: Re: GLOSSAIRE NANAR
MessagePublié: 14 Sep 2017 17:46 
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Inexpressivité

Absence apparente d'émotions sur un visage. Un acteur inexpressif, que ce soit par incompétence, par démotivation ou par consternation, peut très facilement nanardiser un film, surtout quand il est censé exprimer des émotions fortes. Le visage impassible d'un personnage devant la perte d'un être aimé, pendant des scènes romantiques où pendant qu'il provoque une tuerie est un effet comique notoire. Certains acteurs se sont spécialisés dans l'inexpressivité, parmi lesquels Weng Weng, Chuck Norris ou Chris Mitchum.

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Dernière édition par Stem le 15 Sep 2017 15:22, édité 2 fois au total.

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 Sujet du message: Re: GLOSSAIRE NANAR
MessagePublié: 14 Sep 2017 21:38 
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Stem a écrit:
Certains acteurs se sont spécialisés dans l'inexpressivité, parmi lesquels Weng Weng, Chuck Norris ou Chris Mitchum.
A mon avis dans ce domaine Steven Seagal n'est pas en reste.


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 Sujet du message: Re: GLOSSAIRE NANAR
MessagePublié: 02 Oct 2017 23:18 
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Costume nanar

Costume décrédibilisant le malheureux acteur qui le porte, que ce soit par sa laideur ou son ridicule intrinsèque, voire par son décalage par rapport au personnage que l'acteur est censé incarner.

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Les ninjas de Godfrey Ho sont une valeur sûre en la matière.

Dans les films futuristes, le décalage avec le cadre temporel exige que les costumes soient très différents de ceux qu'on connaît aujourd'hui, l'imagination des cortumiers ne connaît dès lors plus de limites. Avec des résultats très aléatoires.

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À noter qu'un costume peut simplement avoir mal vieilli. Les modes vont et viennent, et il n'est pas rare qu'un vêtement tendance devienne ridicules avec les années.

Qui dit super héros dit super costumes. Mais là encore, le costumier n'est pas toujours très inspiré.

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Non, ce n'est pas un cosplay mais un vrai super héros

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Idem pour celui-ci, malgré ses apparences de pyjama

D'autres exemples
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Une femme qui en a dans le slip

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Cas particulier de costume nanar: celui qui craque en pleine action.

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 Sujet du message: Re: GLOSSAIRE NANAR
MessagePublié: 22 Oct 2017 21:52 
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Cliché

Idée, image ou concept usé par une surutilisation et/ou une trop longue situation de monopole, au point de perdre en crédibilité à cause d'un très prenant sentiment de déjà-vu, ils sont donc par nature très présents dans le cinéma bis. Il nanardise d'autant plus le film si l'époque où il n'était pas un cliché est lointaine. Toutefois, le cliché ne fait pas le nanar, et un film qui ne contient que des clichés sans rien montrer d'autre peut très vite se révéler dispensable.

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