Forum Nanarland.com

Le forum des mauvais films sympathiques
Nous sommes actuellement le 18 Jan 2018 4:52

Heures au format UTC + 1 heure




Publier un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 272 messages ]  Aller à la page Précédent  1 ... 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14  Suivant
Auteur Message
 Sujet du message: Re: GLOSSAIRE NANAR
MessagePublié: 02 Août 2013 20:30 
Hors-ligne
Bon Pote de Godfrey Ho
Avatar de l’utilisateur

Inscrit le: 30 Sep 2003 13:19
Messages: 5375
Image

"They call him Machete..."


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message: Re: GLOSSAIRE NANAR
MessagePublié: 17 Oct 2013 22:46 
Hors-ligne
Grand Nanardeur
Avatar de l’utilisateur

Inscrit le: 24 Août 2011 12:14
Messages: 834
Localisation: Un cachot humide
J'ai hésité avant d'écrire cette définition. Elle ne parle que d'une (enfin... pas vraiment "une") créature en particulier.Ce serait comme écrire une définition de Predator qui entre dans la catégorie Extra-terrestre. Mais bon, vu qu'il y a une entrée pour Chat, je me suis dit pourquoi pas. A voir si ça pourrait avoir sa place dans le glossaire.

Dinosaure: (ou peut être même Dinosaures (film de))
Les dinosaures sont des reptiles qui ont régné sur Terre en des temps que les gens de 20 millions d'années ne peuvent pas connaître. Ces créatures ont, depuis bien longtemps, suscitaient un grand intérêt auprès des cinéastes.

Image Image

Si les dinosaures de Steven Spielberg viennent de suite à l'esprit, on peut tout de même rappeler les origines préhistoriques de Godzilla ou encore que le dessin animé hyper populaire « L'Âge de Glace » raconte les mésaventures de quelques specimens de cette espèce.

On pourrait trouver un certain nombre de raisons de cet intérêt toujours d'actualité pour des bestioles qui ont disparu de la surface de notre planète.
Premièrement, il faut dire qu'à leur époque, les Dinos, comme on aime les appeler, étaient les tauliers des lieux. Alors que l'Homme allait encore attendre bien des années avant de se terrer dans de sombres cavernes en bouffant le fruit de sa cueillette et en trépassant à même pas 25 ans, les Dinosaures gambadaient déjà fièrement dans les prairies et les forêts. Et l'Homme sait très bien que sans une foutue météorite, peut-être bien que le Dino règnerait toujours en maître et qu'aujourd'hui, c'est lui qui passerait ses journées à se polluer son mur facebook alors que nous serions en train de dessiner avec un caillou mal taillé notre journée sur les murs de la grotte de Lascaux... si tant est que nous soyons nés.

Image

Une autre raison est qu'il faut bien avouer que le bestiaire du paléolithique est des plus impressionnants. Les espèces sont toutes aussi diverses que fascinantes.
Le Vélociraptor sera donc une créature agile et rapide, attaquant plutôt en groupe et dont les caractéristiques ne seront pas sans rappeler celle des Aliens de Ridley Scott (voire James Cameron).
Le Tyrannosaurus Rex s'imposera tant comme un monstre gigantesque dont la bestialité et la capacité destructrice rappellera quelques fameuses créatures japonaises.
Le Ptérodactyle sera alors le maître des airs où nul ne saura contester sa suprémacie.
Le Tricératops fera parler sa force tel un incroyable Hulk et sera capable de percer n'importe quelle muraille ou faire valdinguer tout objet encombrant.
Ils sont tellement nombreux que le nombre de possibilité scénaristique est énorme. Pourquoi parler de Trolls, Ogres, Elfes, Harpies, Gorgones, Minotauresn... qui n'ont jamais existé alors que ces créatures préhistoriques ont bel et bien existé et offrent des qualités qui n'ont pas grand chose à envier aux monstres d'heroic-fantasy ou mythologiques.

Image

S'il est donc naturel que le cinéma se soit intéressé à ces Dinosaures, il faut tout de même bien que leur traitement est rarement optimal. Quand un amateur de nanar déniche un film de dinosaures qu'il ne connait pas dans un magasin d'occasion, il a toujours le même réflexe : ils s'y intéressent grandement. Car, il sait qu'un film de Dinos est souvent source d'une grande nanardise. Pourquoi ?

Encore une fois, plusieurs raisons peuvent être apportés à cette question. Celle qui semble le plus évidente et que les films de science-fiction fauchés voulant ressusciter ces créatures disparues ont parfois bien du mal à modéliser ces monstres. Entre production fauchée ou gros poil dans la main, le réalisateur possède énormément d'outils pour pondre des créatures qui ressemblent plus ou moins (ou vraiment vachement vachement) moins.

_ les dinos en pâte à modeler animé image par image en stop-motion, technique qui peut soit s'avérer très réussie avec des auteurs talentueux comme Willis O'Brien, Ray Harryhausen ou encore à l'occasion de "La planète des dinosaures", nanar de série Z possédant tout de même des dinos extrêmement soignés à l'animation fluide qui reçurent malgré tout un lot de reproches alors que, pour l'époque, ces FX devaient bien être la seule vraie qualité du film; soit l'animation et le design se révèle un peu plus farfelus, voire limite (les FX de Brett Piper, qui possèdent cependant un charme et une sincérité assez touchants); soit on sombre dans le ridicule totalement bâclé, avec des dinos informes aux mouvements saccadés au point qu'on n'ose même plus appeler ça des mouvements (comme les créations d'Antonio Cervero pour "Dinosaur from the deep"). Cette technique demande une patience d'ange et une certaine passion dans ce que l'on fait, mais ne nécessite pour ainsi dire aucun budget conséquent.

Image
Non ce n'est pas E.T, mais le tyrannosaure animé de la série télévisée "Land of the lost" (1974).

_ l'animatronique et les créatures robotisées, en utilisant par exemple des moteurs hydrauliques ou des systèmes de rails. Technique qui peut donner des résultats très concluants comme dans les films de Kevin Connor. Rappelez vous du ptérodactyle plus vrai que nature du "Continent Oublié". Cependant, par manque de budget, on peut avoir des rendus un peu plus statiques et moins crédibles ("Yor le chasseur du futur"). Une technique qui nécessite donc tout de même de s'y connaitre un minimum en bricolage.

Image
Le raptor de "Futur war" (1997), qui a un peu la grosse tête.

_ le lézard agrandi par travelling mattes et autres effets d'optique, technique très simple : on prend un varan et un iguane, on les maquille en leur collant des fausses cornes et des crêtes dorsales, on les affame pendant des jours, on les place dans un décor miniature en carton-pâte et, afin qu'ils ne s'endorment pas à cause de la chaleur des projecteurs, on les soumet à des électrochocs pour pousser nos deux reptiles à s'entretuer devant la caméra ! Seul inconvénient : on risque d'avoir des problèmes avec la SPA. C'est pourquoi, à partir de 1940, toutes les bisseries ayant recours à cette technique, utilisent en fait des stock-shots du film "One million B.C" alias "Tumak fils de la jungle" (1940), recordmovie U.S du nombre d'animaux massacrés, dont toutes les scènes de FX ont été utilisées et réutilisées sur des dizaines d'autres films durant les quatre décennies suivantes (ex : "Robot monster").

Image
Gaussons-nous avec le MST3K devant un énième recyclage de cette séquence de "One million B.C".

_ le comédien dans un costume caoutchouteux, technique japonaise (Godzilla) mais pas uniquement (il y en avait déjà dans "One million B.C, encore lui). Peu couteux, nécessite tout de même les services d'un acteur costaud car ce type de costume est très lourd. Le corps humain n'ayant pas la même morphologie que celui des dinosaures, le déguisement ne sera pas très réaliste et peut facilement virer au nanar pour peu que le design soit particulièrement mal conçu.

Image
Les cératosaures montés sur échasses (oui oui) de "L'ile inconnue" (1948), un des rares films de ce genre tourné en décors naturels, ce qui fait que lorsque les dinos apparaissent devant un (vrai) arbre, celui-ci parait gigantesque... ou plutôt ce sont les dinosaures qui paraissent petits.

_ la marionnette à main (ou chaussette), technique des plus rudimentaire : prenez un gant de cuisine, customisez-le avec des faux yeux et des fausses dents en papier, glissez votre main à l'intérieur, allumez votre caméra et faites "Grrraaoouu !", l'illusion sera parfaite.

Image
Coucou les pitits gnenfants ! C'est moi, la chaussette dentée de "Terror of prehistoric bloody creatures from space" aka "Jurassic Trash" (1998).

_ pour les plus pressés, il y a encore plus rudimentaire : le jouet pour enfant en plastique secoué devant la caméra. Ne reste plus qu'à rajouter des rugissements piqués à un documentaire sur les lions et le public n'y verra que du feu.

Image
Le T-rex d'un réalisme saisissant de "One million AC/DC" (1969).

_ le CGI, incontestablement l'effet spécial le plus laid. Aucun charme, très répandu à l'époque actuelle depuis que n'importe qui peut faire ses FX en image de synthèse avec son ordi, il suffit que la bestiole soit bâclée, ne serait-ce qu'un chouia, pour nous entrainer aux confins de l'horreur et nous aveugler par une bouillie de pixels absolument immonde (souvenirs pénibles des vélociraptors de "Raptor Island" qui ressemblent plus à des bâtons qu'à autre chose). N'est pas magicien d'ILM qui veut.

Image
Cette chose est sensée être un redoutable ptéranodon du film "Pterodactyles" (2005).

Ainsi, les Dinosaures ci-dessous sont le fruit de quelques unes de ces techniques et ont grandement contribué à avoir les films où on les trouve chroniqué sur ce site.

Image Image
Image

De plus, qui dit nanar à dinosaures dit scénar en or. Parfois, la simple trame scénaristique suffit à faire un excellent nanar à elle seule. C'est bien beau de vouloir croiser deux espèces qui n'ont pas vécu dans une même ère, toujours faut il le justifier efficacement. Si Spielberg s'en tire pas trop mal avec son histoire de moustique fossilisé qui servirait à un clonage de femelle, certains autres s'en sont beaucoup moins bien sortis.
Dans Attack of the Super Monsters, les Dinosaures se seraient cachés au centre de la Terre et continuaient leur évolution. Ils auraient ainsi appris à parler et à jeter des rayons lasers avec leurs yeux. Et c'est en 1982 qu'ils décidèrent qu'ils avaient assez attendu et qu'il était temps de reconquérir la Terre.
Dans La Planète des Dinosaures, une navette humaine s'écrase sur une planète inconnue et pas de bol, cette planète est remplie des mêmes créatures qui ont régné sur Terre y a de ça des millénaires. C'est quand même pas de bol. Quelle était la probabilité de trouver une planète qui serait habité par exactement les mêmes créatures qui se sont éteintes sur la nôtre ?
Dans Carnosaur, bah les dinosaures... ils viennent d'un œuf de poule.

Il est toujours compliqué d'expliquer la rencontre improbable entre l'Homme et cet Animal d'un autre temps. Surtout que, lorsqu'un film a établi un scénario, il est difficile d'en reprendre un trop similaire de peur de se faire attaquer de plagiat. Ainsi, l'intérêt nanardesque du film de Dinosaures peut parfois uniquement se justifiait par sa trame qui fait tellement dans le n'importe-quoi qu'elle en devient jouissive.

Image

Bien qu'ils aient disparu depuis bien longtemps, l'intérêt cinématographique pour les Dinosaures a certainement encore de très beaux jours devant lui. Si l'évolution des techniques et de la technologie tend à donner de plus en plus de réalisme à ces créatures filmiques, il reste encore de nos jours des producteurs cupides ou des réalisateurs fainéants pour nous offrir des créatures sortant de l'ordinaire et qui feront le bonheur de tous nanardeurs.

_________________
ImageImage


Dernière édition par Plissken le 21 Nov 2013 21:32, édité 1 fois au total.

Haut
 Profil  
 
 Sujet du message: Re: GLOSSAIRE NANAR
MessagePublié: 15 Nov 2013 23:05 
Hors-ligne
Maîtres es Nanar
Avatar de l’utilisateur

Inscrit le: 24 Déc 2011 20:36
Messages: 1141
Localisation: Quelque part entre les bornes et les limites
Bonjour. Je tente une définition de "Flic". Alors bien sûr, tout le monde sait ce qu'est un policier, on n'est pas ici dans l'argot nanarlandais. Le but est plutôt de définir la place de la police dans l'univers du nanar et de dresser une liste des poncifs associés au représentant de la loi et de raconter un peu l'histoire et les évolutions du "flic nanar". Si vous voyez des modifs à apporter à cette définition, signalez-les moi (y a des passages dont je suis pas sûr, notamment la partie "profiler" vu que c'est un genre qui ne m'intéresse pas du tout mais il fallait bien l'évoquer, alors...). Je vous souhaite une bonne lecture, en espérant que cette définition conviendra au glossaire. :wink:


Flic (ou policier) :

Au cinéma, la police est une des institutions les plus représentées, et le monde du nanar contient de nombreux stéréotypes associés à ce corps de métier. Les caractéristiques d'un représentant de la loi dans un nanar dépendent essentiellement du genre que le film aborde. Le manichéisme fluctuant nous fait distinguer deux sortes de policiers nanars : le bon flic et le mauvais flic.

Le bon flic (ou super flic, ou flic de choc)

Depuis ses origines, le cinéma joue au policier et au voleur, et les films noirs "à l'américaine" des années 30-50 ont popularisé l'image du détective dur-à-cuir, flegmatique et charmeur qui tombe toutes les pépés et fait mordre la poussière aux gangsters. Fumeur, quelque peu porté sur la bouteille, un poil rebelle, le super flic des origines trouva notamment une incarnation des plus nanardes en la personne d'Eddie Constantine alias Lemmy Caution dans "La Môme Vert-de-Gris", sorte de pastiche involontaire des polars américains de l'époque dont on dira pour rester courtois qu'il est effroyablement daté (mais il ne s'agit assurément pas du seul exemple de ce type).

Image
Lemmy Caution, le flic cool le plus ringard du cinéma.


Durant les années 60-70, le polar connut quelques changements de codes radicaux en matière de rythme et d'esthétisme et s'orienta vers une violence beaucoup plus crue, que ce soit au États-Unis (Bullit, Dirty Harry, Serpico) ou en Italie où le poliziottesco compta de nombreux héros moustachus comme Franco Nero, Maurizio Merli, Tomas Milian, Luc Merenda, Richard Harrison, Helmut Berger, Fabio Testi et leurs collègues. Le super flic 70's se caractérise par sa violence, son comportement plus ou moins amoral et son refus des règlements laxistes imposés par sa hiérarchie procédurière/droits-de-l'hommiste/corrompue, généralement au service de viles magouilles politiciennes ou du parrain local. En cela, il se rapproche beaucoup du justicier urbain des films d'auto-défense alors en pleine éclosion bronsonienne au States et en plein boum anti-corruption à Cinecitta. L'influence du western est également très présente, l'environnement urbain remplaçant les vastes prairies et déserts comme décor et le détective solitaire rendant la justice à coups de flingues comme le shérif d'antan. Quant aux flics blacks à la Shaft qui commencent à pulluler au début des 70's, ils possèdent les mêmes caractéristiques que le flic de choc blanc mais de manière accentuée (là où le flic WASP est cool le black est ultra-mega-super cool, là où le WASP est macho le black est hyper-giga-extra macho) avec en prime un coté voyou et le thème de l'émancipation raciale (pour davantage de détails, se reporter à la définition de "blaxploitation" : http://www.nanarland.com/glossaire-defi ... ation.html ).

Exemples de super flics "Dirty-Harryesques" au fort potentiel nanarifique :

Image
Cüneyt Arkin sait à quoi tu penses dans "Kelepçe" alias "Turkish Dirty Harry" mais lui, les balles dans tout c'bordel, il ne les a pas très bien comptées non plus.

Image
John Smihula est l'inspecteur James Cameron (!) et affronte les belettes géantes en carton et les mutants homme-étron au corps-à-corps dans "Weasels Rip My Flesh".

Image
LE flic noir nanar : l'incorruptible et sempiternel inspecteur Baïko, personnage incarné par Alphonse Beni dans les trois quarts de sa filmo (ici dans "Cameroun Connection").


C'est dans les années 80 que le super flic acquiert définitivement le statut de dernier rempart de l'humanité avec l'avènement du film d'action reaganien. A tous les clichés précédents s'ajoutent les caractéristiques du "film commando" et la badass-attitude des super flics s'en trouve décuplée. Super cool, plus que jamais tête brulée et rebelle à ses supérieurs, le super flic des années Reagan est désormais un pur "action man", un casse-cou que rien n'arrête quant il s'agit de faire respecter la loi, un investigateur insurpassable, un combattant invincible et un bourreau des cœurs à même de niquer toutes les playmates de la terre (à l'exception des infirmières qui cherchent la taille au dessus). D'ailleurs, il est tellement balèze qu'il ne se contente plus uniquement de rosser les truands, mais va carrément empiéter sur les plates bandes de James Bond et de Rambo en sauvant le monde à lui seul. Aucune mission impossible ne l'effraie, qu'il s'agisse de casser du yakuza au katana pour renvoyer cette pourriture en petits morceaux sur un bateau japonais afin que cette merde serve d'engrais ("Samuraï Cop"), d'éradiquer une organisation terroriste aux intentions floues s'entrainant dans le désert du Nevada ("Opération Las Vegas"), d'aller massacrer une armée de narco-trafiquants dans la jungle colombienne ("The Hard Way, la voie du sang"), de partir délivrer les soldats américains portés disparus au Vietnam quand Chuck Norris est en vacances (comme le Texas Ranger Max Thayer dans "Commando Phantom"), de sauver San Francisco d'un savant fou armé d'un rayon laser ("Light Blast"), de mener la résistance armée contre une invasion de terroristes libyens projetant de saboter une centrale nucléaire en plein cœur d'une ville yankee ("Commando Terreur") ou de casser les bras de dealers jamaïcains vaudou menaçant la blanche Amérique de l'intérieur ("Désigné pour mourir"). Car bien souvent le super flic découvre au cours d'une banale enquête de routine qu'un complot menace la sécurité de la patrie. Et comme dans les années 80, le super flic de cinéma est souvent un ancien du Vietnam, aucune tactique de guérilla ne lui est inconnue.

Quelques figures marquantes de super flics reaganiens et leurs imitateurs nanars :

Image
Cobra incarné par Sylvester Stallone...
Image Image Image
... et ses photocopies hong-kongaise, indonésienne et philippine.

Image
Image Image Image
Quelques duos "arme-fatalesques".

Image Image
Cherchez l'erreur : "Deux flics à Miami" et leurs ersatz.

Outre les multiples resucées et plagiats de grands succès du box-office tels que "Lethal Weapon" ou "Die Hard", les nanars mettant en scène les super flics 80's obéissent à l'inviolable loi du cliché. Les années 80 voient notamment l'application d'un décret cinématographique pour les super flics : l'obligation d'être accompagné d'un sidekick. Le faire-valoir de notre héros est souvent son coéquipier noir, lequel est un trouillard bavard, parfois queutard, et quasi-systématiquement amateur de blagues affligeantes, à la faible espérance de survie et qui n'est là que pour assurer le "quota ethnique" ( http://www.nanarland.com/glossaire-defi ... nique.html ), ainsi que les rôles de personnage comique et de motif de vengeance pour le héros. Mais le partenaire du flic de choc peut également être une jeune recrue au langage coolos (ce qui en fait vite une tête-à-claques). Dans ce cas de figure, il s'agit souvent du fils de l'ancien coéquipier du héros (un flashback nous informe alors que celui-ci s'est fait descendre par le méchant sous les yeux du super flic) désireux de se montrer à la hauteur de son défunt père, que le héros accueille d'abord sèchement par un "tu ferais mieux de te trouver un travail pénard et de fonder une famille, p'tit, c'est ce que ton père aurait voulu !" avant d'accepter que la jeune génération prenne la relève. Le super flic peut également se voir attribuer une coéquipière qu'il bombardera de remarques machistes dans un premier temps avant de tomber amoureux d'elle. Mais il existe bien d'autres sidekicks pour les super flics solitaires : le témoin d'un crime qu'il faudra protéger, le petit malfrat latino qui aidera le héros grâce à sa connaissance des cartels de drogue mexicains, le hacker vivant reclus dans son sous-sol qui décodera les fichiers contenant la liste des agents de la mafia en pianotant dix secondes sur son clavier d'ordinateur et révèlera au héros que le nom de son supérieur hiérarchique figure en tête de liste, etc, avec toujours pour but de mettre en valeur le héros. Mettant les pieds où il veut et c'est surtout dans des scénarii douteux, Chuck Norris renouvellera pour sa part le genre du buddy-movie en étant accompagné d'un clébard.

Image
Un coéquipier ça sert aussi à se faire kidnapper par les méchants (comme ici le jeune déficient mental de "Fast Gun").

Image
Mais attention : on trouve aussi des tandems de flics tout aussi badasses l'un que l'autre, comme les deux héros de "Dans les griffes du Dragon d'or", dont le charisme inversement proportionnel à leur tour de taille ne les empêche pas de se faire engueuler par le commissaire Robert Z'Dar lorsqu'"ils déclenchent la Troisième Guerre mondiale chaque fois qu'ils sont ensemble" (sic).

Image Image
"Last Action Hero", petit chef-d’œuvre de second degré dans lequel Schwarzy prouve plus que jamais son sens de l'auto-dérision, offre une brillante parodie, à peu près exhaustive, des polars d'action de style reaganien, notamment la scène du commissariat qui pastiche avec délectation tous les aspects nanars de ce type de films, avec son boss irascible qui hurle à en briser les vitres mais qui en fait aime ses hommes.


En France, le flic 80's s'avère tout aussi catastrophiquement nanar, mais d'une manière différente du super flic à l'Américaine. Déjà, les bons polars français de cette décennie peuvent se compter sur les doigts de la main d'un lépreux, le néo-polar branchouille et clipesque le disputant au polar ultra-burné à la "Ne réveillez pas les couilles d'un flic qui dort" en terme de lourdeur, de ringardise et de mauvais goût. Ensuite, dans la France Mitterrandiste, contrairement à l'Amérique reaganienne, on pense plutôt "à gauche", ou du moins on le prétend, donc un héros flic se veut ici moins réactionnaire qu'aux States et le film se doit en général de comporter un message intello-gauchisant. Enfin, en France, on se prend très trrrèèèès au sérieux, donc le héros flic n'est pas un rigolo, il est même souvent au bord du rouleau, mal aimé de ses collègues (qui eux sont des "fascistes" en puissance), hanté par la perte d'un être cher, en révolte contre ce système pourri, amateur de "hambourguères" et il se pose souvent des questions existentielles socio-politico-philosophiques sous le morne ciel grisâtre qui surplombe l'hexagone. Bref, on n'est pas là pour se marrer... enfin, en principe du moins (mais vous savez, c'est pas le résultat, mais l'intention qui compte).

Image
Mais faut pas croire, c'est pas parce qu'en France on se livre régulièrement à des réflexions très profondes et très sérieuses qu'on n'a pas pour autant de l'action trépidante et des cascades à couper le squeele, comme nous le prouve le digne héritier de Belmondo Francis Huster dans "Le Faucon" ("cours, Francis, cours !"). (GIF de kevo42)


Dans les années 90, la mode du kickboxing donna lieux à pleins de direct-to-video mélangeant combats d'arts martiaux et intrigues de polar. Il n'est désormais plus un secret pour personne qu'à Hong-Kong dans les années 80, les officiers de police était tous des ninjas et enfilaient leur cagoule aux couleurs criardes une fois leurs heures de service terminées. Dans la décennie suivante, les flics de choc du monde entier étaient quant à eux des artistes martiaux formés par les plus grands maitres du temple Shaolin et réglaient leurs enquêtes les plus délicates à coups de high kick dans la tronche de génies du crime à mulette également experts ès tatane. Jean-Claude Van Damme, Don "The Dragon" Wilson et Billy Blanks ouvrirent la voie à une ribambelle de flics bourrins qui finissaient souvent leurs enquêtes le torse nu ruisselant de sueur et du sang des karatékas hors-la-loi, après avoir bien beuglé pour stimuler leur testostérone. Mais l'arrivée sur le ring de Cynthia Rothrock installa une touche de féminité bienvenue dans le monde très macho des super flics et notre tataneuse préférée montra à maintes reprises qu'une policière n'était pas obligatoirement une potiche ou une chaudasse de second plan, mais pouvait se révéler une investigatrice tout aussi redoutable que les mâles dont elle connaissait le point faible et dont elle n'hésitait pas à fracasser les burnes à coups de talons aiguille dès lors que l'autre sexe enfreignait la loi et/ou se permettait la moindre remarque graveleuse à son encontre.

Image
John Miller, ses pectoraux en béton, ses biceps d'acier, ses couilles de granit et son sidekick en gélatine (Gérald Klein) dans "Undefeatable".

Image Image
La fliquette kung-futeuse Karen Sheperd en plein broyage de testicules dans "Blood Chase".


Aujourd'hui, à une époque où les profilers et la police scientifique à l'Américaine versent rarement dans le nanar et envahissent un peu trop les écrans de télé et de cinéma au détriment du flic "de terrain" plus "brute de décoffrage", tandis que dans notre belle France, le polar de cinéma est rarement plus folichon que les téléfilms interchangeables usinés à la chaine pour France3 ou TF1, il faut partir en orient pour voir du vrai bon gros super flic digne de ce nom. En Inde notamment, le super flic, intègre jusqu'au bout des ongles, dur-à-cuir jusqu'au bout des burnes, affronte la corruption généralisée, l'urbanisation galopante et le non-respect des traditions ancestrales avec une outrance qui nous rassure sur l'avenir du flic bourrin de cinéma quand on sait que toute cette démesure dans la "badasserie" fait partie des codes de la norme du tout-venant de l'industrie bollywoodienne. Je sais pas vous mais moi je me sens beaucoup plus rassuré par un flic de choc bodybuildé à lunettes noires, moustaches et moquette poitrinaire fumant le cigare en éclatant la tronche des malfrats que par un "cérébral" passant son temps à boire son café dans un gobelet en plastique et à faire des déductions mollassonnes autour d'une scène de crime...

Image
Le passage du flic de choc au flic de bureau, fin d'une époque judicieusement illustrée dans "Very Bad Cops".

Image
Soyons honnête, il existe encore heureusement dans le grand Hollywood quelques flics badasses capables d'assurer un minimum de bourrinage nanardisant.

Image
Un héros représentatif du cinéma d'action indien : l'invincible et incorruptible inspecteur Singham.


Le mauvais flic :

Abordons à présent les représentations négatives de la police dans le nanar. On distingue deux catégories : le flic ripoux et le flic incompétent.

Parfois dans un polar ou un film d'action, un bon flic intègre se trouve opposé à des collègues corrompus qui le feront accuser des crimes qu'ils ont eux-même commis après que notre héros ait refuser de prendre part à leur trafic. Notre super flic tentera alors de laver son honneur et partira en croisade contre les dérives des services de police en faisant le ménage parmi les fonctionnaires les plus douteux. Ou encore un simple citoyen dont la famille a été massacrée par la racaille et qui demande justice auprès des forces de l'ordre va découvrir que celles-ci touchent des pots de vin de la pègre et travaillent main dans la main avec les caïds du coin : il devra alors affronter seul, en plus des truands, les flics ripoux. Ou alors, notre justicier se heurtera juste à l'incompétence/l'inaction/le laxisme des représentants de la loi et devra alors faire justice lui-même (ce qui pousse bien souvent la police, jusque là passive lorsqu'il s'agit de bandes de loubards rackettant, terrorisant, pillant, violant et tuant les honnêtes citoyens, à mettre soudain toute son énergie à traquer et arrêter notre héros). Ce sont là les postulats classiques du film sécuritaire.

Image
Michel Serrault et ses flics néo-nazis dans "Ne réveillez pas un flic qui dort".

Image
Doug McClure, flic imbattable dans la catégorie "incapable" dans "Omega Syndrome".


Le policier inefficace, paresseux et je-m'en-foutiste est également un personnage récurrent du slasher. Les victimes ont beau s'amonceler de manière préoccupante et inexpliquée dans le comté et les rumeurs selon lesquelles une famille de cannibales/un maniaque masqué évadé d'un hôpital psy/un monstre mutant né de manipulations génétiques top-secrètes de l'armée sévirait dans la région ont beau commencer à courir suite au témoignage d'un survivant ayant échappé à une tuerie (mais que personne ne prend au sérieux), la police ne lèvera pas le petit doigt avant le dernier quart d'heure du film.

Image
Dans la famille des "flics qui n'en branle pas une", je voudrais les investigateurs hyper-motivés de "Carnage".

Image Image
Mention spéciale à ce shérif qui fait du golf d'intérieur et à son adjoint qui s'excite à jouer sur un flipper alors qu'ils sont sensés mener l'enquête sur les dizaines de campeurs démembrés à un rythme d'abattoir par "Le tueur de la foret".


Enfin, signalons qu'avec la vogue des productions Luc Besson et leur poujadisme putassier, (trop) nombreux sont les films à l'esthétique de clip MTV mettant en scène de gentils jeunes banlieusards opposés aux "keufs wesh wesh nique la police", mais que dans les nazeries démagogiques du genre "Banlieue 13", c'est en fait l’État "grave pourri" le vrai responsable de toutes les misères faites aux banlieusards et qu'en réalité ceux-ci et les policiers ne rêvent que de vivre en harmonie. Donc ici le mauvais flic s'avère être un bon flic afin de ne froisser personne (sauf l’État, mais c'est devenu une pratique si courante et facile de taper sur l’État...).


Le policier nanar, qu'il soit bon ou mauvais, possède donc des codes en perpétuelle évolution au fil des modes et des genres cinématographiques.

_________________
On ne peut tuer celui qui ne veut pas mourir...

Aux frontières du sexe et de la démence Image


Dernière édition par JACK TILLMAN le 21 Déc 2016 20:28, édité 3 fois au total.

Haut
 Profil  
 
 Sujet du message: Re: GLOSSAIRE NANAR
MessagePublié: 16 Nov 2013 11:43 
Hors-ligne
Nanar un jour, nanar toujours
Avatar de l’utilisateur

Inscrit le: 07 Avr 2007 0:13
Messages: 3333
:worship: :worship: :worship:

C'est beau tout ce savoir.

Dans les trucs que tu peux rajouter mais je ne sais comment : dans very bad cops (the other guys), il y a un duo de super flics bourrins bad ass reaganiens joués par The Rock et Samuel Jackson à qui il arrive une grosse boulette, et du coup c'est le duo de flic de bureau Will Ferrell / Mark Wahlberg qui prennent le relais, comme un symbole de la fin d'une époque.

Et je pense que tu pourrais aussi essayer d'intégrer d'une certaine façon la scène du commissariat de Last Action Hero qui thématise les relations de commissariat nanardes, dont le chef qui hurle à en casser la vitre mais qui en fait aime ses hommes.



En tout cas, je suis fier d'avoir un gif repris dans une notice de Jack Tillman.

_________________
"But you say : Oh, when love is gone, where does it go ? And where do we go ?" (Arcade Fire - Afterlife)

Je n'aime pas Scorsese (c'est la raison pour laquelle je n'ai jamais vu aucun de ses films). (Elessar - sujet Le loup de wall street)


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message: Re: GLOSSAIRE NANAR
MessagePublié: 16 Nov 2013 12:26 
Hors-ligne
Maîtres es Nanar
Avatar de l’utilisateur

Inscrit le: 24 Déc 2011 20:36
Messages: 1141
Localisation: Quelque part entre les bornes et les limites
Merci kevo. :D :oops:
J'avais quelques doutes sur cette définition, mais tu me rassures par ton très gentil message. Je vais essayer d'intégrer tes suggestions, merci encore. :wink:

_________________
On ne peut tuer celui qui ne veut pas mourir...

Aux frontières du sexe et de la démence Image


Dernière édition par JACK TILLMAN le 16 Nov 2013 14:16, édité 1 fois au total.

Haut
 Profil  
 
 Sujet du message: Re: GLOSSAIRE NANAR
MessagePublié: 16 Nov 2013 13:45 
Hors-ligne
Grand Nanardeur
Avatar de l’utilisateur

Inscrit le: 24 Août 2011 12:14
Messages: 834
Localisation: Un cachot humide
Fallait vraiment pas avoir de doute. Un tel travail de psychopate ne pouvait qu'être récompensé
:worship: :worship: :worship: :worship: :worship: :worship:

_________________
ImageImage


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message: Re: GLOSSAIRE NANAR
MessagePublié: 16 Nov 2013 16:46 
Hors-ligne
Maîtres es Nanar
Avatar de l’utilisateur

Inscrit le: 24 Déc 2011 20:36
Messages: 1141
Localisation: Quelque part entre les bornes et les limites
Merci du compliment Plissken :D .



Tiens au fait à propos de ta définition de "dinosaures", je pense que ce terme a tout à fait sa place dans le glossaire (je l'avais d'ailleurs cherché une fois), ton texte résume très bien à mon sens l'attrait que ces animaux peuvent avoir sur le public et qui n'a pas échappé aux producteurs nanars. Peut-être pourrais-tu ajouter quelques mots sur les techniques d'effets-spéciaux employées pour recréer ces créatures à l'écran et comment elles peuvent virer au nanar. Voici quelques suggestions perso :wink: :

_ les dinos en pâte à modeler animé image par image en stop-motion, technique (que j'ai moi-même pratiqué soit dit en passant) qui peut soit s'avérer très réussie avec des auteurs talentueux comme Willis O'Brien, Ray Harryhausen ou encore à l'occasion de "La planète des dinosaures", nanar de série Z possédant tout de même des dinos extrêmement soignés à l'animation fluide (là je ne comprends vraiment pas les reproches qui leur sont fait car ces FX, très crédibles pour l'époque, sont bien la seule vraie qualité du film); soit l'animation et le design se révèle un peu plus farfelus, voire limite (les FX de Brett Piper, qui possèdent cependant un charme et une sincérité assez touchants); soit on sombre dans le ridicule totalement bâclé, avec des dinos informes aux mouvements saccadés au point qu'on n'ose même plus appeler ça des mouvements (comme les créations d'Antonio Cervero pour "Dinosaur from the deep"). Demande une patience d'ange et une certaine passion dans ce que l'on fait, mais ne nécessite pour ainsi dire aucun budget conséquent.

Image
Non ce n'est pas E.T, mais le tyrannosaure animé de la série télévisée "Land of the lost" (1974).

_ l'animatronique et les créatures robotisées, en utilisant par exemple des moteurs hydrauliques ou des systèmes de rails. Technique qui peut donner des résultats très concluants comme dans les films de Kevin Connor (souvenirs d'enfance encore émerveillés du ptérodactyle plus vrai que nature du "Continent Oublié") ou bien par manque de budget, avoir des rendus un peu plus statiques et moins crédibles ("Yor le chasseur du futur"). Nécessite tout de même de s'y connaitre un minimum en bricolage.

Image
Le raptor de "Futur war" (1997), qui a un peu la grosse tête.

_ le lézard agrandi par travelling mattes et autres effets d'optique, technique très simple : on prend un varan et un iguane, on les maquille en leur collant des fausses cornes et des crêtes dorsales, on les affame pendant des jours, on les place dans un décor miniature en carton-pâte et, afin qu'ils ne s'endorment pas à cause de la chaleur des projecteurs, on les soumet à des électrochocs pour pousser nos deux reptiles à s'entretuer devant la caméra ! Seul inconvénient : on risque d'avoir des problèmes avec la SPA. C'est pourquoi, à partir de 1940, toutes les bisseries ayant recours à cette technique, utilisent en fait des stock-shots du film "One million B.C" alias "Tumak fils de la jungle" (1940), recordmovie U.S du nombre d'animaux massacrés, dont toutes les scènes de FX ont été utilisées et réutilisées sur des dizaines d'autres films durant les quatre décennies suivantes (ex : "Robot monster").

Image
Gaussons-nous avec le MST3K devant un énième recyclage de cette séquence de "One million B.C".

_ le comédien dans un costume caoutchouteux, technique japonaise (Godzilla) mais pas uniquement (il y en avait déjà dans "One million B.C, encore lui). Peu couteux, nécessite tout de même les services d'un acteur costaud car ce type de costume est très lourd. Le corps humain n'ayant pas la même morphologie que celui des dinosaures, le déguisement ne sera pas très réaliste et peut facilement virer au nanar pour peu que le design soit particulièrement mal conçu.

Image
Les cératosaures montés sur échasses (oui oui) de "L'ile inconnue" (1948), un des rares films de ce genre tourné en décors naturels, ce qui fait que lorsque les dinos apparaissent devant un (vrai) arbre, celui-ci parait gigantesque... ou plutôt ce sont les dinosaures qui paraissent petits.

_ la marionnette à main (ou chaussette), technique des plus rudimentaire : prenez un gant de cuisine, customisez-le avec des faux yeux et des fausses dents en papier, glissez votre main à l'intérieur, allumez votre caméra et faites "Grrraaoouu !", l'illusion sera parfaite.

Image
Coucou les pitits gnenfants ! C'est moi, la chaussette dentée de "Terror of prehistoric bloody creatures from space" aka "Jurassic Trash" (1998).

_ pour les plus pressés, il y a encore plus rudimentaire : le jouet pour enfant en plastique secoué devant la caméra. Ne reste plus qu'à rajouter des rugissements piqués à un documentaire sur les lions et le public n'y verra que du feu.

Image
Le T-rex d'un réalisme saisissant de "One million AC/DC" (1969).

_ le CGI, incontestablement l'effet spécial le plus laid. Aucun charme, très répandu à l'époque actuelle depuis que n'importe qui peut faire ses FX en image de synthèse avec son ordi, il suffit que la bestiole soit bâclée, ne serait-ce qu'un chouia, pour nous entrainer aux confins de l'horreur et nous aveugler par une bouillie de pixels absolument immonde (souvenirs pénibles des vélociraptors de "Raptor Island" qui ressemblent plus à des bâtons qu'à autre chose). N'est pas magicien d'ILM qui veut.

Image
Cette chose est sensée être un redoutable ptéranodon du film "Pterodactyles" (2005).

_________________
On ne peut tuer celui qui ne veut pas mourir...

Aux frontières du sexe et de la démence Image


Dernière édition par JACK TILLMAN le 14 Oct 2014 16:21, édité 1 fois au total.

Haut
 Profil  
 
 Sujet du message: Re: GLOSSAIRE NANAR
MessagePublié: 21 Nov 2013 21:34 
Hors-ligne
Grand Nanardeur
Avatar de l’utilisateur

Inscrit le: 24 Août 2011 12:14
Messages: 834
Localisation: Un cachot humide
J'ai édité mon post sur les Dinosaures pour y ajouter ces techniques qui ont bien étoffé la définition. Surtout que l'icono apportait vraiment un gros plus et ça manquait vraiment à la précédente qui se concentrait plus sur les Dinos au cinéma plutôt que sur les Dinos dans les nanars.

J'ai bricolé 2-3 phrases pour que ça colle plus au texte original mais sinon j'ai tout pris.

_________________
ImageImage


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message: Re: GLOSSAIRE NANAR
MessagePublié: 22 Nov 2013 17:47 
Hors-ligne
Maîtres es Nanar
Avatar de l’utilisateur

Inscrit le: 24 Déc 2011 20:36
Messages: 1141
Localisation: Quelque part entre les bornes et les limites
Je suis très flatté de voir mes suggestions reprises dans ta définition Plissken. :D :)

Je recommande à quiconque s'intéresse aux dinos au cinéma la lecture de l'excellent fanzine MonsterBis consacré à la question :
Image

Ainsi que le numéro 2 de Fantastyka, comprenant (entre autres) un dossier passionnant sur les techniques d'effets spéciaux utilisées pour créer les dinos à l'écran :
Image

des dossiers que j'ai dévoré quand j'étais gamin (je leur doit tout) et sans qui je n'aurais peut-être jamais découvert Nanarland...

Commandables sur le site "monster bis" de Norbert Moutier, qui contient quantité d'autres ouvrages de référence sur le cinéma de genre : http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=& ... uWbaa1Imlw
(bon en fait j'ai jamais réussi à commander sur ce site, je sais pas comment ça marche)

_________________
On ne peut tuer celui qui ne veut pas mourir...

Aux frontières du sexe et de la démence Image


Dernière édition par JACK TILLMAN le 13 Juil 2015 15:00, édité 1 fois au total.

Haut
 Profil  
 
 Sujet du message: Re: GLOSSAIRE NANAR
MessagePublié: 04 Fév 2014 16:28 
Hors-ligne
Nanarland lui doit beaucoup
Avatar de l’utilisateur

Inscrit le: 01 Oct 2003 15:13
Messages: 5123
Localisation: Grenobyl
Je ne sais pas si Rico l'a déjà signalé mais la définition "Flic" a été mise en ligne sur le site :

http://www.nanarland.com/glossaire-defi ... -flic.html

Les définitions mulette, bad-ass, et dinosaure mériteront elles aussi d'intégrer le glossaire du site !

_________________
"Dans le monde de "Last Action Hero", j'suis à peu près persuadé que c'est Ralf Moeller qui joue dans "Un flic à la maternelle". (Plissken)


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message: Re: GLOSSAIRE NANAR
MessagePublié: 04 Fév 2014 17:27 
Hors-ligne
Maîtres es Nanar
Avatar de l’utilisateur

Inscrit le: 24 Déc 2011 20:36
Messages: 1141
Localisation: Quelque part entre les bornes et les limites
C'est trop d'honneur. :oops:



Image
:worship: :worship: :worship: :worship: :worship: :worship:

Celui-là, je le connaissais pas. Du coup, je viens de le commander sur priceminister, j'ai hâte de voir ce que donnent "nos deux flics sympas"... (seront-ils aussi sympas que "Grease 2" ?)

_________________
On ne peut tuer celui qui ne veut pas mourir...

Aux frontières du sexe et de la démence Image


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message: Re: GLOSSAIRE NANAR
MessagePublié: 06 Fév 2014 7:51 
Hors-ligne
Le Magic Tchernia du nanar
Avatar de l’utilisateur

Inscrit le: 29 Sep 2003 23:11
Messages: 3063
Localisation: Grenoble compatible
J'ai mis la notule en ligne parce que les mêmes causes produisant les mêmes effets, dans ta définition tu reprenais une idée (celle de l’évolution du flic et notamment le passage du tatanneur burné des 80's à l'expert insipide de années 2000) que je développe dans ma prochaine chronique Cyborg Cop que j'avais préparé l'automne dernier mais que je voulais mettre au moment de la sortie du remake de Robocop. Comme j'ai la flemme de la réécrire autant faire coïncider les deux.

Au passage Shark Paradise est dans mon souvenir un téléfilm australien plutôt sympa sans être exceptionnel très dans l'ambiance 80.
En fan de Miami Vice et de Riccardo Tubbs j'avais eu la même réaction en voyant la jaquette, mais c'est surtout l'habillage qui repompe la série.

Sinon Plissken, très sympa la définition de dinosaure. Au prochain film avec des grosses bébétes on la rajoute au glossaire !

_________________
Monsieur le Chien: un blog BD indispensable :
http://www.monsieur-le-chien.fr/

"Mon pied trouvera ton cul même dans l’au-delà."


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message: Re: GLOSSAIRE NANAR
MessagePublié: 07 Fév 2014 21:29 
Hors-ligne
Nanardeur en progrès
Avatar de l’utilisateur

Inscrit le: 23 Oct 2011 20:03
Messages: 339
Localisation: Devant ton nez
J'ai un nouveau terme à proposer

Nanarploitation

Catégorie de films revendiquant leur nullité au point d'en faire un argument marketing.

Dérivé du nanar volontaire, il se différencie de ce dernier par des intentions nettement plus mercantiles que celui-ci, là où le nanar volontaire cherchait avant tout à briser les codes du cinéma mainstream ou à rendre hommage au cinéma bis, voire au nanar traditionnel. Certes, la plupart des nanars, de par leur appartenance au cinéma bis misaient eux aussi avant tout sur le gain facile, mais se différencient des films de nanarploitation par le fait qu'ils n'avaient pas suffisamment conscience de leur nullité pour en faire un argument de vente.

La nanarploitation est utilisée tant par des sociétés de production spécialisés dans le Z, dont la plus connue est The Asylum, particulièrement lors de sa période "post-sharknado" que par des réalisateurs nanars qui, ayant compris les raisons du succès de leur premier film, décident d'en profiter à fond en réutilisant -délibérément cette fois- les éléments qui avaient nanardisé ce dernier, la motivation étant sensiblement la même: une gloire et de l'argent facile sans faire trop d'efforts. Il s'agit grossièrement de demander aux acteurs de mal jouer, au scénariste d'écrire un scénario clichetonneux/grotesque/décousu et à tout le reste de l'équipe du film de bacler son travail, d'ajouter des touches d'humour navrant afin de rendre le produit fini le plus anti-cinégénique possible.

Comme dans beaucoup de films B et Z, ces productions engagent quasi-systématiquement des has-beens. Il y a cependant quelques différences par rapport aux films bis traditionnels: le but n'est plus de mettre des têtes vaguement connues afin de rendre le film plus vendeur mais de faire du caractère has-been de ces derniers un "plus-produit", de même que ces derniers ne sont plus uniquement motivés par des problèmes d'argent mais également par l'envie de retrouver un peu de leur notoriété passée, ces films faisant très souvent un buzz aussi gigantesque qu'éphémère, comme nous allons le voir plus bas.

Ce genre de films amène 2 problématiques:

-Ils sont souvent considérés à tort comme d'authentiques nanars par le grand public au point que ce dernier croie parfois qu'un nanar est forcément raté exprès, or un nanar étant stricto sensu un film qui fait rire sans le vouloir (ou qui y parvient, mais pas comme il l'espérait), les films de nanarploitation ne peuvent être considérés comme tels, le caractère comique étant prémédité.

-La sympathie généralement éprouvée pour un nanar vient principalement du fait que son réalisateur a essayé de faire un "vrai film", l'humour venant du décalage entre les codes cinématographiques communément admis et la capacité du réalisateur à les manier. Dans la nanarploitation, c'est complètement différent, les films cherchant juste une popularité disproportionnée par rapport à l'effort -et à l'argent- investi, partant du postulat selon lequel on peut tout se permettre -et que surtout, ça fera marrer les gens- à partir du moment où on affirme que c'est assumé. De toutes façons, les amateurs de ce genre de films partagent cet avis, et la médiocrité, ça fait toujours un énorme buzz, donc pourquoi s'en priver ?

On se trouve donc davantage dans le cynisme mercantile et la recherche de gloire facile qu'à la naïveté d'un réalisateur ne parvenant pas à obtenir le résultat qu'il avait voulu et a au moins le mérite d'avoir essayé.

Image
Cas d'école d'un film faisant sa propre contre-publicité, avec en grand une critique n'essayant même pas de faire croire que le réalisateur est bon.

Image
Au moins, l'accroche est honnête: "Tout est dit".

Image
Reconnaissons quand même que l'accroche ne cherche pas à nous mentir sur la qualité du produit

UPDATE 2: Réécriture de la définition.

_________________
à bas la nanarploitation !


Dernière édition par Stem le 15 Déc 2015 19:19, édité 5 fois au total.

Haut
 Profil  
 
 Sujet du message: Re: GLOSSAIRE NANAR
MessagePublié: 08 Fév 2014 9:55 
Hors-ligne
Le Magic Tchernia du nanar
Avatar de l’utilisateur

Inscrit le: 29 Sep 2003 23:11
Messages: 3063
Localisation: Grenoble compatible
Stem a écrit:
J'ai un nouveau terme à proposer

Nanarploitation

Catégorie de films exploitant le succès de mésestime de son réalisateur, voire de sa société de production.

Le statut de culte de certains nanars peut atteindre un niveau tel qu'il inspire des tâcherons qui y voient un moyen de se faire une gloire (et de l'argent) faciles sans trop se fouler. Il y a plusieurs cas de figures:

-Le réalisateur qui, ayant pris conscience de la réputation nanarde d'un de ses films, décide d'en faire une suite en reprenant (volontairement cette fois) les éléments qui avaient nanardisé le premier. (cas de Birdemic et de Turkish star wars)

-Le réalisateur d'un jour qui pour exploiter une image de marque peu reluisante décide de réaliser un film volontairement baclé (cas de La vengeance de Morsay)

-La société de production qui produit à la chaîne des films dont la réussite (point de vue premier degré s'entend) est déjà handicapée à la base par un concept de départ foireux. (cas de The Asylum)

Quel que soit le cas de figure, ils ont à peu près tous le même problème, c'est qu'ils s'éloignent très souvent du nanar au sens strict. En effet, il ne suffit pas de rater volontairement un film pour en faire un bon nanar volontaire, qui nécessite une bonne maîtrise de l'humour décalé. C'est pourquoi ces films, relevant davantage d'une pitoyable course au buzz que du films plein de bonne volonté faisant rire malgré lui, échouent à susciter la sympathie et ne sont que des baclâges sans âme ne suscitant que l'ennui et l'agacement, en plus de la gêne provoquée par le côté "raté exprès".


On pourrait rajouter les films bâti uniquement sur un nom qui claque genre "des serpents dans l'avion" "Sharknado" ou "Zombeavers". Le phénomène n'est pas nouveau, dans les années 80 les producteurs allaient sur les marchés du films de Cannes ou Los Angeles avec des visuels et des titres tapageurs, voyaient ce qui appâtait les distributeurs éventuels et s'ils voyaient que le projet interessait du monde entamait le tournage à la va vite. Simplement de nos jours c'est surtout ta dernière catégorie qui se multiplie. Des films tourné avec un cynisme post moderne sur un concept volontairement idiot dont on sait qu'il fera le buzz non pas parce que c'est la copie bâclé d'un succès (les mockbusters) ou parce qu'il est involontairement raté faute de moyens et/ou de talent (Morsay's style) mais parce qu'on va en parler sur Youtube et Nanarland à grand coup de OMFG ils ont osé faire ça.

_________________
Monsieur le Chien: un blog BD indispensable :
http://www.monsieur-le-chien.fr/

"Mon pied trouvera ton cul même dans l’au-delà."


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message: Re: GLOSSAIRE NANAR
MessagePublié: 10 Fév 2014 20:46 
Hors-ligne
Nanardeur en progrès
Avatar de l’utilisateur

Inscrit le: 23 Oct 2011 20:03
Messages: 339
Localisation: Devant ton nez
Effectivement, les réalisateurs de cette catégorie ont très vite compris que le ratage et le wtf étaient une bonne source de buzz. En revanche, je doute que La vengeance soit involontairement raté vu le contexte de sa réalisation (mais bon, je m'éloigne du sujet).

_________________
à bas la nanarploitation !


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message: Re: GLOSSAIRE NANAR
MessagePublié: 27 Avr 2014 14:59 
Hors-ligne
Maîtres es Nanar
Avatar de l’utilisateur

Inscrit le: 24 Déc 2011 20:36
Messages: 1141
Localisation: Quelque part entre les bornes et les limites
Bonjour. Afin de ne pas faire de redite dans ma définition de la "ramboploitation" et parce que ce n'est pas exactement la même chose, j'ai fait une mini-définition de la "namploitation". En espérant qu'elle ait sa place sur le site :wink: .

Namploitation :

Image

Pour "guerre du Vietnam-exploitation".

Sous-genre du film de guerre regroupant les œuvres se déroulant au Vietnam durant le conflit qui opposa les armées américaine et sud-vietnamienne aux armées nord-vietnamienne et Viêt-cong de 1965 à 1973. Le terme namploitation désigne plus spécifiquement les films "d'exploitation" où ce conflit n'était qu'un prétexte à de l'action généralement basse du front, à une glorification plus ou moins exacerbée des USA (prononcez "youhessè", fierté et émotion dans la voix, la main sur le cœur et le regard vers le lointain) et au plagiat des succès hollywoodiens comme "Apocalypse Now", "Rambo", "Retour vers l'enfer", "Portés disparus", "Full Metal Jacket" et "Platoon", bien que la mode soit née dès les années 60 (voir "Les Machines du Diable" ) mais de façon infiniment plus sporadique que pendant la décennie 1980 où le genre était très populaire (se rattachant ainsi au courant cinématographique du film d'action reaganien).

Image
Image
Image


Il est à noter que de nombreux films dits de namploitation se déroulent des années après la fin de la guerre et jouent la carte du "retour au Vietnam" ("Double Target" , "Ultime Mission") ou prennent pour cadre la guerre civile cambodgienne (1967-1975) opposant les Khmers Rouges au royaume du Cambodge ("Slash le Découpeur"). Les scenarii de ce type de films se signalaient par leur caractère interchangeable, leur accumulation de clichés et leur manichéisme primaire. Le pitch le plus fréquent était celui du commando libérateur d'otage(s), où une escouade de baroudeurs (ou un baroudeur plus couillu que la moyenne agissant en solo) faisaient exploser les huttes pour délivrer leurs frères d'armes portés disparus des cages en bambous où ils étaient retenus prisonniers par de perfides viêts ("Jungle Rats", "NAM : Not Another Mistake" avec Richard Norton).

Image
Image
Image
Image
Mike Monty en prisonnier de guerre, un commandant viêt sadique poussant des "Mouhahaha !" à n'en plus finir et Romano Kristoff beuglant en secouant sa mitrailleuse et en descendant les figurants par rangées de quinze pour trois balles tirées... Le compte y est, on a tous les éléments d'un namploitation comme on les aime dans "Jungle Rats" de Teddy Page (1988).


Mais d'autres postulats permettaient de varier (relativement) ce qui se résumait quand même essentiellement à des explosions de paillotes et des rangées de figurants descendus par vingtaines en une seule rafale des héros. Un commando pouvait ainsi se voir confier des missions variées, comme faire sauter un pont stratégique ("Last Platoon"), détruire un dépôt d'armes et de munitions ("Strike Commando", "L'enfer des héros" ), kidnapper ou liquider un général communiste ("Final Reprisal" avec Gary Daniels), récupérer des documents secrets ("Opération Cambodge", "Hanoï Commando"), retrouver un avion/hélicoptère en mission secrète s'étant crashé derrière les lignes ennemies ("Opérations Spéciales", "War Without End"), saboter une station radar ("Crossbone Territory" avec Mike Cohen, "Blood Commando" de Tonino Valerii), tout ça à la fois ("Mort à crédit" de Cirio H. Santiago). Parfois, le film nous contait aussi l'histoire d'un GI demeuré dans la jungle bien après la défaite américaine et continuant à lui tout seul la guerre contre les communistes ("U.S. Warrior", "Commander, le dernier soldat américain"), jusqu'à devenir un simili-Tarzan en pagne ayant trouvé le bonheur auprès d'une Jane locale ("Phantom Soldier", le thaïlandais "Devil's War").

Image


L'inclusion d'un traitre au sein du commando pouvait pimenter l'action en attendant l'assaut final, permettait de caser une scène dans laquelle le félon violait une innocente villageoise (plan nichon !) et offrait un suspense lorsque le traitre éliminait un à un les membres de la section pour les empêcher de témoigner contre lui devant la cour martiale. Le gimmick des pièges de jungle sur lesquels viennent s'empaler les troufions de moindre importance (le noir, le Mexicain, le rookie binoclard, dans l'ordre que vous voulez, ces persos sont appelés à mourir de toute façon) était également un bon moyen de réduire le casting aux protagonistes principaux tout en offrant quelques sensations fortes et FX gores aux spectateurs. Le commando pouvait être composé de taulards à qui on promettait la liberté en échange d'une dernière mission suicide, "Les Douze Salopards-style" ("Soldier Boyz" avec Michael Dudikoff) ou bien de jeunes recrues faisant leur baptême du feu sous le commandement d'un officier noir sévère-mais-juste. Pour bien illustrer les horreurs de la guerre, n'hésitez pas à inclure la séquence poignante du soldat qui meurt dans les bras de son supérieur en s'exclamant "Mon colonel... eurgh!... je... suis... fier... de mourir pour ma patrie ! Sumpre Fidelis ! Argh ! Continuez sans moi... Johnny, dis à ma femme que j'l'aime..." ou encore le coup du soldat blessé qui se fait exploser à la grenade pour emporter un maximum de Viet-Congs avec lui afin de couvrir la retraite de ses camarades.

Image
Image
Image
Image
Image
Image


Les pays les plus actifs dans le genre furent, bien sûr, les États-Unis, mais également l'Italie et les Philippines, pays qui accueillit non seulement les tournages de productions étrangères mais abreuva intensivement le marché de la vidéo avec ses propres productions (voir les filmos de Cirio H. Santiago, Jun Gallardo et Teddy Page pour se convaincre de la bonne volonté que mirent les philippins à faire regagner la guerre du Vietnam par les Américains, l'oncle Sam peut être fier d'eux). On peut encore signaler les contributions, plus modestes, de la Thaïlande ("In gold we trust" avec Jan Michael Vincent et Sam J. Jones), de Hong-Kong ("Super Platoon" , "Commando Destructor", "Death Mission" aka "Raiding Invaders") et même du Royaume-Uni ("Aller simple pour l'enfer" que Lindsay Shonteff tourna dans la campagne anglaise !).

Image
Image
Image
Image
Image


La namploitation compte aussi bien de grosses productions de la Cannon avec Chuck Norris et Mickael Dudikoff, que des séries Z s'appliquant à reconstituer la jungle Vietnamienne dans un sous-bois californien (David A. Prior consacra une bonne partie de sa carrière à cela, acte d'autant plus patriotique quand on n'a pas les moyens de ses ambitions) ou dans un jardin public hong-kongais (Filmark légua sans aucun doute à la namploitation ses représentant les plus effarants d'amateurisme). La namploitation est unanimement saluée comme le genre le plus prolifique du nanar de guerre.

Image
Image
Image
Image
Image

_________________
On ne peut tuer celui qui ne veut pas mourir...

Aux frontières du sexe et de la démence Image


Dernière édition par JACK TILLMAN le 25 Mars 2017 13:20, édité 33 fois au total.

Haut
 Profil  
 
 Sujet du message: Re: GLOSSAIRE NANAR
MessagePublié: 27 Avr 2014 15:47 
Hors-ligne
Nanar un jour, nanar toujours
Avatar de l’utilisateur

Inscrit le: 07 Avr 2007 0:13
Messages: 3333
Cette définition sonne comme l'achèvement de toute une vie passée à mater des films du vietnam. On sent qu'il y aurait matière à écrire une thèse.

Très instructif, et quelles belles jaquettes.

_________________
"But you say : Oh, when love is gone, where does it go ? And where do we go ?" (Arcade Fire - Afterlife)

Je n'aime pas Scorsese (c'est la raison pour laquelle je n'ai jamais vu aucun de ses films). (Elessar - sujet Le loup de wall street)


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message: Re: GLOSSAIRE NANAR
MessagePublié: 27 Avr 2014 15:59 
Hors-ligne
Maîtres es Nanar
Avatar de l’utilisateur

Inscrit le: 24 Déc 2011 20:36
Messages: 1141
Localisation: Quelque part entre les bornes et les limites
Merci du compliment kevo :) :oops: .
Cette définition, j'y songeai depuis un moment et comme ce matin j'ai découvert un forum avec PLEIN de magnifiques jaquettes, je me suis lancé.
Le forum en question : http://z9.invisionfree.com/THE_CINEHOUN ... topic=2852

_________________
On ne peut tuer celui qui ne veut pas mourir...

Aux frontières du sexe et de la démence Image


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message: Re: GLOSSAIRE NANAR
MessagePublié: 29 Avr 2014 11:38 
Hors-ligne
Maîtres es Nanar
Avatar de l’utilisateur

Inscrit le: 24 Déc 2011 20:36
Messages: 1141
Localisation: Quelque part entre les bornes et les limites
Bonjour. Je propose une nouvelle définition, pour un élément récurrent du nanar.


Girls and guns

ou "girls with guns"

Sous-genre du film d'action, typique du cinéma d'exploitation, reposant sur un concept simple : des filles avec des flingues. Le genre a le double avantage de montrer des filles en général sexys et de l'action plus ou moins bourrine.

Image


La clef du succès du "girls and guns" ? Comme chacun sait, beaucoup de mecs tombent facilement amoureux d'une fille sexy armée d'une mitraillette (ou d'une tronçonneuse, ça marche aussi, la symbolique castratrice ayant un effet paradoxal sur la libido masculine). Est-ce parce que la guerrière renvoie une image féminisée d'un des plus grands symboles de domination masculine ? Toujours est-il que si l'héroïne explose les organes génitaux du grand méchant au fusil à pompe, c'est carrément le coup de foudre pour le spectateur. Étrange, vraiment très étrange...

Image
Image Image
Image
Image *
On admirera la subtile symbolique phallique incarnée par toutes ces jolies filles serrant entre leurs mains d'énormes armes à capacité pénétrante.


Si le genre a tant sa place dans le monde du nanar, c'est grâce à la crétinerie systématique des représentants de cette catégorie de films. La plupart du temps, les auteurs recrutent les playmates du mois et les miss tee-shirt mouillé, les affublent de tenues hyper-moulantes et peu couvrantes, et ces dames de faire la moue et de prendre des pauses de photos de charme en canardant des rangées de figurants mâles avec leur gros calibre. Les scenarii ne font en général pas dans la dentelle : jeune collégienne innocente transformée en bête sauvage vengeresse suite à un déflorage non-consenti, ménagères formant une escouade de justicières invincibles (dans "Brigade des Anges"), super-commando d'élite composé de strip-teaseuses recrutées par le Pentagone pour casser du terroriste au Moyen-Orient (dans "Hell Squad", une production Cannon évidemment), prisonnières prenant les armes pour se révolter contre les matons sadiques et libidineux de leur pénitencier,...

Image

Image

Image

Image


Popularisé par la série "Charlie et ses Drôles de Dames", le genre fit florès, d'abord dans les drive-in et les salles de quartier, puis dans les vidéoclubs, la demande pour ce genre de divertissement racoleur et bourrin ne tarissant pas durant l'ère Reagan et sa surproduction de bourrinades sécuritaires. Andy Sidaris, roi incontesté du genre, ou encore Ted V. Mikels et Cirio H. Santiago consacrèrent ainsi une part essentielle de leur carrière à montrer des bimbos gagner des guerres à elles toutes seules, sans rechigner à montrer leurs nénés, dans des œuvres débordantes de subtilité. La contribution, tant comme producteur que comme réalisateur, de Roger Corman est également appréciable. En règle générale, le cinéma asiatique (notamment taïwanais, chinois, philippin ou indonésien) fut fort prolixe dans le genre. Ces dernières années, le "girls and guns" s'est cependant fait plus rare dans les rayons DVD et Blu-ray, même si l'on note l'effort de quelques nostalgiques de l'âge d'or de la tatane en petite tenue, tel Christopher Ray, qui signait récemment pour Asylum un "Mercenaries" se voulant la réplique féminine de "The Expendables" (en un peu plus cheap quand même).

Image

Image

Image

Image


Parfois, on adjoignait aux héroïnes un personnage masculin qui avait souvent fonction de chef, mais généralement, nos guerrières en bikini s'en sortaient par leurs propres moyens (la séduction de sbires étant une feinte très courante avant émasculation) et le succès de la mission revenait à leur seul mérite. Cela dit, soyons sérieux, de là à dire que le genre est féministe, il y a loin, entre l'exhibition de playmates dénudées et l'apologie des armes à feu de certaines productions, le public cible est quand même essentiellement masculin. Élément incontournable du cinéma grindhouse des 60's/70's/80's, source d'inspiration de personnages iconiques comme Tomb Raider, le "girls and guns" est un genre très vaste allant du WIP à la jamesbonderie sexy, du cinéma de guerre au rape and revenge, et allie parfaitement flingages pyrotechniques et érotisme plus ou moins débridé, un gunfight et un plan nichons apparaissant parfois "subtilement" sur le même plan.

Image

Image

Image

Image

*Gif animé par Drelium

_________________
On ne peut tuer celui qui ne veut pas mourir...

Aux frontières du sexe et de la démence Image


Dernière édition par JACK TILLMAN le 28 Avr 2017 11:26, édité 24 fois au total.

Haut
 Profil  
 
 Sujet du message: Re: GLOSSAIRE NANAR
MessagePublié: 29 Avr 2014 17:59 
Hors-ligne
Maîtres es Nanar
Avatar de l’utilisateur

Inscrit le: 24 Déc 2011 20:36
Messages: 1141
Localisation: Quelque part entre les bornes et les limites
Re-bonjour. Je tente une définition de la "ramboploitation", sur le modèle du dossier consacré à la "indianajonesploitation" par John Nada, ce afin de rester raccord (et aussi de faire de la "johnnadaploitation" :-D :wink: ). Comme lui, je vais découper ma définition en plusieurs pages, car le sujet est très vaste. Voici la première page. Si vous voyez des infos et éléments à rajouter ou modifier, n'hésitez pas à les signaler. Je vous souhaite une agréable lecture. :wink:

Tout d'abord, je tiens à citer ma source principal, le fanzine Monster Bis spécial "Opérations Commandos au Cinéma", passionnante étude du genre proposant une analyse détaillée des constituants du cinéma d'action moderne des "Canons de Navarone" à "Munich" de Steven Spielberg, en passant par l'âge d'or des années 80, de Rambo, Die Hard et L'Arme Fatale à leurs collègues de la série B et Z. A lire pour approfondir votre connaissance cinématographique sur un cinéma souvent mésestimé mais néanmoins dense et captivant. Vous pouvez le commander, ainsi que les autres Monster Bis, sur le Site officiel de Norbert Moutier.

Image


Ramboploitation (ou Rambo-exploitation)

Image

INTRODUCTION :

Plus encore que Indiana Jones, Mad Max et Conan le barbare, Rambo marqua un tournant, non seulement dans le paysage cinématographique, mais aussi dans toute la société américaine puis dans la culture du monde entier, à l'aube de la décennie 80. Ce phénomène de société connut une telle ampleur que l'on parla à l'époque de "Rambomania". Replaçons tout d'abord les choses dans leur contexte : les années 70 avaient été une période de doutes et de contestation politique (jusqu'à prendre des proportions préoccupantes pour le pouvoir en place). Aux États-Unis, la défaite de l'armée américaine dans le conflit vietnamien, guerre très impopulaire au sein de l'opinion publique sensibilisée au sort du peuple vietnamien, qui fut tout de même et de très loin le plus touché dans un conflit à la légitimité douteuse, vint s'ajouter à toutes sortes de troubles (scandale du Watergate, crise pétrolière,...). Au cinéma, on tentait d'oublier le Vietnam, et la production hollywoodienne s'orienta sensiblement à gauche et tandis que dans le cinéma de guerre, on préférait se remémorer l'époque glorieuse de la Seconde Guerre Mondiale, les années 70 furent l'ère des anti-héros au cinéma et de la remise en question des fondements du système capitaliste. Bref, ça commençait à aller trop loin, et il était grand temps pour le public de retrouver confiance dans les valeurs fondamentales de la société occidentale. Le pays voulait retrouver sa bonne conscience d'antan. C'est alors qu'arriva Super Reagan à la rescousse des riches et de la droite conservatrice et puritaine. Récemment élu à la présidence des États-Unis d'Amérique, Ronald Reagan avait besoin d'une icône culturelle au service de sa politique gouvernementale néo-libérale. Ce modèle, cette icône, ce héros, ce fut Rambo.

Image


Pourtant, au départ, le personnage n'avait nullement cette vocation. Rambo, dont le nom s'inspire à la fois du poète Rimbaud et d'une marque de pommes (les pommes rambo !), fut créé par l'écrivain David Morrell pour son premier roman "First Blood", publié en 1972, en pleine guerre du Vietnam. Dans le livre, l'auteur inventa un récit dans lequel un vétéran traumatisé et rejeté par ses concitoyens apportait la guerre du Vietnam sur le sol américain (thème que l'on retrouve dans le premier film). S'inspirant d'un fait divers au cours duquel un groupe de hippies avaient été arrêtés, lavés au jet et entièrement rasés par des policiers du sud-ouest des États-Unis qui les avaient ensuite abandonnés en rase campagne, Morrell essaya d'imaginer comment son héros, ancien soldat d'élite des Forces Spéciales, un tueur surentrainé, réagirait dans une tel situation. Très violent et sombre, ce thriller anti-manichéen illustre le clivage de la société américaine au sujet de la guerre en Asie du sud-est en faisant s'affronter un jeune révolté et un policier qui pourrait être son père, lui-même vétéran de la guerre de Corée, l'autre défaite, mais néanmoins rentré dans le rang et représentant de l'ordre. Leur affrontement générationnel, s'il évolue peu à peu vers une compréhension mutuelle, ne peut se conclure que dans la mort.

Image
Couverture d'une édition polonaise du roman "First Blood".


Librement adapté du livre, "Rambo" ("First Blood"), réalisé en 1982 par Ted Kotcheff, n'avait rien d'un film réactionnaire, ni même belliciste. Il ne s'agissait pas non plus d'un film de guerre ou d'un "commando-flick", mais d'un survival au ton dramatique. Le film nous conte l'histoire de John Rambo, vétéran du Vietnam devenu vagabond, qui est arrêté dans une petite ville du fond de l'Amérique par un shérif intolérant et ses adjoints. Maltraité par ces policiers réactionnaires et imbus de leur pouvoir, ces sévices lui rappelant les souffrances endurées au Vietnam, Rambo pète un câble et s'évade du commissariat, puis prend la fuite dans la montagne. Dans la foret, Rambo retrouve ses vieux réflexes de survie et affronte la police, puis la garde nationale qui lui donnent la chasse. Le colonel Trautman, ancien supérieur de Rambo, est alors appelé du Pentagone pour le convaincre de se rendre. Remarquablement rythmé et bien ficelé, le film est un drame psychologique et sociétal poignant sur l'impossible réinsertion de nombreux vétérans devenus des marginaux et l'expression d'une sourde révolte contre une société américaine bien pensante qui envoya ses fils en enfer, doublement sacrifiés à leur retour car symboles pour les uns d'une défaite humiliante et pour les autres d'une guerre barbare et inhumaine. Le film marqua aussi une révolution dans le domaine du cinéma d'action en redéfinissant les codes du genre, sans renoncer néanmoins à la touche d'amertume qui faisait la force des films de la décennie précédente, personne ne sortant gagnant à la fin.

Image

Image


Après son triomphe, autant public que critique, dans "Rocky", Sylvester Stallone connut quelques échecs ou semi-succès, avant de connaitre à nouveau une gloire mondial grâce à Rambo. Le film eut un parcours long et difficile, le projet d'une adaptation cinématographique du roman de Morrell trainant depuis une dizaine d'années. Le scénario fut remanié de nombreuses fois, passa de mains en mains, de boites en boites (les droits furent vendus à Colombia Pictures, qui les refila à Warner Bros, avant de passer à Carolco), de réalisateurs en réalisateurs (Richard Brooks, Sydney Pollack, Martin Ritt, John Frankenheimer) et d'interprètes en interprètes (Robert De Niro, Jeff Bridges, Dustin Hoffman, Al Pacino, Nick Nolte, Clint Eastwood, Michael Douglas, Paul Newman et Steve McQueen furent pressentis pour le rôle de Rambo et Kirk Douglas faillit jouer le rôle de Trautman, de même que Lee Marvin), avant de finalement pouvoir aboutir, grâce au changement des mentalités et des gouts du public, enfin prêt à accepter qu'un héros puisse être vétéran du Vietnam (et inversement).

Image


Le film a longtemps souffert d'une mauvaise renommée auprès du grand public avant d'être réhabilité par les mêmes critiques qui l'avaient vilipendé à sa sortie (souvent, sans même l'avoir vu, en témoignent les critiques qui ont parlé de "massacre" alors que, rappelons-le, il n'y a que quelques morts accidentelles dans le film). Si cette mauvaise réputation, totalement injuste au regard de la grande qualité du film de Kotcheff, s'explique en partie par la mauvaise foi de certains critiques méprisants, il faut néanmoins souligner qu'elle est également due à la profonde bêtise et au caractère réactionnaire des deux suites qui virent le jour dans la décennie 1980, "Rambo II : La Mission" et "Rambo III". Car si Rambo mourait à la fin du livre de David Morrell, le film, lui, permit à son héros de s'en sortir pour revenir dans de nouvelles aventures (bien qu'une première fin dans laquelle Sly se suicidait fut tournée et projetée devant un public test, mais celui-ci n'adhéra pas, la culture du happy end étant très forte aux États-Unis comme chacun sait).

Image
Une affiche asiatique qui donne à peine dans la surenchère...


En 1985, "Rambo II : La Mission" ("Rambo : First Blood part II") de George Pan Cosmatos battit tous les records d'entrées établis jusqu'alors et cartonna un peu partout dans le monde. Sly, cédant, de son propre aveu, au courant commercial alors en vogue, incarnait dans cet opus plus testostéroné que jamais une invincible et beuglante machine de guerre aux muscles luisants, qui n'avait plus grand chose à voir avec le paumé perturbé mental du premier film. Rambo, acceptant un deal avec la CIA pour sortir de prison, retournait au Vietnam pour délivrer des soldats américains portés disparus et retenus prisonniers par les communistes, et pour regagner la guerre à lui tout seul par la même occasion. Trahison totale de l'esprit du film de Ted Kotcheff (et plus encore du roman de David Morrell), ce second opus est à la fois d'une débilité et d'un bourrinage confinant à la plus réjouissante nanardise, et un bon film d'action spectaculaire et sans temps mort, à la photographie et aux décors somptueux, réellement prenant par son action abrutissante même. Film phare de l'Amérique triomphante, autojustification revancharde du conflit vietnamien et modèle de tous les films à base de commando retournant au Nam libérer les MIA envers et contre tous les cocos et les technocrates véreux de Washington, "Rambo 2" devint l'emblème du film reaganien.

Image


"Rambo III", réalisé en 1988 par Peter Mac Donald, faisait à peu près la même chose en tout aussi con, mais en déplaçant l'action en Afghanistan, nouveau conflit à la mode, car entretemps le cinéma hollywoodien s'était plutôt appliqué à reconstituer le conflit américano-vietnamien lui-même ("Platoon", "Outrages", "Full Metal Jacket", "Hamburger Hill") et les retours au Vietnam étaient désormais plutôt réservés aux direct-to-video. Notre héros y quittait la quiétude d'une communauté bouddhiste où il avait fini par trouver sa place en Thaïlande pour à nouveau casser du rouge à tour de bras afin de sauver le Colonel Trautman des pattes d'un vilain commandant soviétique, l'occasion de vaincre définitivement le bloc communiste (aussi appelé "Axe du Mal"), déjà considérablement fragilisé depuis l'épisode 2. Dédié aux vaillants Moudjahidines, le film eut le malheur de sortir lors du retrait des troupes russes d'Afghanistan et fit un flop relatif. La ramboploitation s'éteignit alors peu à peu au profit du film de kickboxing dans les vidéoclubs.

Image


Puis, en 2008, Sylvester Stallone réalisait et interprétait "John Rambo". Cette fois, Johnny renonçait à sa retraite d'ermite chasseur de serpents en Thaïlande pour aider des missionnaires en Birmanie (le dernier conflit en vogue). Sans atteindre le quart du succès du premier, le film marcha, Stallone s'y montrant particulièrement généreux dans l'ultra-violence graphique et très maitrisée, sans sombrer dans la bêtise patriotarde des épisodes 2 et 3 et redonnant à son héros sa part de noirceur en même temps que son prénom (prénom que le héros du roman ne porte d'ailleurs pas, étant simplement baptisé Rambo). Bien que cet opus ait été pour Stallone l'occasion "d'en finir" avec ce personnage qui en avait fait malgré lui l'incarnation de l'impérialisme américain, un cinquième volet est en préparation dans lequel le baroudeur le plus célèbre du cinéma irait cette fois-ci affronter Al-Qaïda...

Image


En dehors de ces quatre films, il y eut une foule de Rambos pour prêter main forte à leur modèle en finissant de balayer et en dépoussiérant les champs de batailles où Sly avait fait le ménage. Mais avant de passer en revue tous les Rambu, Ramo, Sambo, Sando, Ransom, Jimbo, Remo, Yako, Hondo, Rango et autres Rambuto, un peu de merchandising :

Image
Rambo, le jeu vidéo !

Image
Un autre, plus ancien.

Image
Rambo, la BD !

Image
Rambo, la BD érotique !

Image
Une autre !

Image
Le couteau Rambo !

Image
L'arc Rambo !

Image
Le masque Rambo !

Image
Le costume Rambo !

Image
Rambo, la figurine articulé !

Rambo, le lance-flammes ! Euh non...

Image

Et bien sûr, impossible de ne pas évoquer ce qui constitue sans conteste le top du meilleur du Rambo-marketing, la série animé Rambo. Kobal ayant déjà décrit autant qu'il était possible l'ampleur de ce délire sur pellicule dans sa chronique, nous nous contenterons simplement de souligner le caractère résolument indispensable de ce sommet du bourrinage absolument réjouissant de n'importe quoi, où la surenchère est poussée bien au delà des limites établies en matière d'action crétinoïde. Un must à ne surtout pas manquer.


Image

Image

Image

Image
Le célèbre "Hot Shots : Part Deux", hilarante parodie à la débilité assumée du cinéma d'action reaganien... avec Richard Crenna pastichant son rôle du Colonel Trautman !

Image
A propos de parodies, évoquons le délirant "Troma's War" (1988) de Michael Herz et Samuel Weil, réponse trash et déconneuse de la célèbre firme à la rambomania, dans lequel les passagers rescapés d'un crash d'avion se retrouve sur une île des Caraïbes où une horde de terroristes menés par un culturiste au nez de cochon prépare l'invasion des États-Unis. Les touristes en bermuda et chemisette à fleurs se transformeront alors en bêtes de guerre pour un bain de sang dément et outrancier. Un pastiche jubilatoire.


De la jungle du vinyle, surgit la dernière machine à tuer...

Image

Image
En matière de Rambomania, là ça mériterait une médaille...

Image
Et ici, c'est carrément la Silver Star du mauvais gout et la Purple Heart du ridicule qu'il faudrait !

Image

Image
Dans le genre rambomaniaque, la chanteuse L-Vira est aussi pas mal traumatisée lorsqu'elle livre un hymne vibrant à "Rambo 2" avec son "tube" "Talkin' bout Rambo" en 1985.

Image
Image
Image
Image
Image
Image
Image
Son clip est un must-see en matière de ringardise hallucinante, avec ses deux malheureux figurants, l'un déguisé en Rambo l'autre en communiste, qui font les pitres en ayant surtout l'air très gênés d'être là.



FULL METAL JAQUETTES

Mais la Ramboploitation, avant d'être un bataillon d'ersatz pur jus, c'est aussi une division de jaquettes et d'affiches reprenant les caractéristiques de l'original pour nous vendre à toutes les sauces du béret vert sur-musclé en fureur. Concernant le visuel d'abord, quelques détails typiques : un homme aux muscles saillants, souvent torse nu, une arme à feu (voire plusieurs) à la main, un bandeau dans les cheveux, une pause bien virile, quelques hélicoptères et des explosions en arrière-plan, parfois une jolie fille peu vêtue au bras recherchant la protection du Mâle, voilà de quoi frapper le regard du client qui reconnaitra tout de suite à quoi il a affaire. Ensuite, concernant le titre, privilégiez des expressions agressives et viriles, souvent en deux mots évocateurs, voire un seul si vous avez trouvé un terme suffisamment "burné". Les mots "american", "USA", "mission", "commando", "squad", "force", "enfer", "Vietnam", "ultime" et "de la mort" reviennent très souvent; le suffixe "or" est également très fréquent. Enfin, l'accroche doit mettre illico le client dans le bain. Exemples : "Imprévisible... Invincible... Une armée à lui seul !" ("Striker"), "Les armes les plus sophistiquées pour la mission la plus périlleuse" ("Les massacreurs"), "Au Vietnam, il était le meilleur... Il l'est encore !!!" ("Ultime combat"), "Sa loi c'est les armes, sa justice... la mort !" ("Ranger"), "Ils sont devenus des machines à tuer" ("Les guerriers de l'enfer"), "De l'enfer du Vietnam... surgit la dernière machine à tuer" ("US Warrior"), "La guerre c'est l'enfer ! Juste comme il aime..." ("The Last Hero"), "Quand on touche à l'Amérique... ses meilleurs enfants réagissent !" ("Les mercenaires de l'apocalypse"), "Mission : mettre fin aux expériences du KGB. But : détruire la machine humaine à tuer. Ordre : ne laisser aucun survivant." ("Commando Massacre"), "Retour vers l'enfer pour l'homme de l'Amérique" ("Cobra Mission"), "Pour fuir l'enfer de la jungle une seule issue : Tuer..." ("Les boys en enfer"), "L'U.S. Army est aux mains des gangsters ! Tout seul, il va nettoyer le Vietnam de sa gangrène et de la mafia" ("Hold-up sur l'Amérique"), "Les super puissances sont en alerte ! Avec la rage de vaincre, ils vont sauver leur nation !" ("Saïgon Commandos"), "L'ultime commando d'élite du Monde Libre est lâché !" ("Death Raiders"), "Sa mission : tout faire sauter !" ("Règlement final")...

Image
"Ouais Ginette ! Le dernier Stallone, celui ou il fait péter la tronche aux Niakoués et aux Popofs ! Pour ce prix-là, c'est carrément donné !" Eh non, point de Sly au Vietnam, mais Richard Harrison aux Philippines, car à l'intérieur se trouve "Fireback" de Teddy Page (voir plus loin), qui n'est bien sûr la suite de rien du tout, le "II" n'étant là que pour favoriser la confusion.

Image
Une jaquette alternative au visuel piqué à "Terrorist Commando" aka "Jungle Wolf" avec Ron Marchini (voir plus loin). Notez le "Il oublie qu'il est un être humain"...

Image
Une jaquette volante au visuel chipé à "Heated Vengeance" (voir plus loin) qui cache "Cocaïne Wars" (voir également plus loin).

Image
Du jamais vu : une arnaque au Mike Monty ! A l'intérieur se trouve "Rolf l'exterminateur" (voir plus loin) dans lequel Mike Monty ne joue nullement. A croire que c'était les nanardeurs qui étaient visés...

Image
La fameuse "Mujer Rambo", dont nous n'avons pas encore trouvé trace d'un film équivalent. Bien que nous craignions qu'il s'agisse d'une jaquette volante (ou pire, d'un fake pur et simple !), on veut continuer à y croire.

Image
Ça ne semble en tout cas pas être ce film-là, dont le visuel ne correspond parait-il pas au contenu.

Et quitte à parler des Rambettes, évoquons quelques jaquettes aux accroches et aux visuels évocateurs :

Image
"Savage Justice" de Joey Romero nous promet "a female Rambo". Sorti chez nous en VHS sous le titre "La loi de la jungle", ce petit actionner philippin de 1988 nous conte la vengeance de la fille d'un diplomate kidnappée par de vilains révolutionnaires dans la jungle. Rape and revenge subtil et délicat en perspective.

Image
"The Muthers", un film de prison de femmes/blaxploitation de Cirio H. Santiago datant de 1976.

Image
"Virgins of Hell" aka "Maidens Revenge" aka "Perawan disarang sindikat" de Ackyl Anwari, un film d'exploitation indonésien de 1987 produit par Rapi Films, mettant en scène une bataille rangée entre un gang de motardes justicières et des trafiquants de drogue se livrant à des expériences d'aphrodisiaque. Les trafiquants sont victorieux et les motardes capturées, et le film vire alors au WIP classique (tortures, cat fight, révolte puis évasion,...) à ceci près que le film choquera tout spectateur de bon gout par une absence totale de plans nichons (dans un film de taulardes, ça relève du scandale !).

Image
Un frère jumeau de Mike Ransom, un Michael Dudikoff-like et un ninja qui cachent très probablement "Nom de Code : Project G7" des studios Filmark.

Image
Là, c'est pas un ramboploitation puisque le film date de 1979, mais ça aurait pu car c'est réalisé par Joe D'Amato. "Duri a morire", une bisserie ritale avec un Luc Merenda en bout de courses remplaçant en catastrophe Alain Delon qui était prévu au départ pour jouer un mercenaire infiltrant un camp militaire où on oblige les noirs à faire de l'apnée dans une marmite de caca !

Image
Une affiche hispanique du même film.

Image
La tête de Robert Ginty greffée sur le corps de Michael Sopkiw piqué à la jaquette de "Blastfighter l'exécuteur" (voir plus loin) qui sert ici de couv' au nanar "Revolt" (1986), petite perle de bêtise zédarde réalisée par Jamshid Sheibani.

Image Image
Image Image
Les Philippins furent particulièrement actifs dans le genre ramboploitation, tant pour le marché international que local.


La Ramboploitation, c'est aussi pleins de flying jaquettes ayant servi, dans les années 80, à donner une seconde jeunesse à des vieux films jugés pas assez attractifs en l'état. Pas mal de commando-flicks seventies à base de mercenaires floués par leurs supérieurs (car "Rambo II" n'a rien inventé), ce qui demeure assez honnête, mais aussi des films qui avait encore moins de rapport avec Rambo. A noter que cette technique de rajeunissement de l'époque semble aujourd'hui plus ringardiser le produit que les visuels d'origine, et fait passer pour des nanars des films tout à fait fréquentables.

Image
"Blasing Magnum", dans lequel vous ne verrez pas de Rambo urbain dégommer du loubard à la mitrailleuse, puisqu'il s'agit de "Una Magnum Special per Tony Saitta", un polizesco de 1976 réalisé par Alberto De Martino avec Stuart Whitman, John Saxon, Martin Landau et Tisa Farrow...

Image
... comme l'indique l'affiche originale.

Image
Tout comme vous ne verrez pas le jeune Rambo punkoïde en mini-débardeur qui orne cette jaquette dans le film "Embassy" aka "Baraka à Beyrouth" (1972), thriller d'espionnage de Gordon Hessler (réalisateur de "Kiss contre les fantômes") avec Richard Roundtree, Chuck Connors, Ray Milland, Broderick Crawford et Max Von Sydow.

Image


Image
"Black Valor" reste assez honnête sur le contenu, qui est bien un blaxploitation de Cirio H. Santiago, "Savage!" (1973), dans lequel un mercenaire black découvre qu'il combat du mauvais coté et se joint aux rebelles dans la jungle...

Image
... sauf que le look du héros est plus marqué funky en vrai.

Image
De même, cette histoire de vétéran du Vietnam engagé pour délivrer un PDG kidnappé par des terroristes dans la jungle et qui est manipulé par un bureaucrate magouilleur semble annoncer en 1976 le genre de pitch qui sera dupliqué à l'infini par les avatars de la ramboploitation.

Image
Image
Profitez bien du résumé délirant au verso, car en réalité, ce n'est pas "Rambo multiplié par 100"...

Image
... mais "The No Mercy Man" aka "Trained to Kill USA" aka "Profession Justicier", un film d'exploitation pour drive-in de 1973 au pitch tout aussi délirant, puisqu'il montre une horde de méchants hippies SDF basanés qui prennent d'assaut une gentille petite ville texane à la mitrailleuse lourde, mais les gentils rednecks collectionneurs d'armes seront sauvés par de vaillants vétérans du Vietnam WASP aux dents blanches menés par l'acteur de télé Steve Sandor et son faux air d'Elvis Presley !

Image
Un visuel ramboesque en partie repris par la jaquette volante "Capture" alias "Des fleurs pour un espion" (tout de suite, ça sonne moins "méga commando de la mort qui tue").

Image
La jaquette VHS allemande du polar "Chasse à l'homme" ("Three men on fire") de Richard Harrison et son titre qui démoule sévère.

Image
"Attentato ai tre grandi", un film de guerre de 1967 réalisé par Umberto Lenzi, dont l'affichiste s'est lancé dans une illustration à la Rambo III.

Image
Image
"A Time for Dying" aka "Pipo" (un film sponsorisé par Bruce Baron ?), un petit film de guerre philippin de 1970 réputé ultra-violent.

Image
Mike Danton nous fait coucou depuis un polar hong-kongais naveteux.

Image
"Killer vs Killers" aka "Death Commando" de Fernando Di Leo, un caper movie rital de 1985 dans lequel ce cher Henry Silva explose des mannequins en mousse à tour de bras au bazooka, au cours d'une vengeance absurde de bourrinage.

Allez, encore quelques flying jaquettes pour le fun...

Image

Image

Image

Image

Image

Image

Image

Image

Image

Image

Image

Image

Image

Image

Image

Image

Image
Image

Image

Image

Image

Image
La jaquette vidéo japonaise des deux premiers épisodes de la série MacGyver, dont l'illustrateur n'a semble-t-il pas trop pigé l'un des principes fondamentaux du personnage.

A suivre...

_________________
On ne peut tuer celui qui ne veut pas mourir...

Aux frontières du sexe et de la démence Image


Dernière édition par JACK TILLMAN le 25 Déc 2017 23:32, édité 98 fois au total.

Haut
 Profil  
 
Afficher les messages publiés depuis:  Trier par  
Publier un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 272 messages ]  Aller à la page Précédent  1 ... 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14  Suivant

Heures au format UTC + 1 heure


Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant actuellement ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 1 invité


Vous ne pouvez pas publier de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas insérer de pièces jointes dans ce forum

Rechercher pour:
Aller vers:  
cron
Powered by phpBB © 2000, 2002, 2005, 2007 phpBB Group
Traduction réalisée par Maël Soucaze © 2010 phpBB.fr