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La Fiancée de la jungle - Adrian Weiss (1958)
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Auteur:  Kobal [ 24 Mars 2009 16:14 ]
Sujet du message:  La Fiancée de la jungle - Adrian Weiss (1958)

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S'il est une tradition à laquelle Nanarland a toujours su faire honneur, c'est bien celle de proposer une chronique de chacune des perles rares que la Cinémathèque de Paris lui offre généreusement chaque année, lors de l'incontournable et légendaire Nuit Excentrique.
Laissez-vous donc aller au doux souvenir de ces séances de transe cinématographique collective : "Frozen Deads", et ses têtes de nazis congelées ; le cultissime "Comtesse Haschich", et son Cap'tain Mario dit Droit Devant ; "L'Ile aux femmes nues", et sa voluptueuse Pataflan ; "Le Congrès des belles-mères", et son chant patriotico-misogyne.

Pour cette 5ème édition, Jean-François Rauger est allé chercher en Belgique la seule version francophone existante (aux éditions "Pardon" !) d'une obscure série B en noir et blanc, scénarisée par le mythique Ed Wood, et intitulée "La Fiancée de la jungle". A la lecture du programme, le spectateur pouvait d'avance se réjouir de profiter de la diffusion d'un film inédit en vidéo chez nous, et qu'il ne reverrait donc sans doute pas de sitôt.

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Le résumé de "The Bride and the Beast", son titre original, s'offrait en plus le luxe de faire péter la cervelle du cinéphage déjà bien excité, avec cette simple phrase : "Agressée sexuellement par un grand singe le soir de ses noces, une jeune femme se souvient que dans une vie antérieure elle a été gorille".

Le soir venu, la tension nanarophile était à son comble, attisée par un Jean-François Rauger distillant ses informations sur la carrière de l'actrice principale, Charlotte Austin, qui avait tenté quelques années auparavant de griller la place à une certaine Marilyn Monroe dans "Comment épouser un millionnaire". Et aussitôt nos cerveaux pervers d'imaginer une uchronie à la Clint Eastwood/Richard Harrison (voir l'interview de ce dernier où l'on peut l'imaginer dans "Pour une poignée de dollars" tandis que Clint aurait porté la cagoule rose dans un quelconque ninja-flick d'IFD), avec la célèbre blonde dans le rôle de la jeune mariée violée par un primate !

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Alors que les rideaux s'ouvraient et que Chuck nous rappelait qu'il persiste à mettre ses pieds où il veut, l'ainé du four-features excentrique pouvait enfin commencer sous les vivats d'encouragement de la salle en liesse. 70 minutes plus tard, qu'en est-il des promesses affichées ?

Et bien c'est une déception partielle. En effet, à mon goût, "La Fiancée de la jungle" (ou plus exactement de la jongle, comme il était d'usage de l'appeler à l'époque) n'est pas vraiment un nanar digne de rester dans les annales de l'histoire de ce site. De fait, si le film offre une première partie plutôt réjouissante de ringardise edwoodienne, servie dans une ambiance coloniale qui donnait l'impression d'assister à un spectacle des années 30, ainsi qu'une conclusion complètement tarée, il faut tout de même reconnaitre qu'il souffre d'un rythme mollasson qui tend pendant sa plus grande partie à l'immobilisme le plus redoutable, scorie à même d'asphyxier le spectateur isolé devant son petit écran.
Car pour se délecter dans un confort acceptable de la substantifique moelle nanar de "The Bride and the Beast", il me semble fortement recommandé d'être épaulé au cours du visionnage par une assistance survoltée de 400 amateurs enfermés dans une salle pour une nuit de délices déviantes, ce qui est une condition plutôt rare, il faut bien l'avouer.

Mais ces défauts ne doivent pas pour autant masquer la pertinence thématique de son choix en cette veille de la journée de la Femme. Car en pourfendant le tabou du désir sexuel de ces dames au travers des enjeux conjugaux, "La Fiancée de la jungle" se révèle être un vigoureux pamphlet féministe exhortant à la libération du joug phallocrate. Et ce, grâce à un gorille ! Voilà plutôt la véritable raison pour laquelle ce film mérite d'être mieux connu.

Reprenons les bases.
Dan Fuller et sa jeune épouse Laura convolent amoureusement en nuit de noce. Celle-ci s'annonce à haute température charnelle, tant leurs préoccupations érotiques emplissent déjà l'écran. Tout n'est que longue conversation autour de la nécessité impérieuse de "bien mettre la capote" de la voiture avant que ne survienne la pluie. Regards complices, rodomontades du sieur Fuller qui rappelle à sa dulcinée qu'elle valait bien 6 bœufs au marché de la femme, sourires en coin, c'est l'assurance d'une soirée à venir réussie.

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Sortez couvert, même en voiture.

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Une fougue innocente qui ne voit rien venir.

Mais en grand passionné de chasse qu'il est, Dan Fuller ne se contente pas d'une déco d'intérieur d'un mauvais goût terrassant, et qui a dû faire la joie d'une entreprise de tannerie/taxidermie ; il apprécie ainsi de conserver quelque animal vivant, tel ce gorille enfermé dans une cage, à la cave. Malicieusement surnommé Spanky, cet adorable primate égaie les nuits de ses cris de bête esseulée.

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Face de cuir dans son habitat naturel.

Mais que nul ne soit dupe du sens profond qui se dégage d'une telle disposition. En effet, la cave contient les pulsions sexuelles malvenues de Dan que ce dernier tente de conserver sous total contrôle : cadenassée dans les tréfonds de la conscience, la fonction masturbatoire (en argot anglo-saxon, "to spank the monkey" signifie "se branler") n'a pas droit de cité.
Mais dès lors que Laura fait irruption dans cet antre secret, le drame opère : fascinée par cette grande bête velue qui lui fait face, le désir féminin se fait jour et menace soudainement de submerger le pauvre mari, bien vite inquiété par ce débordement pulsionnel mystérieux et effrayant qu'il a réveillé et qui annonce le coït génital à venir, dangereuse mise à l'épreuve de sa virilité. Il est d'ailleurs obligé de s'interposer pour mettre fin à l'attraction magnétique irrésistible qui commence déjà à rapprocher dangereusement les deux corps, provoquant là une intense frustration des deux partenaires (avez-vous déjà vu la souffrance d'un homme dans un costume de singe trop grand pour lui ?). L'angoisse commence alors à se faire jour à mesure qu'il réalise que son épouse n'est pas un simple trophée empaillé que l'on expose à son entourage social.

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Le début d'une grande histoire d'amour sexuel...

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...qui terrorise ce pauvre homme.

Vous comprenez bien que dans ces conditions, mieux vaut que chaque membre du couple dorme dans son propre lit, et que la nuit ne soit rien d'autres que le temps du sommeil. Comme le dit si bien Dan à son épouse lubrique évoquant une possible consommation du mariage : "ne sois pas pressée, nous sommes mariés pour longtemps désormais".

Bien entendu, tiraillée par la bête réveillée en elle, la pauvre Laura souffre d'un sommeil agité, peuplé de ses fantasmes copulatoires qui s'intellectualisent sous la forme d'un questionnement existentiel sur la possibilité de vies antérieures, ce à quoi son pragmatique mari n'a de cesse de répondre en substance par un "ta gueule, arrête de penser et laisse moi dormir peinard", équivalent masculin du "désolé, pas ce soir, j'ai la migraine".

Mais l'insatisfaction sexuelle de Laura ne peut se contenter de l'impuissance de son compagnon. En plein milieu de la nuit, ce moment si particulier où les défenses surmoïques se font plus poreuses et que les pensées refoulées font surface, Spanky s'enfuit de sa cage pour se rendre dans la chambre conjugale. Et là, plus question de minauder : répondant pleinement à l'instinct bestial de Laura, le primate en rut déchire la nuisette de son aguicheuse amante qu'il s'apprête à honorer dans un tourbillon de sensations zoophiles.
A ce moment du film, le public de la Cinémathèque avait alors bien compris quels étaient les enjeux de la situations, encourageant à pleins poumons l'entreprenant gorille à accomplir sa besogne, dans une identification sexuelle qui en dit long sur l'indiscutable virilité de l'amateur de nanar.

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Spanky va droit au but.

Réveillé par toute cette lubrique agitation, Dan choisit alors de reprendre la chose en main grâce à son substitut phallique préféré : l'arme à feu, avec laquelle il abat le totémique Spanky, devenu le symbole des pulsions coïtales d'une libido incontrôlable et menaçante pour sa virilité vacillante, et met ainsi un terme à toute sexualité génitale partagée pour le restant du film.

Il ne restera alors plus à son épouse vouée à la frustration qu'à se caresser son doux pull en angora, ce pull qu'elle porte en permanence, même au fin fond de la jungle.

Percevant le malaise qui persiste dans son couple, Dan Fuller fait alors appel au Dr Reiner, un ami médecin, mais surtout un ami (et c'est important). Bien que ce dernier soit supposé apporter une réassurance à Dan en dénonçant comme pathologique le comportement vorace de Laura, il ne fait que corroborer l'existence animale tapie dans les entrailles de celle-ci, reconnaissant ainsi ses désirs inassouvis, et disqualifie aussi sec son camarade en étalant ses propres capacités de domination sexuelle grâce à l'hypnose ; Laura étant alors en son plein pouvoir, il lui autorise à narrer son attrait scabreux pour sa fourrure, dont il prend un certain plaisir à lui faire préciser les sensations perçues lorsqu'elle la manipule.

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Laura, en version gorille angora.

La jeune femme peut alors se laisser emporter par ses besoins naturels, incarnés par son nouvel apparat "gorille de la jungle", à la recherche de son alter ego mâle. On distingue d'ailleurs dans sa difficulté à se regarder dans l'eau toute l'ambivalence de Laura, partagée entre l'envie primal d'assouvir ses tensions génitales en toute liberté et les interdits sociaux qui lui refusent ce désir. Quant à sa légère crainte des cornes du buffle, je vous laisse cogiter.

Le Dr Reiner va même jusqu'à tenter de réintroduire une sexualité au sein du couple, en suggérant à Laura l'envie d'une cigarette (l'homme aurait été moins subtil qu'il lui aurait plus directement proposer une envie de pipe). Mais c'est malheureusement faire l'impasse sur la plus grosse part du problème : l'immaturité génito-affective de Dan, qui n'a alors d'autre possibilité que de diminuer son angoisse castratrice en fuyant dans la jungle afin d'y exercer sa misérable tentative de contrôle phallique.

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Un journal qui nous apprend que les Chinois vivent dans des arbres.

Dans une parfaite illustration de l'échec mental de cet évitement, le film sombre alors dans l'inertie la plus totale. Ce n'est plus que néant cinématographique, vide scénaristique, enfer vidéoludique, remplissage jusqu'auboutiste. Le désert émotionnel du couple Fuller s'étale dans une succession de stock-shots improbables (des loups dans la savane... égyptienne ?), certains tentant vainement de s'affronter d'un film à l'autre.

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Quel regard touchant d'humanité.

Le nanardeur avide d'éléments un minimum amusants pourra toujours se délecter de la troupe de serviteurs de la jungle, équipe composée de blancs passés au cirage et parlant petit nègre même entre eux. La plus grande scène d'action se résume à un téméraire écrasement d'araignée par un Dan Fuller bien en peine de faire croire qu'il a les couilles de protéger sa femme (surtout après l'avoir renversée d'une baffe dans la tronche pour la mettre à l'abri de la dangereuse arachnide située à 5 mètres de là).

Et s'il était encore besoin de démontrer l'aridité qui règne dans la tente de camping de nos jeunes mariés, sachez que monsieur, bien qu'en permanence armé de sa pétoire, ne tirera réellement son coup (de feu) que dans les derniers instants du métrage, s'humiliant en confiant toutes les tâches un tant soit peu viriles à ses aides de camp, ou bien en observant la puissance physique des animaux qu'il traque avec peine (impressionnante scène d'attaque d'un figurant par un véritable tigre !), une activité voyeuriste qu'il qualifie de "travail pour un homme seul".

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C'est chouette la jungle : d'un seul regard, on peut voir plein d'animaux.

Quelle séquence symbolique résume mieux la psychologie de cet homme que ce plan où il se fige longuement devant un pauvre tronc mort sur le sol, avant de l'enjamber avec hésitation ? Le sage, présent ce soir-là (Saint-Voyou, priez pour nous), n'a-t-il pas dit : "un type qui hésite aussi longtemps avant d'enjamber une simple branche ne pouvait pas satisfaire une femme comme Laura".

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La fameuse branche qui en dit long.

"La Fiancée de la jungle" reprend un peu de poil de la bête dans sa conclusion simiesque orgiaque bien sympathique, dont je préfère vous laisser imaginer la teneur. Sachez juste que Laura finira par s'accepter telle qu'elle se ressent, pour la plus grande joie des gorilles locaux, et que l'impuissant Dan rentrera chez lui, plus seul que jamais dans son monde de petit garçon retranché derrière ses trophées inertes et rassurants, bien à l'abri de l'angoissant mystère du sexe féminin.

Tout est donc bien qui finit bien, et vive les femmes-gorilles !

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Just married !

Bien que j'avoue volontiers avoir versé avec une certaine complaisance dans l'interprétation ludique, il faut toutefois reconnaitre à "La Fiancée de la jungle" une réelle cohérence thématique qui ne peut uniquement être imputée à un délire de spectateur cherchant un échappatoire intellectuel à la médiocrité cinématographique qui s'impose à ses yeux. De fait, tout laisse à penser que Ed Wood, en véritable fétichiste, a volontairement placé dans son scénario le délictueux pull en angora, un vêtement de fixation libidinale également présent dans "Glen ou Glenda", film où le questionnement identitaire sexuel battait déjà son plein. Et toutes les biographies de Jr font clairement apparaitre un attrait personnel du réalisateur pour ces sujets.
Enfin, il est également amusant de savoir que son ex-compagne s'appelait Dolorès Fuller, soit le même nom de famille que la jeune Laura qui abandonne son mari pour un primate. Je vous l'avais dit, ça balance sévère en sous-entendus, ce film !



Merci à tous les forumeurs avec qui j'ai pu échanger autour de ce film et dont les réflexion ont alimenté cette chronique.




Cote de rareté : 4/Exotique

Jadis distribué en salles en Belgique - d'où l'existence d'une VF - le film n'a donc bénéficié d'aucune édition vidéo en français. Il existe cependant en DVD américain dans plusieurs éditions: en double-feature chez Retromedia Drive-in Collection (accompagné de "King Dinosaur"), ainsi que chez Kit Parker Films (accompagné de "White Gorilla").

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Titre VF : La Fiancée de la jungle
Titre VO : The Bride and the Beast
Année : 1958
Pays : USA
Durée : 1h18
Réalisateur : Adrian Weiss
Acteurs : Charlotte Austin, Lance Fuller,Johnny Roth, William Justine...
Catégorie : Aventure
Genre : Gare au gorille

Auteur:  Kobal [ 24 Mars 2009 16:16 ]
Sujet du message: 

N'hésitez pas à critiquer vertement ma chronique, car j'avoue avoir hésité sur le bien-fondé de mon approche.
Il me manque quelques informations, oubliées depuis. Dans quel film Charlotte Austin a-t-elle tenté de piquer la place de Monroe ? Et la copie était-elle belge ou suisse ?

Auteur:  wallflowers [ 24 Mars 2009 16:30 ]
Sujet du message: 

C'est How to marry a Millionaire, le film dont parle JFR lors de sa présentation. Et la copie était Belge (les Editions "pardon") :-D :-D

Sinon la chro est sympa, je pense que tu as bien fait de souligner que vu seul, le film aurait été une vraie purge :wink:

Auteur:  gatman [ 24 Mars 2009 16:33 ]
Sujet du message: 

With the advent of Cinemascope, Twentieth Century-Fox sent a half-dozen preview scenes of How to Marry a Millionaire (1953) to distributors worldwide showcasing the new process. Austin played the nearsighted "Loco" in these previews, with the original cast (Betty Grable, Lauren Bacall, David Wayne) playing their parts. In the completed film, Marilyn Monroe played the role of "Loco", with Charlotte playing the role of "Ding-Dong". Austin played the role of "Loco" again in the pilot for the TV series "How to Marry a Millionaire" (1957). Barbara Eden played the role in the final series. All cast members were replaced (with the exception of Lori Nelson), as was the director, John Rich (of "All in the Family" (1971)) fame.

merci imdb 8)

(edit : grillé sur le poteau)

Auteur:  hermanniwy [ 24 Mars 2009 16:34 ]
Sujet du message: 

L'approche est très sympa, mais l'introduction détonne un peu trop : d'un coup d'un seul (huhu) on part dans l'interprétation psy du film. Du coup la description des circonstances et de la NE4 n'est écrite de la même façon. Les deux sont très bien écrites mais ca s'articule pas très bien.

Par contre, belle réflexion sur le film, chapeau !

Auteur:  Kobal [ 24 Mars 2009 16:46 ]
Sujet du message: 

Merci pour les infos, je vais les ajouter.

@ Hermanniwy : oui, je vois ce que tu veux dire. Ça détonne à partir de la caps Face de cuir. Je vais tenter d'y remédier. En fait, j'ai pas mal réécrit mon texte, et ai plus ou moins déplacé mes considérations psychopathologiques dans les paragraphes. Et dans cette version, c'est vrai que ça arrive un peu trop soudainement, sans préambule...

Auteur:  La créature du lac gris [ 24 Mars 2009 17:13 ]
Sujet du message: 

Ouééé, félicitations tu t'en tires très bien. Pour le coté psy, je trouve que c'est explicable par le véritable néant que constitue les 3/4 du film. Mais tu rends bien justice aux deux scènes d'actions particulièrement osées du film : l'écrasement d'araignée et le passage de branche morte. Et même si il est vrai que visionné tout seul ce film est innommable, avec 400 coreligionnaires du nanar, c'est un grand moment et ce film méritait sa chronique. Bravo.

Par contre t'as oublié la note :-D

Auteur:  Antohn [ 24 Mars 2009 17:18 ]
Sujet du message: 

C'est vrai que c'est le genre de films à ne pas voir seul, mais à plusieurs c'est dantesque!
Une précision à propos de Lance Fuller (qui joue Dan Fuller): lui semble lui aussi avoir eu un passé glorieux puisqu'il jouait l'extraterrestre Exeter dans le génial "Les Survivants de l'infini" en 1955. C'est dingue ce qu'une carrière peut dégringoler en trois ans.

Auteur:  benoît [ 24 Mars 2009 17:47 ]
Sujet du message: 

il fallait bien un spécialiste de l'inconscient pour éclairer tous les sous-entendus psychanalytiques de ce film. bravo, cette chronique rend vraiement justice à la complexité des liens qui unissent les protagonistes.

je vais sans doute la relire plus tard car elle est dense, mais ô combien intéressante, t'as retenu bien plus de trucs que moi (le coup du travail pour un homme seul... )

et en plus on me cite dedans :rock:

:-D

Auteur:  Kobal [ 24 Mars 2009 18:09 ]
Sujet du message: 

benoît a écrit:
et en plus on me cite dedans :rock:

:-D

Tu me corrigeras d'ailleurs, je ne suis plus sûr à 100% de la formulation du sage. :D

La créature du lac gris a écrit:
Par contre t'as oublié la note :-D

Ouép, ça doit être un acte manqué. :-D
Bah en fait, je sais pas trop quelle note mettre. Genre 1/5.

Auteur:  Sbel [ 24 Mars 2009 18:40 ]
Sujet du message: 

Moi j'aime bien ton approche... chro sympa, qui rappelle de bons moments ! :-D

Petite fôte :

Citer:
Les pulsions sexuelles de Dan...

Auteur:  benoît [ 24 Mars 2009 18:55 ]
Sujet du message: 

Kobal a écrit:
benoît a écrit:
et en plus on me cite dedans :rock:

:-D

Tu me corrigeras d'ailleurs, je ne suis plus sûr à 100% de la formulation du sage. :D



j'avais dû dire: "un type qui hésite aussi longtemps avant d'enjamber une simple branche ne pouvait pas satisfaire une femme comme Laura"

"incapable" est un peu fort, il ne faut pas accabler ce pauvre Dan, après tout il finit bien par l'enjamber cette brindille :-D

c'était là: http://xit.easy-hebergement.info/nanarl ... 963#493963

Auteur:  Kyra [ 24 Mars 2009 19:47 ]
Sujet du message: 

Excellente chro, j'admire ta mémoire.:worship: :worship: :worship: :worship:

Perso il y a des choses que j'avais sans doute préféré oublier comme c'est un travail pour un homme seul.

Par contre (et ne m'en veux pas, déformation professionnelle oblige), une petite faute

Citer:
Car pour se délecter dans un confort acceptable de la substantifique moelle nanar de "The Bride and the Beast", il me semble fortement recommandé d'être épaulé au cours du visionnage par une assistance survoltée de 400 amateurs enfermés dans une salle pour une nuit de délices déviantes, ce qui est une condition plutôt rare, il faut bien l'avouer.


Erreur bien excusable ma fois, puisque délice est une de ces saletés de mots qui ont un genre différent au singulier et au pluriel.

Auteur:  nanar-addict [ 24 Mars 2009 21:30 ]
Sujet du message: 

Chouette chro kobal, ça fait plaisir de voir que ce film que l'on ne reverra pas (en tout cas pas seul comme tu le dis) restera ancré sur notre beau site. Sinon c'est vrai que t'as de la mémoire, je ne me souvenais pas de tout ça.

Une petite cap des gorilles arrivant en masse dans la grotte aurait été la bienvenue, un gus avait crié "viens j'te fais visiter mon studio" sur la scène précédente avec Spanky et ça tombait bien.

Auteur:  Captain Beyond [ 24 Mars 2009 22:41 ]
Sujet du message: 

LA FIANCEE DE LA JONGLE,
meilleur film de tous les temps.

Meilleurs acteurs, meilleur scénario, meilleurs dialogues.
Note: 7/5.

Auteur:  Kobal [ 24 Mars 2009 23:42 ]
Sujet du message: 

Merci bien.
Je vais corriger les fautes.

@ Benoit : je vais corriger. On ne peut pas laisser les futures générations dans l'erreur.

@ nanar-addict : j'ai voulu faire une caps des singes à l'entrée/sortie de la caverne, mais sans succès. Ça ne rend pas bien.

Pour ma mémoire, en fait, plus je me suis mis à repenser au film, et plus je le trouvais cohérent dans une lecture symbolique. Tout s'est donc aisément enchainé, facilitant le processus de remémoration. Je soupçonne Ed Wood d'avoir volontairement placé cette thématique sexuelle, même s'il n'avait probablement pas autant fouillé le truc.

Auteur:  da BNFH [ 25 Mars 2009 11:06 ]
Sujet du message: 

bravo pour cette chronique inspirée, cependant il y a un argument qui ne tient pas la route:

Citer:
... cadenassée dans les tréfonds de la conscience, la fonction masturbatoire (en argot anglo-saxon, "to spank the monkey" signifie "se branler") n'a pas droit de cité.


en effet pour nos amis anglophones, Spanky (personnellement j'ai toujours entendu "Sanki"), n'est en aucun cas un "monkey" mais un "ape".
Les anglosaxons faisant une différence très nette entre les hominoïdés et les autres primates. Pour eux, il y a autant de point commun entre un "monkey" et un "ape" qu'il peut y en avoir entre un chat et un puma, ce sont tout bonnement deux choses différentes.

Auteur:  zord [ 25 Mars 2009 12:02 ]
Sujet du message: 

Chouette chro, et l'approche est originale !

Je ne sais pas si le double sens de "spanking the monkey" était voulu ou pas (mais venant d'un co-scénariste qui avait un fétichisme des pull angora, tout est possible), mais en tout cas, "to spank" peut aussi signifier "fesser"... donc, quoi qu'il en soit, ce gorille avait toutes les chances d'avoir une idée perverse derrière la tête.

Auteur:  Nikita [ 25 Mars 2009 12:07 ]
Sujet du message: 

Je repasse sur le forum pour lire la copieuse liste de MP que m'envoie John Nada (ce mec a un répertoire fabuleux d'histoires belges et il veut toutes me les raconter) et je tombe sur cette chronique, ça me fait de la lecture pour le casse-croûte.

Pas mal du tout, avec quelques remarques : tu aurais pu indiquer les quelques aspects obsessionnels qu'on trouve dans le scénario (enfin, disons l'argument...) d'Ed Wood : d'abord, le goût de l'héroïne pour son pull angora, dont Wood était un fétichiste fervent, selon toutes ses biographies existantes. Ensuite, le fait que l'ex d'Ed Wood (actrice principale de "Glen ou Glenda", celle que joue Sarah Jessica Parker dans le film de Tim Burton) s'appelait Dolores Fuller : or, dans ce film, l'héroïne s'appelle Fuller, et elle quitte son mari pour un singe. Ca peut même fournir du grain à moudre pour l'approche psychanalytique.

Si tu n'arrives pas à avoir des images des gorilles entrant à la queue leu leu dans la grotte, tu pourrais quand même décrire plus explicitement la scène, parce que c'est hallucinant (les cris dans la salle "le gang bang ! le gang bang !" étaient quand même un grand moment, ce n'est pas trop "private joke" que de les mentionner).

Tu pourrais citer le fait que nous avons vu le film dans un VF belge (puisque le film est sorti chez nos voisins, mais pas chez nous. Les veinards !) C'est peut-être là l'origine de la prononciation "la jongle" ?? (qui existe en français de France mais était, me semble-t-il, déjà désuète à l'époque :?: ). J'ai tendance à penser que la mention de cette bizarrerie de la VF et l'usage de "la jongle" pourraient faire un gentil running gag dans le texte, mais c'est peut-être un peu trop "private joke pour ceux qui étaient à la séance".

Un truc sympa, c'est que le scénario prend la peine d'expliquer la présence des tigres en Afrique (fallait bien justifier l'utilisation des stock-shots qu'on avait en magasin) mais que par ailleurs, les autres stock-shots nous exhibent des animaux qui n'ont, pas plus que les tigres, leur place en Afrique, et ce sans explication.

Le coup des acteurs blancs passés au cirage qui jouent les porteurs noirs est assez frappant, car je crois qu'on n'avait pas vu ça depuis le cinéma muet.

Il faut quand même noter que le film est carrément audacieux pour l'époque. On pourrait même le voir comme une sorte de défi au Code Hays (qui existait encore, bien que de plus en plus bafoué), qui ridiculise les clichés imposés par la censure d'alors (les époux qui dorment dans des lits séparés) en les détournant (le mari ne dort pas dans le même lit que sa femme... hé ben ce qui lui arrive c'est bien fait pour sa gueule, au fond). De là à dire que, malgré sa nullité objective, le film avait une intention subversive consciente... pourquoi pas ?

Ce qui est intéressant c'est que, malgré la misère totale, les deux acteurs principaux sont de vrais comédiens - en tout cas meilleurs que dans les films réalisés par Ed Wood - dont les efforts sont à mon avis très méritoires. J'ai même trouvé l'actrice principale relativement convaincante - enfin, autant qu'on peut l'être dans un film pareil - quand elle exprime son trouble face au beau Spanky et à ses congénères.

"How to marry a millionaire" a un titre français, qui est tout simplement "Comment épouser un millionnaire".

da BNFH a écrit:
bravo pour cette chronique inspirée, cependant il y a un argument qui ne tient pas la route:

Citer:
... cadenassée dans les tréfonds de la conscience, la fonction masturbatoire (en argot anglo-saxon, "to spank the monkey" signifie "se branler") n'a pas droit de cité.


en effet pour nos amis anglophones, Spanky (personnellement j'ai toujours entendu "Sanki"), n'est en aucun cas un "monkey" mais un "ape".
Les anglosaxons faisant une différence très nette entre les hominoïdés et les autres primates. Pour eux, il y a autant de point commun entre un "monkey" et un "ape" qu'il peut y en avoir entre un chat et un puma, ce sont tout bonnement deux choses différentes.


Disons que dans le langage courant, la confusion peut quand même se faire.

Auteur:  RICO [ 25 Mars 2009 14:00 ]
Sujet du message: 

La chronique est bien et permet de se replonger dans l'ambiance de la nuit excentrique mais le film lui même est il véritablement nanar.
S'il n'était pas estampillé "scénar by Ed Wood Jr" y aurait-on accordé une telle attention.

Il est le reflet de ces serials de jungle tournés au kilomètre entre les années 30 et 50 où rodaient Buster Crabbe ou Lex Barker avec jungle en pot reconstituée en studio, légion de stock shot et figurants noir façon "bwana li maitre blanc bien gentil avec nous", à l'exotisme frelaté, aux intrigues non moins délirantes et aux langueurs insupportables.


Pour se replonger dans cette ambiance, il y a les BD composées à partir des photos de ces films de jungle. Ce site sur les "ciné-roman" en propose quelques uns.
http://pagesperso-orange.fr/bmania/index.html

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