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 Sujet du message: Day the world ended - Roger Corman (1955)
MessagePublié: 12 Fév 2016 3:51 
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DAY THE WORLD ENDED

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Réalisateur : Roger Corman

Année : 1955

Pays : États-Unis

Genre : La petite maison dans la prairie radioactive (Catégorie : Post-apocalyptique)

Durée : 1h15

Acteurs principaux : Richard Denning, Lori Nelson, Mike Connors, Adele Jergens, Paul Birch, Raymond Hatton



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Roger Corman est un réalisateur inégal, capable du meilleur comme du nanar ou du navet, mais même ici, où il n'en était qu'à sa quatrième réalisation, pour un budget de 40 000 dollars et un tournage de quelques jours, il fait preuve d'un certain talent. Et pourtant, avec ses personnages stéréotypés, ses dialogues bouche-trous, son scénario bancal, son budget plus que limité et son craignos-monster super craignos, on voit mal comment le jeune Corman pouvait faire un film qui tienne la route. Point de nanar ici toutefois, malgré quelques passages assez risibles, le film est divertissant pour peu qu'on soit sensible au charme des vieilles séries B de SF 50's.


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Sur un thème très en vogue, à savoir la peur atomique au plus chaud de la Guerre Froide (oui je suis fier de mon jeu de mots) et, chose plus inédite à l'époque, la description alarmiste d'un monde post-apocalyptique où la civilisation a disparu trente ans avant "Les nouveaux barbares" et "Le gladiateur du futur", Gégé nous balance en intro quelques stock-shots de champignons nucléaires appuyés par une voix-off pompière et grandiloquente discourant sur "la folie des hommes" comme ce sera la règle du genre pour les décennies à venir.

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Plusieurs survivants de la catastrophe trouvent refuge dans la maison d'un vieux scientifique vivant avec sa fille. Le scientifique est un survivaliste qui-savait-que-la-fin-du-monde-était-proche-et-il-avait-pourtant-prévenu-ses-confrères-mais-personne-ne-l'a-cru et il se préparait donc depuis dix ans à faire face au cataclysme. Problème : les vivres étaient prévus pour trois personnes, lui, sa fille et le fiancé de sa fille (qu'on ne verra jamais car il s'est absenté de la maison au moment des explosions atomiques pour une raison obscure qui ne sera jamais évoquée). Or, avec les cinq survivants qui viennent de se réfugier dans sa baraque, ils sont maintenant sept bouches à nourrir. En outre, l'un des rescapés (le jeune premier de service) a amené avec lui son frère contaminé par les radiations. Ce dernier manifeste un comportement étrange, refusant de manger les aliments qu'on lui propose et sortant la nuit pour dévorer des lapins crus dans le petit bois environnant. D'autres irradiés font leur apparition, dont un monstre mutant à la carapace invulnérable qui finit par kidnapper l'héroïne durant le dernier quart d'heure...

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Toute l'imagerie des films de monstre des années 50.


Ce film étrange est une sorte de remake du film "Cinq survivants" (Five, 1951) d'Arch Oboler, autre film à micro-budget dans lequel cinq rescapés trouvait refuge dans une maison après une guerre atomique. Pour palier son manque de budget, Corman a recours aux mêmes techniques que le métrage pré-cité : on a en tout neuf acteurs, ce seront les derniers survivants de l'humanité; on n'a comme décor qu'une maison et un bout de campagne verdoyant, ce sera le seul endroit habitable sur Terre, nouveau jardin d'Eden protégé des vents radioactifs par ses collines riches en zinc; on n'a qu'un seul costume de monstre qui a déjà mangé plus de la moitié du budget, alors un seul monstre apparaitra à l'écran, même si le dialogue dit que la Terre est désormais peuplée de mutants. Les zones radioactives sont simulée par une fumée blanche. C'est la magie du cinéma.

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Maquillage pas cher mais somme toute crédible.


Comme dit plus haut, les personnages sont très stéréotypés et les situations assez prévisibles, car tout semble avoir déjà été vu ailleurs : le vieux savant, sa fille blonde, vite séduite par le beau héros (un jeune géologue qui secondera le père de l'héroïne dans ses recherches, bref, un beau parti), le salopard de service qui convoite la blonde héroïne, sa biatch blonde elle aussi qui l'aime à mourir mais qu'il humilie sans cesse, et un vieux chercheur d'or picoleur, qui ne pense qu'à sa mule et au filon d'or qu'il vient de découvrir (on a beau lui dire que la civilisation n'existant plus, l'or n'a plus aucune valeur, il ne semble jamais comprendre qu'il a échappé à une apocalypse nucléaire et fait preuve d'une bêtise ahurissante), tels sont les derniers êtres humains épargnés par le fléau. Le jeune cinéaste joue la carte du huit clos psychologique, avec tensions entre les protagonistes et réflexions scientifiques autour des effets de l'atome. Le rythme n'est donc pas des plus frénétiques (ce qui est de toute façon rare dans ce genre de film) et le film est un peu bavard, mais finalement ça passe plutôt bien et on ne se fait pas trop chier. D'une part parce que si les personnages sont clichés, les acteurs jouent plutôt juste, et d'autre part parce que le scénario réserve quelques rebondissements et périls à nos héros (la menace de la pluie radioactive, la tension qui monte entre le salopard et le reste du groupe, la présence d'un dangereux craignos-monster rôdant dans les environs). Si certaines scènes auraient pu être enlevées (le prospecteur rigolo et sa mule font un peu tâche dans l'histoire et les longueurs se font tout de même un peu trop sentir par moment) et si on aurait aimer voir davantage le craignos-monster, le film a pour lui une petite ambiance, des enjeux dramatiques pas inintéressants, des mouvements de caméra bienvenus qui empêchent l'action d'être trop statique et un charme kitch très naïf qui fonctionne très bien. Une curiosité.

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Dans le rôle du héros droit dans ses bottes, nous retrouvons Richard Denning, qui a fait de sensibles progrès depuis "L'ile inconnue" sept ans plus tôt et qui connaitra la même année la gloire dans "Les survivants de l'infini", classique de la SF "grand public".

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Dualité entre le héros responsable et le sale con égoïste qui convoitent la même femme.

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Le savant, qui fonde toutes ses actions sur la Bible, ordonne à sa fille de copuler au plus vite avec le héros afin d'assurer la survie de l'humanité.



Le point fort de "Day the world ended" est de donner à l'amateur de vieille série Z tout ce qu'il attendait, ce qui est sans doute sa limite, car du coup le film est sans surprise. On se doute à l'avance de comment tout cela va finir et effectivement, la happy-end fait tomber la pluie non-radioactive, sauvant ainsi nos deux héros, nouvel Adam et nouvelle-Eve garants de la survivance de l'espèce humaine, qui s'en vont vers un avenir radieux d'autant qu'ils ont entendu à la radio que d'autres hommes ont survécu à la fin du monde, qui n'est donc pas totalement fini. Malgré tout, quand on voit ce huit-clos en noir et blanc avec un petit groupe réfugié dans une maison campagnarde assiégée par des mutants à la suite d'une catastrophe nucléaire, on ne peut s'empêcher d'imaginer que George Romero ait pu s'inspirer entre autre de ce petit film pour "La nuit des morts-vivants". Comme d'habitude avec les productions Corman, le film sera remaké, d'abord en 1967 avec le téléfilm "In the year 2889" de Larry Buchanan (spécialiste des remakes 60's de productions AIP 50's), puis avec "L'enfant qui venait d'ailleurs" de Terence Gross, autre téléfilm de 2001 avec Nastassja Kinski.

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The happy end of the world.


Enfin, le film a une valeur historique car il s'agit à la fois du premier film fantastique de Roger Corman, qui réalisera d'autres post-apo comme "La dernière femme sur Terre" et "Teenage Caveman", et il marque également la naissance des doubles-programmes nanars des producteurs James H. Nicholson et Samuel Z. Arkoff, qui vendirent ce film aux distributeurs de drive-in en package avec "The Phantom from 10.000 Leagues" de Dan Milner, autre micro-budget à base de craignos-monster caoutchouteux.

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Note : série B kitch et bien sympa

Cote de rareté : 2, trouvable.

L'éditeur "One plus one" a ressorti le film dans sa "collection Roger Corman" en double-programme avec "The Undead", autre œuvre de jeunesse du légendaire réalisateur-producteur pour le studio American International Pictures. La copie est de qualité correct, avec hélas un méchant recadrage de l'image en 1:33, mais ça reste acceptable avec quelques bonus intéressants (en plus, y a un chouette poster de "The Undead" à l'intérieur du boitier).

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A signaler également que le film était déjà paru en VHS chez nous et que la cassette se trouve aussi facilement sur les sites de vente en ligne.

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