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 Sujet du message: La fièvre du samedi soir - John Badham - 1977
MessagePublié: 16 Août 2017 14:37 
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Maîtres es Nanar
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LA FIÈVRE DU SAMEDI SOIR

Titre original : Saturday night fever

Réalisateur : John Badham

Année : 1977

Pays : États-Unis

Genre : Drame / Musical

Durée : 1h58

Acteurs principaux : John Travolta, Karen Lynn Gorney, Barry Miller, Joseph Cali, Paul Pape, Donna Pescow


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Un petit thread pour donner mon avis personnel sur le film (et vous inviter à donner le votre) et au passage pour faire un petit coup de gueule vis à vis de l'émission radio "Blockbuster" sur France Inter qui m'avait beaucoup déçu par son "analyse" très superficielle et facile du film de Badham, en le faisant passer aux oreilles des auditeurs pour une bluette sentimentalo-niaise et une comédie musicale disco, confortant au passage ceux qui ne l'ont jamais vu dans l'image erronée qu'ils se font du film. L'un des intervenants, organisateur de la comédie musicale "Grease" en tournée prochaine, avait même le culot de dire que "Grease" (le film) avait sans doute beaucoup moins mal vieilli que "Saturday night fever" (ou l'art de dire exactement le contraire de la réalité pour faire de l'auto-promo !). Eh bien NON, "La fièvre du samedi soir", ça n'est pas juste "l'histoire d'un p'tit jeune qui veut devenir le roi de la night pour draguer une jeune danseuse, avec des effets kitschs comme on n'ose plus en montrer et les Bee Gees qui chantent tout du long" (je n'ai plus en mémoire le commentaire exact mais en substance c'était à peu près ça). C'est un film à la fin duquel l'un des héros se donne la mort devant ses copains juste après que ceux-ci aient violé la fille du groupe à tour de rôle sur la banquette arrière de leur voiture. On n'est pas trop dans l'ambiance "Wou hou hou ! Vive les strasses et les paillettes !" que les personnes qui ont juste vu l'affiche du film (ou ont juste écouté l'émission de France Inter) s'imagineraient...

"Saturday Night Fever" n'est pas une comédie musicale guillerette, kitsch et nunuche comme pouvait l'être "Grease" (que j'aime beaucoup aussi, hein, et que j'ai toujours plaisir à revoir, mais qui ne joue carrément pas sur le même registre), pas plus que "Rocky" n'était un film d'action testostéroné avec de la boxe tout du long. C'est un drame social très noir qui dépeint le désespoir d'une jeune génération, issue d'un milieu prolétaire, qui se réfugie dans un dérivatif (la danse en discothèque un soir par semaine) car elle est parfaitement consciente qu'elle n'a aucun avenir devant elle (un sujet plus d'actualité que jamais) et son héros tente d'exister et de donner un sens à sa vie par le biais de son talent pour la danse et d'une relation amoureuse avec une fille des beaux quartiers. Alors, oui, il y a des scènes de danse avec la BO des Bee Gees où Travolta assure comme un dieu, mais il ne faudrait pas réduire le film et la prestation de l'acteur vedette à ces seules scènes, finalement assez brèves dans un récit qui a un ton plus proche des œuvres de Ken Loach que de "Grease". Si le film se conclue sur une note d'espoir, comme "Rocky", ça n'est pas non plus la grosse happy-end, et l’œuvre parvient à être émouvante sans jamais sombrer dans le piège du pathos et du misérabilisme. En fait, c'est globalement plutôt un film dur, à la fois empathique et dur envers ses personnages (le héros en prend pour son grade sur la fin, et auparavant il se prend un beau râteau impitoyable de la part de celle qu'il aime quand il lui parle avec sincérité de son désarroi existentiel). "La fièvre du samedi soir" est un très bon film, bien plus profond et touchant que sa réputation ne le laisse penser et dans lequel John Travolta montre qu'il est un grand acteur doublé d'un danseur magistral, le reste de l'interprétation ayant aussi l'occasion de briller puisque le réalisateur s'intéresse à tous les personnages (la belle héroïne intelligente et froide incarnée par Karen Lynn Gorney, le frangin ex-prêtre défroqué joué par Martin Shakar, la fille désespérément amoureuse du héros qui la traite comme une merde interprétée par la belle et fébrile Donna Pescow, le copain tête de Turc suicidaire joué avec sensibilité par Joseph Cali,...). Un film qui n'a pas pris une ride, malgré les boules à facettes, les cols pelle à tarte et les pattes d'eph'.

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 Sujet du message: Re: La fièvre du samedi soir - John Badham - 1977
MessagePublié: 23 Août 2017 8:14 
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Bah tu vois j’étais persuadé justement que le film était une comédie musicale "à la con" ( dans le sens sans profondeur).


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 Sujet du message: Re: La fièvre du samedi soir - John Badham - 1977
MessagePublié: 23 Août 2017 12:50 
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Maîtres es Nanar
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C'est ce que je croyais aussi avant de le voir avec ma mère et ma sœur, je me souviens l'avoir pris en cours de route et quand j'ai vu la fin hyper-sombre du film, je me suis dit "Ah... ouais... quand même..." tellement le ton du film est à des années lumières de ce à quoi on s'attend.

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 Sujet du message: Re: La fièvre du samedi soir - John Badham - 1977
MessagePublié: 23 Août 2017 14:05 
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Comme dis ça semble faire partie de ces films qu'on croit connaitre alors que non.


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 Sujet du message: Re: La fièvre du samedi soir - John Badham - 1977
MessagePublié: 24 Août 2017 10:04 
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Grand film honteusement sous estimé. Entièrement d'accord avec l'analyse de Jack. Il ne faut pas oublier que Nick Cohn a pondu le scénario. L'homme derrière "awopbopaloobop alopbamboom", "rock dreams" etc. à mon avis il n'y bitait strictement rien au disco, mais il a écrit sur un sujet qu'il connaissait bien : la vie des jeunes prolos. Ce que Nick Cohn connaissait bien c'est les "all niters" ces soirées sans fin du mouvement Northern Soul et le "2001 Odyssey" n'est que la transposition d'au hasard du "Casino" de Wigan station balnéaire qui fleure bon le fish & chips.
Bref c'est loin d'être un film rutilant et niais, le contexte banlieusard voire prolo des protagoniste dément formellement une vision aussi obtue. Quand je classe ce film parmi mes favoris je vois toujours l'incompréhension se lire sur les visages de mes interlocuteurs.

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 Sujet du message: Re: La fièvre du samedi soir - John Badham - 1977
MessagePublié: 12 Juil 2018 18:55 
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Maîtres es Nanar
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Mille excuses Michalon, je viens de voir ton message et donc de m'apercevoir que je n'avais pas répondu à ton retour.
Merci beaucoup d'avoir donné ton avis très pertinent et érudit sur le film de Badham, je suis très heureux et flatté que tu partages mon point de vue.
En effet, ce qu'il y a d'incroyable avec La fièvre du samedi soir, c'est de constater à quel point les gens ont une image fausse du film et que cette réputation désastreuse a été faite par des gens qui ne l'ont manifestement jamais vu (ou qui l'ont vu mais n'ont strictement rien capté comme les chroniqueurs de Blockbuster), à tel point que classer l'œuvre parmi les classiques du septième art fera pouffer de rire un grand nombre de personnes.

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