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 Sujet du message: Panique année zéro (Panic in year zero) - Ray Milland - 1962
MessagePublié: 27 Avr 2018 1:43 
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PANIQUE ANNEE ZERO

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Titre original : Panic in year zero!

Réalisateur : Ray Milland

Année : 1962

Pays : Etats-Unis

Genre : Post-apocalyptique

Durée : 1h33

Acteurs principaux : Ray Milland, Jean Hagen, Frankie Avalon, Mary Mitchel


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Wikipédia a écrit:
Une attaque nucléaire survient, notamment sur le territoire américain. Une famille prend la route afin de partir en weekend à la campagne. Réalisant peu à peu l'ampleur de l'évènement, la famille Baldwin s'organise rapidement afin de se soustraire à la société dont une partie de la population qui profite de la mobilisation des secours pour commettre crimes et délits. Les parents et leurs deux enfants trouvent finalement refuge dans une grotte et tentent de vivre en autarcie après avoir accumulé provisions, armes et matériel.


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Sorti en 1962, cette réalisation de l'acteur Ray Milland produite pour un petit budget par la American International est une curiosité cinéphilique. Il marque une date charnière de la SF d'anticipation, au même titre que "Cinq survivants" d'Arch Oboler, même s'il est très différent de ce dernier. D'abord, contrairement à "Five", il ne s'agit pas d'un chef-d'œuvre injustement méconnu, mais d'une série B divertissante, malgré un budget presque trois fois plus élevé et de véritables instants de réflexions sur la violence. C'est toutefois ce film qui posa les bases du post-apo tel qu'on le verra dans les années 70-80, avec une vision de la guerre nucléaire très proche d'une synthèse des deux premiers Mad Max. Contrairement aux films post-apocalyptiques des années 50 qui décrivaient la survivance d'un petit groupe d'individus voire d'un seul individu dans un monde sans vie ("Five", "Day the world ended", "La dernière femme sur Terre", "Le monde, la chair et le diable", "Le dernier rivage"...) ou bien des sociétés retournés à l'âge de pierre des millénaires après la bombe ("Captive women", "Teenage caveman"), "Panique année zéro" montre un monde contemporain et réaliste ou, certes, les grands centres urbains ont été rasés à la bombe H (impressionnante séquence ou Ray Milland et sa famille observent au loin Los Angeles disparaissant sous un nuage nucléaire) mais ou il n'y a que trop de survivants au gout de nos héros, qui auront à affronter des foules de fuyards en voitures roulant comme des fous pour s'éloigner des villes atomisées, des profiteurs de guerre adeptes de la hausse des prix, des milices de vigilantes barrant les routes aux étrangers à coups de pétoires, et surtout des bandes de pillards sillonnant les routes en quête de victimes à détrousser/violer/tuer en l'absence de police et dans la panique générale de cette année zéro d'une nouvelle ère ou l'Humanité retourne à la sauvagerie la plus primitive.

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Le héros joué par Ray Milland, père de famille puritain, propre sur lui à la ville, révèle à ses proches sa véritable nature : faisant d'emblée preuve d'une initiative méthodique et froide dans ce climat de chaos généralisé, passant du citadin modèle à survivaliste brutal, c'est un héros ambigu qui, pour assurer la survie de sa famille, n'hésite pas à braquer des épiceries ou à tuer de sang froid deux jeunes loubards qui avaient violé sa fille, même s'il s'interroge lui-même sur son propre usage de la violence, se raccrochant à ses vieilles traditions, habitudes et prières à table pour se dire "je ne suis pas comme ceux que je combats".

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Il sait que désormais il ne peut plus faire confiance à personne et le monde ne se réduit plus qu'à lui, sa femme, son fils et sa fille, qu'il doit protéger à tout prix, et c'est dur de le condamner car que ferions-nous à sa place ? Toujours est-il que ses actes enfreignent allègrement la morale et qu'il s'agit donc sans doute d'un des premiers films d'auto-défense américains se déroulant dans un cadre moderne et non westernien. La violence n'est pas édulcorée, le fait de tourner pour un petit studio indépendant spécialisé dans les films d'exploitation ayant permis à Ray Milland de montrer pour la première fois à l'écran une humanité sombrant dès les premiers jours de la catastrophe dans le chacun pour soi, le pillage, l'agression, le maraudage, le viol et le meurtre. Le périple de cette famille américaine guidée par un patriarche brutal et pragmatique à travers une campagne de fin du monde évoque beaucoup celui de la famille anglaise de "Terre brulée" de Cornel Wilde (1970) et le personnage joué par Ray Milland m'a aussi rappeler celui de Jack Tillman dans "The survivalist", sauf que là le héros semble volontairement ambigu (ambigu mais pas négatif pour autant).

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Dans le rôle de la femme de Ray Milland, choquée par le comportement de son époux et peu encline à partager son pragmatisme survivaliste radical, on retrouve Jean Hagen, la Lina Lamont de "Chantons sous la pluie", qui livre une bonne performance. Son personnage évolue d'ailleurs au fil du récit et elle en vient à mieux comprendre et accepter la brutalité dont fait preuve son mari lorsqu'elle doit elle aussi faire usage d'une arme pour secourir sa fille. Le personnage du fils (Frankie Avalon) est presque aussi ambigu que son père, ce dernier le sermonne d'ailleurs quand il s'aperçoit que son rejeton prend du plaisir à l'idée de trouer la peau d'un agresseur potentiel et semble s'amuser beaucoup dans ce trip de retour à la sauvagerie. Mary Mitchel, qui joue la fille, est moins bonne comédienne, prenant des airs assez nunuche et son jeu est un peu théâtral quand elle doit jouer le stress post-traumatique suite au viol de son personnage. On lui préfèrera l'interprétation plus naturelle de Joan Freeman, qui joue une jeune fille également violée et séquestrée par les loubards, et qui s'en sort beaucoup mieux dans le registre de la victime d'abus sexuels.


Le film renouvelle donc le genre de façon très moderne pour l'époque, avec une action soutenue, mais n'est cependant pas assez ambitieux pour être une œuvre majeure. La fin, dans laquelle les autorités et l'armée reprennent en main la situation après des semaines de chaos, désamorce un peu le coté inquiétant et dystopique que pouvait avoir le film jusque là, le casting réduit faute de budget limite les hordes de brigands des routes à un seul gang de trois-quatre loubards revenant de temps en temps en cours de film et la BO à base de jazz, top-branchée à l'époque, le vieillit hélas pas mal. Ca reste donc avant tout une curiosité, même si le film possède quelques réelles qualités et se laisse voir agréablement.

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