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MessagePublié: 06 Fév 2010 23:04 
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Maîtres es Nanar
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Inscrit le: 15 Mars 2007 19:02
Messages: 1102
Localisation: Gentlemen, welcome to Dubai
Doxa a écrit:
kevo42 a écrit:
Vous aimez Rocky IV, monsieur Doxa ?

Pardon ?


Il te compare à cet énergumène. Perso je ne vois pas le rapport.

_________________
Satursday Morning Watchmen
He ain't gonna jump no more.


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MessagePublié: 07 Fév 2010 12:14 
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Nanar un jour, nanar toujours
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Inscrit le: 07 Avr 2007 0:13
Messages: 3337
Parce que Bourdieu c'est de la sociologie. Donc sociologue. Donc Rocky IV.


:oops:

:whitebombinette:


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MessagePublié: 11 Fév 2010 11:35 
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Bon Pote de Godfrey Ho
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Inscrit le: 09 Jan 2006 12:54
Messages: 4310
Localisation: Aux Studios MIRACLE :"Si C'est Un Bon Film,C'est Un MIRACLE!"
Et surtout que, pour Bourdieu...

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Pour répondre plus sérieusement à Doxa, j'avoue ne pas avoir lu le livre dont tu parles mais je le garde sous le coude au cas où. Bien sûr (encore que...) je ne me vois pas le lire en entier, pour le fun, mais un chapitre ou deux par ci par là, histoire de voir.

Comme je le disais plus haut, si, comme j'ai cru comprendre en lisant le résumé, ce livre parle quelque part de l'impossibilité de produire une critique définitive d'une oeuvre d'art de part le fait que chacune s'adresse à un public bien déterminé (après quoi on peut arguer que, si un film ne t'a pas plu, c'est qu'il ne s'adressait pas à toi), ça rejoint quelque peu mon propos : à proprement parler, ce film n'est pas aujourd'hui un nanar épique qui met tout le monde d'accord, mais il peut être considéré comme tel pour toute personne ne faisant pas partie de son public type, qui assiste aux réactions attendues et toutes similaaires de celui-ci.

De plus, le public en question se targuant (c'est mon point de vue) d'être un libre penseur et d'avoir su s'extirper des courants de pensée dominant du public "mouton", on peut alors imaginer que, d'ici quelques années, le même type de public qui aujourd'hui court voir les films certes intéressants et maîtrisés mais aussi ultra-balisés et limite clichetonneux de, par exemple, Christophe Honoré et François Ozon, sera le premier à dire que "oui, c'est vrai, c'est pas mal mais, 'voyez, y a quand même du trop, un excès de symnolisme, tout ça...". A partir de là, les défauts de ces films, débarrassés de l'espèce d'aura dont ils jouissent actuellement (encore que le dernier Ozon fait un beau bide apparemment), seront plus visibles et on pourra peut-être alors parler de série B de film d'auteur, voire de nanar de par leurs côtés trop maniéré et trop lourdement symboliques.

Mais je ne vais pas non plus trop jouer les prophètes...

PS : je précise que je ne parle pas de tous les films des réalisateurs déjà cité. Comme je l'ai dit, 17 fois Cécile Cassard ou encore Les Chansons d'amour d'Honoré sont très recommandables... (encore que... la manie d'embaucher Béatrice Dalle dès qu'on veut faire un portrait de femme un brin sulfureux...)

_________________
Lawrence Woolsey, précédemment connu sous le pseudonyme de deathtripper21...

"Godfrey Ho a beau avoir trouvé des Kickboxeurs américains, le duel entre la mariée et la robe restera LA baston du film." Plissken


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MessagePublié: 11 Fév 2010 16:32 
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Apprenti Nanardeur

Inscrit le: 05 Fév 2009 15:32
Messages: 30
Alors, je pourrais parler un peu du livre; mais je préviens à l'avance: ce n'est qu'une caricature - sachant que le bouquin fait plus de 600 pages et que ça ne traite pas que du cinéma (mais de maintes autres produits culturels).

Disons que, Deathripper; tu rejoins certaines intuitions et propos de Bourdieu. A savoir supposer que les production de ce type de films - sans qu'ils ne soient conscients, façon Machiavel - coïncide aux attentes d'un type de public - "classes sociales" chez Bourdieu, mais l'on pourrait parler de groupes sociaux. L'on se rend compte que ça répond à des codes et des conventions qui ne sont pas superficielles, mais qui s'accordent avec la vision du monde ainsi que le style de vie de l'individu (appartenant à tel groupe social). En gros, l'objectif; conscient ou non, est de se distinguer, il y a donc des enjeux à propos de la légitimité de tel "genre de films" - comme par exemple celui dont parle Deathripper se distingue et se définit par rapport à un autre genre de film qui appartient à un autre public, avec lequel il entre en opposition. Lorsque le public de tel film "bourgeois" - comme celui dont nous parle Deathripper - critique d'autres types de films avec lesquels il entre en opposition (pouvant les juger "commerciaux", etc) il y a une certaine part de vérité. Et vice-versa, il y a aussi une part de vérité dans la critique de Deathripper; à savoir la volonté de recherche d'un "conformisme de l'anticonformisme". Mais ce livre est intéressant car il vient à grand renfort de statistiques, d'extraits de journaux, de critiques, de questionnaires, de témoignages (dont plusieurs descriptions de différents types de films). Enfin, si je parle de ce livre, c'est parce que, dans de nombreux topics, on rejoint ces problématiques fréquemment: la "légitimité" des Oscars/Césars; sachant que la plupart peut trouver les films nominés moyens; que le "public" n'est pas pris en compte; la question à propos de: "sur quels critères peut-on dire que tel film doit fait partie du panthéon de l'humanité ? Succès critique, public; certains qui arrivent au constat qu'il n'y a pas de "grands films", etc. C'est pour ça que je mentionne ce livre: nombre de tes critiques/constat pertinent me fait penser à ce bouquin.

Sinon, Deathripper, si tu veux/peux; je te conseille de lire les premières pages qui traitent spécifiquement du cinéma - ainsi que le théâtre, l'opéra. Et de lire, surtout, ce que disent les critiques à propos de telle oeuvre, en fonction de la revue (p262 à 265). :wink: Sinon, à propos d'un livre qui traite spécifiquement du cinéma, il existe Sociologie des publics que je n'ai jamais lu.


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 Sujet du message: Re: Non Ma Fille, Tu N'iras Pas Danser, Christophe Honoré -
MessagePublié: 28 Juil 2019 11:43 
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Apprenti Nanardeur

Inscrit le: 24 Juil 2019 19:59
Messages: 6
Lawrence Woolsey a écrit:
Bon allez, après des mois d'hésitation, je profite de la très prochaine sortie DVD de ce film pour poster une chronique que j'avais écrite à ce sujet au moment de sa sortie en salle.
A l'époque, j'avais décidé de ne pas le faire pour éviter une polémique (c'est entre autres pour la même raison que je poste le sujet dans Le Coin Des Cinéphiles et pas dans "Vos Chroniques") ou pour ne pas que le topic dégénère en Film-français bashing.
Si ça devait être le cas, que les modos ne se gênent pas pour clôturer le topic.


"Ca fait quand même bizarre de commencer une chronique en étant parfaitement conscient qu’elle ne finira pas sur le site. Ou alors, dans le meilleur des cas, dans la section « polémique ». En effet, le film ici chroniqué est une sortie récente, encensée par la presse et tous les arguments que je développerai tendant à démontrer sa nanardise pourront être balayés d’un simple revers de main par ses défenseurs, arguant que je ne suis qu’un petit con qui croit tout connaître du cinéma parce qu’il a vu Pulp Fiction, accepte (servilement, bien sûr) de considérer Citizen Kane comme un des plus grands films de l’histoire du cinéma et peut citer (les yeux fermés !) au moins trois films de la Nouvelle Vague. Au besoin, on me fera définitivement fermer ma gueule par une formule sans appel « Qu’est ce qui te permet de critiquer ? T’as fait un film, toi ? ».
Donc, je suis certainement un frustré qui déverse sa bile sur ceux qui ont plus de talent et de courage que lui, un inculte dépourvu de la plus petite trace de subtilité, un abruti total incapable de percevoir la richesse de ce film mais il faut que je le dise : pour moi, « Non Ma Fille, tu n’iras pas danser » est un nanar.

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Affiche commentée en fin de chronique

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit (même si je l’ai quand même un peu dit, c’est le souci avec les phrases chocs…) : ce film a bien des qualités, notamment une bonne direction d’acteurs et un casting pour la plupart des cas très judicieux. Ce serait même un film qu’on pourrait (ah non mais moi le premier !) trouver formidable s’il était une exception dans le paysage cinématographique français, si Christophe Honoré était un cinéaste rebelle ayant sa propre conception du cinéma (son 17 Fois Cécile Cassard le fit croire un temps) et étant prêt à tout pour l’imposer et forcer les spectateurs à regarder bien en face le portrait de leurs faiblesses, petites injustices quotidiennes et autres tortures morales qu’ils s’infligent à eux-mêmes ou aux autres en croyant agir pour le mieux.
Seulement voilà, aujourd’hui en France, des films comme celui-ci, il en sort facilement une demie douzaine par mois, plus ou moins maîtrisés, plus ou moins marquants mais ressassant tous inlassablement les mêmes thèmes, les mêmes séquences obligées, les mêmes sempiternelles scènes de détresse humaine avec gros plan sur la morve qui coule du nez, les mêmes plans nichons artistiques à l’ambiance épurée symbolisant la mise à nu du personnage, les mêmes dialogues sans saveur à force de vouloir retranscrire la réalité, ponctués de mots d’auteurs et des mêmes étalages de morceaux de viande humaine se voulant décomplexés et propres à choquer le bourgeois.

Mais aujourd’hui, le bourgeois en question est le premier spectateur de ces films à base de plans signifiants et autres regards-qui-en-disent-longs. Ainsi, dans de grandes salles climatisées à l'huile de serpent hemani de multiplexes parisiens, et passé un début de séance durant lequel chacun aura exprimé à sa manière sa désapprobation à la fin de chaque bande annonce de NAVET américain (« pléonasme », dit-on avec, dans la voix, toute la tranquille assurance teintée de gravité du libre-penseur fier de ne pas être un mouton), on peut admirer un véritable ballet de gestes de circonstances et d’onomatopées apprises, la grande majorité des spectateurs réagissant tous au même moment, de la même façon, pour bien montrer tous en même temps qu’eux, et eux seuls, comprennent la référence culturelle (bref et sèche expiration nasale), saisissent la puissance symbolique du plan de la bite qui ne les choque d’ailleurs pas du tout du tout (main qui se frotte le menton et parfois la joue, hochement de tête) ou condamnent fermement l’étroitesse d’esprit et le conformisme d’un personnage (lent secouage de tête désapprobateur, parfois accompagné d’un long soupir entre les dents, lèvres entrouvertes à la « non mais j’te jure, y a des gens... »).
Cela forme autant d’éléments tendants à prouver que le film d’auteur français type du XXIe siècle est une forme de cinéma calibrée pour un public docile (je dirais même apprivoisé) qui, en d’autres circonstances, est le premier à vilipender les discours consensuels et manipulateurs des hommes politiques ou encore la publicité.

Ainsi, bien que non dépourvu de qualités et malgré la gravité du propos traité, « Non Ma Fille, Tu N’iras Pas Danser », de par sa succession de séquences attendues, ses appels du pied au spectateur pour le faire réagir comme il faut au moment opportun et par le fait qu’il s’inscrit dans la norme actuelle des films d’« étude de caractères » à la française donnant à son public exactement ce qu’il est de bon ton de vouloir quand on prétend être un électron libre peut d’emblée être considéré comme un authentique film d’auteur de série B, reprenant d’ailleurs involontairement à la sauce « film social » certains éléments propres au cinéma de pur divertissement.

« Mais, me demanderez-vous judicieusement, si tu considères ce film comme une série B, pourquoi en faire une chronique pour nanarland ? ». Eh bien, vous répondrai-je (avec un aplomb tel qu’il fera oublier que toute cette première partie de paragraphe n’est qu’un plagiat éhonté de Desproges), c’est parce que le film d’auteur obéit aux mêmes lois que le film traditionnel : le fil qui le maintient à la hauteur de la série B efficace risque à tout moment de céder sous la lourdeur des séquences qui le composent, le faisant ainsi chuter dans les profondeurs abyssales de la nanardise.
Et ici, l’accumulation des sur-entendus symboliques ainsi qu’une tendance à la surenchère dans l’évocation des symptômes du malaise social et moral dont est victime le protagoniste achèvent de faire de cette œuvre une parodie involontaire de film d’auteur. J’en viendrais presque à dire que « Non Ma Fille Tu N’iras Pas Danser » est aux cinéphiles de dîners mondains ce que les productions Besson sont aux ados : un produit de consommation conforme en tout point à leurs attentes et dont chaque vraie trouvaille devient risible de par la lourdeur et le côté conventionnel des moyens mis en œuvre pour l’insérer dans une structure sans surprise.

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Dans une scène coupée, Chiara casse la gueule à un gros black dans une Audi conduite par une pute

Commençons l’étude du film par son titre. Je ne crois pas me tromper en affirmant que tout forumeur nanarlandais qui se respecte, découvrant un titre pareil, pense immédiatement au « générateur de titre de film français » du forum du pipeau. En effet, depuis quelques années dans le cinéma français, la mode est au détournement de titre de chanson ou de proverbe, lequel acquiert un sens nouveau à la suite de la projection du film en question. C’est un fait tellement récurrent qu’il en devient une paresse, un cliché qui amène déjà les moqueries d’une certaine catégorie de public. Ce titre étant une strophe de « Sur le pont du Gard », une chanson populaire qu’on apprend en maternelle, on peut se prendre à supposer que le prochain film du même réalisateur s’intitulera « Mais ce n’est pas pour ton vilain nez » (un lycéen joué par Louis Garrel, tombe dans l’enfer de la drogue), « On lui a raccommodé, Pirouette Cacahouète » (une fille de son temps, jeune et belle [Ludivine Sagnier] défigurée dans un accident de voiture, redéfinit son univers basé sur les apparences) ou encore « Y en a chez la voisine mais ce n’est pas pour vous, (you !) » (drame de l’immigration clandestine (en Angleterre) avec Romain Duris qui, pénis en fin d’érection au vent, décapite un vrai rat avec les dents pour s’en nourrir).

L’intrigue se construit autour de l’errance existentielle de Léna, jouée avec une réelle conviction par la belle Chiara Mastroianni qui, comme dans TOUS les films se voulant le reflet d’une certaine réalité, joue sans maquillage avec force gros plans sur les cernes sous les yeux. Il fut un temps ou ce procédé était courageux (de la part de l’actrice) et inventif (de la part du réalisateur) mais aujourd’hui, maintenant que tout le monde fait ça, on commence à considérer ça comme une facilité, voire de la paresse de mise en scène (c’était ça ou écrire des dialogues sonnant « vrais ». Nous y reviendrons).

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L’intrigue du film résumé en une image

La néanmoins jolie Chiara interprète donc une mère divorcée qui renâcle à reprendre un travail à responsabilité abandonné après un trop douloureux divorce (= fuite des responsabilité = femme enfant). Elle élève seule ses deux enfants qui mette de l'huile de serpent, Augustine et Anton, quelque peu perturbés par le manque d’équilibre de leur mère (premier drame). Cela donne une Augustine qui crie parfois « maman » avec des trémolos dans la voix comme si cette dernière venait de se faire éviscérer sous ses yeux et un Anton tête à claques, parfait penchant « film d’auteur » de l’horripilant gamin des films Disney tellement plus adulte que les adultes eux-mêmes, vecteur d’émotions, de grandes phrases « tellement justes » et de grands moments d’humour, (le Manuel du Parfait Petit Film d’Auteur stipulant qu’une touche d’humour est toujours de bon ton pour éviter d’être catalogué « intello »).
Ici donc, Anton, tellement plus adulte que sa maman, la prend constamment de haut (rires) et, face à l’incapacité de cette dernière à assumer son rôle de mère, devient instable au point de tenter (climax du film) de se suicider en s’éclatant la gueule sur une porte vitrée (encore que moi, j’étais persuadé qu’il ne l’avait tout simplement pas vue, tout occupé qu’il était à fuir les suppliques de femme en manque d’affection de sa maman).

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A gauche, Anton, Darwin Award 2009 du jeune espoir masculin

Un autre exemple pris au hasard dans la foule : après une première scène où, en pleine gare Montparnasse, Léna et sa clique embarquent une pie blessée dans un sac Gucci ( = la mère n’a aucune autorité et passe tous leurs caprices à ses gosses), ils débarquent dans la maison des grands parents où les attend tout le reste de la famille, dont la sœur cynique (formidable Marina Foïs) qui, lorsqu’elle découvre la pie morte (crise d’angoisse de Léna : « les enfants vous pas s’en remettre ! », alors que personne n’évoquera plus le piaf de tout le film) assène à sa sœur une première réplique dite de soulignement de symbolique lourdingue : « Même un animal, t’es pas capable de le garder en vie près de toi. ».
Cela tendrait à démontrer que le film a été écrit avec « La Psychologie de la Femme Enfant » sur le genou gauche (le droit étant occupé par le manuel cité plus haut), l’écriture du scénario consistant à passer d’un bouquin à l’autre pour faire tenir le maximum de comportements révélateurs évoqués dans le premier sur la structure type proposée dans le second, tout ça destiné à gaver le « spectateur modèle » du film de scènes sujettes à débat et analyses, qu’il ira régurgiter au premier dîner entre amis venu.

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Pourquoi une pie ? C’est sûrement symbolique…

Ainsi donc, c’est tout le film qui se retrouve chargé de ce genre de séquences signifiantes, destinées à être jetées en pâture à un public de cinéphiles autoproclamés qui, dans un long débat post-film, reviendront en se gorgeant d’importance, l’autosatisfaction suintant par tous les pores de la peau, sur la plus petite scène, le plan le plus basique afin de lui trouver une profondeur symbolique que le spectateur lambda, ce sacré, (celui qui bouffe du film d’action décérébré en matant du pop-corn, honnissons-le, bonnes gens !) serait tout bonnement incapable de saisir même si on lui mettait sous le nez. Et on s’écoute parler, et on hoche la tête, et on se congratule les uns les autres, et on part chacun de son côté, l’ego en érection devant tant de preuves irréfutables de notre statut d’incarnation du bon sens. Tout ceci compose une variante intéressante du cinéma commercial où le héros est conçu comme un reflet fantasmé du spectateur qui pourra témoigner de sa propre formidabilité en lançant à chaque bonne ou grande action de son alter ego supposé « ah non mais là, moi, j’aurais fait/dit pareil » (exemple : L’Expert, avec Stallone qui casse la gueule à des jeunes qui refusent de laisser leur place à une vieille dans le bus)

Mais revenons-en au film. Peu avant l’enterrement de la pie dans les bois avec un boîtier de jeu de société pour cercueil (séquence drôle où, franchement, l’humour à froid de Marina Foïs fait merveille), nous aurons fait la connaissance du petit frère tardif de la famille, prénommé Gulven (y a pas à dire, le choix prénoms d’enfants foireux, c’est congénital) qui accomplit l’exploit de ressusciter en l’espace d’une seule scène (nous y reviendrons*) le mouvement de haine anti-bobo qui commençait pourtant à s’essouffler.
Gulven est donc un jeune de son temps à l’esprit vif et libre qui file le parfait amour avec Elise, une théâtreuse type avec qui il aime à caresser des chiots et des poules, pour bien mettre en évidence le côté roots du couple, ce que le look dégingandé et barbe de quinze jours de l’un ou les vêtements gitanisés et les rondeurs de l’autre s’était déjà chargé de souligner au marqueur noir indélébile. A trop vouloir éviter le cliché du djeunz avec casquette et verlan monté en série, les personnages en tombent donc dans le stéréotype inverse. C’est ballot, me direz-vous. Oui, vous répondrais-je. Voilà voilà voilà, conclura-t-on...

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Gulven, porte étendard de la jeunesse passionnée s’opposant au triste matérialisme des adultes, vient de demander sa nouvelle copine en mariage lors d’une promenade sur un sentier au bord de l’eau...

Ce Gulven est un véritable phénomène, submergeant son entourage de répliques mettant apparemment au jour leur refus de voir la réalité en face (référence au bouffon du Roi Lear ?), le tout appuyé par un regard scrutateur et hautain qui s’accompagne d’un haussement de sourcil et d’un roulement d’yeux globuleux quand on ose essayer de lui faire fermer sa gueule. Avec lui, on atteint les hautes sphères de la haine anti-jeune, sentiment à son paroxysme dans une scène assez hallucinante (*nous y voilà revenus) au cours de laquelle, venant rejoindre sa copine dans le bain où Chiara l’a surprise, le jeune rebelle sans honte ni tabou (autre pléonasme du genre. Au passage, bain à deux = attitude décomplexée, refus des convenances...), se fout à poil devant sa sœur (le fameux plan bite) et, après l’avoir invitée pour la déconne à faire une partouze improvisée, lui tape sur les fesses en rythme en criant « tu sens le cul, toi, tu sens le vieux cul battu ! ! ! » (rire « même pas gêné d’abord » du public).
En résumé, Gulven est ici un peu le sidekick comique, apportant un vent de liberté et une touche de légèreté dans l’univers étouffant du film. (l’acteur s’appelle Julien Honoré, j’dis ça j’dis rien…)

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Comme ça, Gulven, je lui trouve une tête à torturer des dauphins, je sais pas pourquoi…

Comme l’aura sans doute compris le nanardeur familier de l’ozysploitation, la structure du film est axée sur l’évolution du personnage de Léna, la conduisant jusqu’à un point de non retour (le plantage de gueule, volontaire ou non, du gosse dans la porte vitrée) qui l’amène à prendre un nouveau départ dans la vie. Ce nouveau départ s’effectuant dans les trente dernières secondes d’un métrage faisant près de 1h45, on assiste pendant tout le film à une succession de séquences yo-yo, aussi appelées « je reviens parce que j’ai décidé de pas repartir tout de suite ». En clair, Léna erre (tiens, cette phrase était plus drôle quand je croyais que le personnage s’appelait Clara...).
Je le répète, en elle-même, cette structure n’est pas inintéressante et serait même franchement efficace à défaut d’être originale (genou droit oblige) si le film ne s’empêtrait pas constamment dans tous les clichés du film d’auteur de ce début de siècle.. Exemple : pour l’obliger à se confronter à ses obligations, les parents de Léna ont choisi de faire venir en secret dans la maison familiale son ancien mari (Jean-Marc Barr), devant qui elle se retrouve comme une conne : croyant ses enfants seuls dans un champs, elle prend une grosse voix et se fait passer pour une sorcière, roulant des fesses en se faisant des oreilles de lapin avec les baguettes de pain qu’elle était partie acheter (femme enfant, on vous dit !). Et boum, le mari, et paf, la honte et hop, la gueule (là je voulais écrire « le boudin » mais c’est un peu ambigu, passke Chiara, elle est jeulie, moi j’trouve…).

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18915353&cfilm=137722.html
Femme au bord de la crise de nerf…

Furieuse contre ses parents (de quoi ils se mêlent, franchement ? C’est-y pas étouffant, ça ?), contre son mari (Teddy Bear barbu et stoïque, c’est-y pas culpabilisant, ça ?), Léna demande à son beau-frère de l’accompagner à la gare. Durant le trajet, furieuse, elle fume une cigarette (= situation de crise intérieure). C’est alors que le beau-frère en question entame un monologue destiné à rester dans les annales de la masturbation intellectuelle (oui, « annales de la masturbation », je trouve ça drôle) : « Un jour, j’ai demandé à Frédérique (Marina Foïs) à quel animal je lui faisais penser. Elle m’a répondu : la hyène (...). La hyène est un animal qui rôde autour du cadavre des proies qu’elle n’a pas eu le courage de tuer elle-même. Pour elle, je suis donc celui qui rôde autour de notre amour sans me décider à le tuer. C’est ainsi que j’ai compris qu’elle voyait un autre homme. ». Et effectivement, elle voit un autre homme ! Voilà un beau cas de BAC+8 Bdtrashien, ou je ne m’y connais pas (ou alors, c’est un médium...). [je private-jokise si je veux !].
(Au passage, dans les films d’auteurs français comme dans le théâtre de boulevard, tout le monde trompe tout le monde avec n’importe qui mais le spectateur n’a le droit de trouver ça formidable et bien trouvé que dans un seul de ces deux cas...)
Et comme si ça suffisait pas, à de nombreuses reprises, on verra Frédérique fumer (voir plus haut) alors qu’elle est enceinte (D’où « je m’en fous du bébé » d’où « je m’en fous de mon couple », d’où confirmation d’adultère), la caméra s’attardant longuement, dans un silence éloquent, sur les regards lourd de reproches de la famille, qui vont de la clope à Marina, à son ventre, à la clope, jusqu’à ce que le spectateur tilte… Oui, le décryptage du non-dit dans un film d’auteur lui apporte la même satisfaction que lorsque, comme il avait prophétiquement annoncé sur le ton blasé du gars tellement perspicace que ça en devient lassant, il s’avère que le héros du film d’action ne meurt pas à la fin. C’est pas tout le monde qui était capable de comprendre ça...

Mais ici, ce qui fait tout le sel de la scène de la hyène, c’est que l’acteur qui la déclame a un fort accent québécois (enfin je crois...). Loin de moi l’idée de m’abaisser à me moquer grassement de nos amis d’outre atlantique, mais l’entendre réciter avec son accent mélodieux un texte si pompeux, c’est à peu près aussi hilarant que les insanités d’une séquence olé-olé dans un porno belge. Là encore, l’acteur n’est pas à blâmer, c’est plutôt le dialoguiste qu’il faut crucifier pour oser écrire des textes si totalement imprononçables qu’ils laissent à penser que le film aurait aussi bien, voire mieux, fait d’être un roman. Alors si en plus la moitié du casting, étrangère (en plus du beau frère québécois, le père de Léna est italien polyglotte et l’ex-mari américain, ce qui est, n’en doutons pas, Freudien [je déconne pas]) récite le texte d’une façon particulièrement amorphe ou chantante... Ah, on me fait signe qu’il s’agit très probablement d’une réappropriation par le cinéaste du fameux « non-jeu » bressonien et qu’il convient donc que je ferme ma gueule pour laisser la place à un silence respectueux (tant qu’on y est, précisons que les textes de Bigard et Gerra ne sont pas vulgaires et populistes mais bien « rabelaisiens »).

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Thibault dit La Hyène, notre contact à Québec

Concernant les dialogues, on peut encore noter le penchant manifeste de l’auteur pour les envolées philosophiques à tendance psychologique visant à amener son public à se libérer du carcan des idées reçues et autres formules toutes faites en les pointant du doigt par l’intermédiaire de ses personnages (« Tu dis ‘’tes enfants PROFITENT de toi’’, t’es tu seulement déjà demandé la signification de ce mot, ‘’profitent’’ ? ») ce qui permet une fois encore de rentabiliser l’achat du manuel de psychologie déjà cité. Autre caractéristique des dialogues, cette tendance à souligner continuellement les clichés et autres passages obligés du scénario. Ainsi, quand tel personnage fait sa crise, l’autre lancera « ça y est, le couplet de la mère éplorée », dans un autre cas, ça sera « t’as fini avec ton discours moralisateur ? » et autres trucs du genre. On peut retrouver cette tendance dans le cinéma hollywoodien où, plutôt que de renouveler ou d’éviter les clichés, on crée un personnage représentant « la voix du public » qui se charge de relever tous les stéréotypes et autres situations déjà vues afin de faire fermer sa gueule au spectateur « à qui on la fait pas ».

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18915341&cfilm=137722.html
Chiara Mastroianni en flagrant délit d’exercice illégal du métier de psycho-sociologue

Ici, on pourrait être amenés à penser que le réalisateur/co-scénariste fait un aveu concernant le manque d’originalité de son script, qu’il est conscient d’avoir atteint les limites du genre au point de flirter avec la parodie et qu’il va maintenant se consacrer à des comédies musicales kung-fu avec Jackie Chan et un Gene Kelly en images de synthèse mais, me demandez pas pourquoi, j’y crois moyen...

Pour en revenir à l’histoire, on assiste tout au long du film au va-et-vient incessant de Chiara Mastroianni entre différents lieux : elle va chez ses parents puis s’en va puis revient puis fait fuir tout le monde puis revient chez elle à Paris puis demande à son ex-mari de s’occuper des gosses puis veut qu’il parte de chez elle puis lui demande de rester puis le fait partir puis se casse la gueule dans les escaliers puis se met à pleurer parce que la porte de son appart’ s’est fermée derrière elle (syndrome grolandais dit du « y a pu d’café ») avant de se retrouver dans une chambre de bonne au côtés de Louis Garrel (bah oui, c’est une femme enfant donc elle est attirée par les jeunots, t’es con !) qu’elle finira également par laisser en plan à poil sous ses draps, lui préférant une virée nocturne dont je ne vous ferai pas l’affront de décrypter la symbolique. Au passage, ledit Louis joue le meilleur pote de Gulven, qui, il faut bien le reconnaître, se donne bien du mal pour pourrir la vie de sa famille...

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Louis Garrel, qui porte un jean pour pas qu’on le reconnaisse…

Et c’est aussi ça qui pose un peu problème, invitant plus le spectateur à pouffer qu’à s’identifier : les scènes sont toutes construites sur le même schéma dit du « fuis-moi je te suis, suis-moi je te fuis ». A chaque scène on se dit que c’est fini, que là, Léna va arrêter ses conneries parce que c’est vraiment plus possible mais non, elle continue d’envoyer chier tout le monde après être allée les chercher. Alors oui, ok, il faut bien qu’on comprenne que c’est une femme enfant parano qui voit des persécuteurs en ceux qui ne veulent que son bonheur, mais un petit peu plus d’inventivité, de diversité dans la façon de présenter les faits aurait été bien plus efficace (mais je ne fais pas du cinéma keumercial, moi, môssieu !).
Alors, que dire de ce film ? Est-ce un gigantesque nanar, un ratage total lui permettant l’accès au Panthéon du site ? Non, l’idée de base est intéressante et les comédiens pour la plupart très bons (mention spéciale aux parents dont une Marie-Christine Barrault par moments rayonnante). Un bon film alors ? S’il en a certains aspects, la lourdeur des dialogues, leur tendance systématique à souligner de façon pachydermique la plus petite subtilité du scénario comme pour dire à son public modèle « attention, ça, faudra en débattre plus tard entre vous », pourrait laisser croire qu’il s’agit d’une parodie de film d’auteur. Seulement non. C’est juste un film qui s’applique tellement à remplir le cahier des charges qu’il en oublie d’être personnel, l’identité du réalisateur n’apparaissant que par petites touches.
Par exemple, au tout début du film, après s’être fait engueuler par sa femme (= elle porte la culotte) le père de Léna, s’étant viandé en vélo (y va bientôt mourir, c’pour ça = sujet grave = disparition de la figure paternelle = accentuation de la crise de Léna), s’assoit dans l’herbe et parle tout seul, racontant la façon dont chaque enfant a été élevé, ce qui se retrouve clairement dans le choix de leurs prénoms : Léna, la sœur aînée femme-enfant (élevée par son père italien permissif), Frédérique, la petite sœur (élevée par sa mère française autoritaire), dont le prénom quelque peu masculin et vieillot (mais elle lui trouve sûrement un certain charme) fait bien comprendre qu’elle a joué un rôle protecteur pour sa grande sœur, ce qu’elle avouera plus tard « j’ai toujours eu l’impression d’être l’aînée » et qui sera ENCORE appuyé par un long monologue/souvenir de la maman vers la fin.

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La preuve par l’image

Et le petit Gulven (élevé par les deux parents, donc couvé, donc con) dont le prénom évoque la Bretagne, où vivent les deux parents (+ région d’origine du cinéaste). Ainsi, de la même façon qu’on a l’impression que le scénario a été écrit en s’appuyant sur « Le Manuel Du Parfait Petit Auteur », que les personnages ont été élaborés avec « la psychologie pour les nuls » sur les genoux, on a un peu l’impression que le choix des prénoms des personnages a été fait dans une carterie, à l’aide de ces cartes sur lesquelles s’étalent un prénom et les caractéristiques des personnes qui le portent.
Par ailleurs, on aura droit en milieu de métrage à une séquence où Anton raconte une histoire traditionnelle bretonne à sa mère (qui fait écho à une scène où la grand-mère raconte une légende à ses petits enfants, d’où inversion des rôles mère/fils, d’où femme-enfant), histoire qui, comme de bien par hasard, va refléter exactement l’attitude de Léna avec ses proches et surtout les hommes (rire de gorge autosatisfait du spectateur, le même qui assène un définitif « mais bien sûr ! » à la moindre coïncidence, au plus petit Deus Ex-Machina relevé dans un divertissement hollywoodien ne visant aucunement le réalisme). Dans le même ordre d’idée, on a droit à la scène type de l’ex-mari américain prénommé Nigel qui, tout en regardant son ex droit dans les yeux, traduit mot à mot pour leur fille les paroles de la chanson « Making Plans For Nigel » de XTC (pas de doute sur le fait que le personnage a été nommé comme ça juste pour cette séquence étant donné la difficulté qu’ont les autres acteurs à s’accorder sur la façon de prononcer son nom : huile de nigelle, Naïgeule, Naïdgeule, Naïgelle ou papa).
A présent, jouons au jeu du « comme par hasard » :
Comme par hasard, le père s’appelle Nigel, comme par hasard, sa fille lui demande de traduire une chanson qui porte son nom, comme par hasard au moment où les deux parents, divorcés, sont présents, chanson qui, comme par hasard, résume parfaitement l’attitude du mari face à son ex-femme.

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(autre conseil du manuel du parfait petit auteur : pour ne pas être accusé de faire du cinéma de vieux, mettez de la musique du temps où vous étiez étudiants, quand l’orchestre de Sidney Bechet, tout ça...

Mais revenons pour finir à l’histoire qu’Anton raconte à sa maman. Elle est construite sur un procédé narratif simple, servant de longue transition entre les séquences bretonnes et les séquences parisiennes. La scène sert donc de résumé de l’intrigue (puisque celle-ci se construit sur la mise au jour de la psychologie de Léna). En langage cinématographique, on appelle ça une séquence aérée ou aérante (c’est moche comme mot mais ça existe) destinée à relâcher la pression accumulée pendant tout le début du film. Bon. Ici, Christophe Honoré et sa co-scénariste se sont plu à jouer sur tous les sens du terme « aéré » et son champs lexical. Ainsi donc, le ton, celui du conte, est plus LEGER, avec quelques touches d’humour noir (je suis tatillon mais deux trois plans allant dans ce sens sèment la confusion dans la chronologie des faits, laissant entendre qu’il y a ellipse là où en fait non). De plus, la scène se passe sur un plateau VENTEUX, qui domine une vallée, donc PROCHE DU CIEL (au passage, l’horizon à perte de vue contraste avec la maison de famille cernée par les bois et les scènes parisiennes où les immeubles bouchent la vue donc, CHANGEMENT D’AIR) et on assiste à de longues séquences de danse bretonnes au cours desquelles (je connais pas les termes techniques) deux couples dansent en cercle, les hommes sautant de côté jusqu’à atteindre une position horizontale, claquant des sabots par la même occasion. Ces scènes sont filmées au ralenti, accentuant l’impression de SUSPENSION DANS L’AIR des danseurs.

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En plus, dans Bretagne, y a un R. Ca ne peut pas être un hasard…

Là, ça n’engage que moi mais autant je trouve admirable la capacité de certains réalisateurs de jouer avec les cadrages, la mise en scène et le montage pour agir sur le sub (ou l’in)conscient des spectateurs et faire ainsi naître chez eux des sentiments comme la peur, l’angoisse, la compassion autant là, proposer des scènes qui ne s’adresse qu’au « conscient » d’une certaine catégorie de public, dans un film conçu pour lui flatter l’ego, puisqu’il ne peut être compris et apprécié que passé une longue phase de réflexion/débat post-projection (ce qui, je le répète, serait formidable si ça n’était pas la norme d’un certain cinéma français dont ce film se réclame ouvertement), c’est de la masturbation intellectuelle pour enculeurs de mouches. Irais-je jusqu’à dire que Christophe Honoré prostitue son cinéma à un public conquis d’avance ? Non, je me contenterai de l’écrire...

(bon, peut-être que là je vais trop loin dans la surinterprétation, il n’en demeure pas moins que cet extrait du film applique beaucoup trop à la lettre le principe « dépaysant » de la séquence-parenthèse telle qu’elle est enseignée dans toute école de cinéma...)

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Petite pub, aiguillant le spectateur modèle dans son analyse de l’œuvre
Au passage, c’est bizarre, j’avais vu que Studio/C.L. n’avait mis que 3 étoiles au film...


Ainsi donc, bien qu’abordant de nombreux thèmes, et certains problèmes propres à la société actuelle (la place de la femme notamment, entre féminisme et devoir de mère) ce film tend à l’excès, étant vraiment trop écrit : les dialogues en deviennent incompréhensibles, risibles, la finesse qui devrait être de mise dans cette forme de cinéma étant écrasée par une multitude de scènes à la symbolique trop envahissante, appuyée au point qu’elle en devient martelée, ce qui encore une fois nuit à l’ensemble du film. A force de vouloir donner à son public ce qu’il veut, « Non, Ma Fille, Tu N’iras Pas Danser » en devient un pur produit de consommation pour sodomiseurs de diptères, de la junk-food pour gens culturés qui rassasie l’égo et amène une digestion lente et lourde, une parodie involontaire de film d’auteur et un bon petit nanar pour cinéphages déviants familiers de l’ozysploitation (les autres pourront s’ennuyer quelque peu) qui, un peu comme chez Philippe Clair, laisseront souvent échapper un rire nerveux devant la façon résolument too much car trop appuyée qu’a Christophe Honoré de plaquer un à un dans son film tous les éléments caractéristiques du film d’auteur français des quinze dernières années. Mais ce rire laissera parfois la place à un autre, plus franc, devant des scènes aussi énormes niveau mise en scène ou dialogue que celles de la hyène ou du « cul battu » (au passage, de nombreuses autres séquences aux dialogues trop littéraires auraient leur place dans la section « extraits audio » du site).

PS : à présent, je peux dévoiler la façon dont j’ai interprété le fameux double sens du titre : si cela renvoie explicitement à la séquence de l’histoire d’Anton, on peut aussi y voir l’incapacité manifeste du personnage de Léna à se libérer de la tutelle familiale et parentale, tout le monde autour d’elle lui imposant leurs choix et lui dictant sa conduite. Mais, comme dans la chanson « Sur le pont du Gard », dès qu’elle agit en désaccord avec eux, elle se plante... En ce sens, l’affiche du film où le titre, immense, domine Chiara Mastroianni pourrait signifier le poids des décisions des autres sur les épaules de la jolie et libre (elle marche pieds nus dans l’herbe) Léna.

Note 2/5

Rareté : en ce moment au cinéma, mais il est préférable d’attendre la sortie vidéo pour le regarder, la tolérance du public type de ce film étant visiblement très basse vis-à-vis des importuns... (y a qu’à voir les exclamations agacées auxquelles a eu droit une pauvre mère de famille qui, assise en plein milieu de la salle avec ses deux enfants, a réalisé assez vite qu’ils n’étaient pas dans la salle qui projetait « Là-Haut » et a tenté de quitter discrètement la salle. Je me demandais aussi ce qu’ils foutaient là avec des lunettes 3D...)

PS : Après quelques recherches, il apparaît que l’accroche du film, « VIVEZ LIBRES (crénom d’un chien) » a fait naître une mini polémique de par le fait qu’elle va à l’encontre du message du film, à la suite de quoi ses responsables auraient plus ou moins avoué l’avoir placé pour ne pas rebuter le public et attirer plus de monde dans les salles."

Voilà voilà voilà...


Gulven quel acteur !

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Dans la vie je supervise un magasin bébé en ligne, je raffole des miels et autres confiseries (huile de nigelle, miel blanc etc).


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