Le sujet ouvert par skunkhead dans le forum général :
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HELL SQUAD

Titre original : Hell Squad
Titres alternatifs : Commando Girls, Commando Squad
Réalisateurs : Kenneth Hartford, Robert Hayes
Producteur : Menahem Golan
Année : 1985
Nationalité : Etats-Unis
Genre : Bimbo Squad (
Catégorie : Guerre)
Durée : 1h27
Acteurs principaux : Phillip Rhee, Bainbridge Scott, Glen Hartford, Tina Lederman, Maureen Kelly

Aujourd'hui, après la révolution MeToo, les héroïnes guerrières et baroudeuses tiennent souvent la vedette tant dans les blockbusters que dans les séries B d'action, le cliché de la blonde en détresse hurlante semblant en net recul au profit de vedettes féminines se chargeant souvent de porter la culotte (même si elles doivent aussi généralement porter un débardeur moulant...). Cependant, le concept n'a rien de nouveau, le genre
"girls with guns" ayant pullulé dans les années 70 et 80. Andy Sidaris, roi incontesté du genre, mais aussi Cirio H. Santiago, ont ainsi consacré une part importante de leur filmographie à montrer des Playmates gagner des guerres à elles toutes seules, sans rechigner à montrer leurs nénés, dans des œuvres aussi débordantes d'adrénaline que de subtilité. Combinant souvent un bon quota de nudité et d'action bourrine, le genre peut très facilement virer au nanar, surtout quand il est au service d'un propos reaganien et militariste en diable.

Les toutes premières secondes de
Hell Squad laissent augurer du meilleur. Un stock-shot de champignon nucléaire, vu dans un nombre incalculable de post-apos et autres films de SF cheaps, sert de plan d'ouverture à une œuvre où l'indigence le dispute au n'importe quoi, où le cliché le dispute à la bêtise. Le scénario est d'une débilité inappréciable : le Pentagone a mis au point un
Mac Guffin, pardon, une arme révolutionnaire, la
"Ultra Neutron Bomb", qui permet de désintégrer toute forme de vie, mais en laissant les immeubles intactes. Conçue dans un but humaniste, cette bombe est censée permettre aux populations de ne pas avoir à reconstruire les villes en ruines en cas de guerre. Le seul hic est que tout le monde sera mort et que les villes en question seront radioactives pendant 1000 ans et des poussières, mais ce n'est qu'un détail. Hélas, de très méchants terroristes arabes convoitent la
"Ultra Neutron Bomb" pour l'utiliser dans un but pas du tout humaniste, contrairement à l'armée américaine. Les terroristes kidnappent le fils de l'ambassadeur américain d'un (stock-shot de) pays indéterminé du Moyen-Orient, sans se demander si le simple diplomate d'un trou paumé du tiers monde a suffisamment de poids à Washington pour livrer le secret d'une telle arme absolue à des terroristes (s'ils avaient enlevé le fils du président des Etats-Unis à la rigueur...). Cela dit, ce n'est même pas la bombe elle-même qui intéresse les terroristes mais juste de savoir quel type de carburant est utilisé pour son lancement (essence ordinaire ou bien super ?)... euh, what ?!? Pas plus concerné que ça, le gouvernement américain refuse d'autoriser une opération de sauvetage (pourquoi ? parce que ! sales politicards de Washington...). La CIA n'a pas le choix. Face à un tel péril, une seule solution s'impose : engager neuf show girls de Las Vegas pour former un commando d'élite qui partira au Moyen-Orient secourir le fils de l'ambassadeur et éradiquer la menace terroriste !

D'après le dialogue, le Pentagone va jusqu'à désintégrer un éléphant pour tester sa "Ultra Neutron Bomb" !


Un Moyen-Orient filmé à la sauvette par le producteur pendant ses vacances à Marrakech.


Les terroristes et leur QG rythmé par une musique d'ambiance style "Les Mille et Une Nuits" du pauvre.

Ces filles sont des armes de destruction massive !


La cheftaine du "Hell Squad" : un look et un style martial inimitables.

Un petit caméo de Phillip Rhee, le méchant de "Furious".A la lecture de ce postulat, vous vous dites forcément que c'est complètement absurde comme scénar. La CIA n'avait vraiment pas mieux sous la main que des show girls de Las Vegas pour sauver le monde libre ? Il faut croire que Chuck Norris était déjà trop occupé à casser du communiste au Vietnam et que Michael Dudikoff avait trop de ninjas sur la planche aux Philippines, alors la Cannon, co-productrice du film, a pris ce qu'elle a trouvé. Mais il faut toutefois préciser que les terroristes, bons princes par rapport aux habituels preneurs d'otage de nanars d'action, ont laissé à l'ambassadeur un délai de 30 jours pour céder à leur ultimatum (d'ordinaire, c'est plutôt 72 heures maximum). Ce qui laisse amplement le temps à l'agent qui les a recruté de faire de nos danseuses de night-club la crème de l'élite des forces spéciales grâce à une formation commando en accéléré. En
"moins de dix jours" de culture physique à courir dans un gros tube en métal et dans des pneus alignés au sol, nos go-go danseuses vont être transformées en bêtes de guerre rompues au contre-terrorisme,
"expertes en karaté, en tir d'adresse, en démolition", prêtes à mettre Rambo au chômage. Cela nous vaut un réjouissant entrainement dans le désert avec ambiance
"Sir, yes, sir!" à la
Full Metal Jacket du pauvre, mais en mini-short et débardeur ultra-moulants. Un stage militaire express récompensé par une séance de détente à la pistoche !

L'agent recruteur et les instructeurs du "Hell Squad".

Un camp d'entrainement vraiment très pauvrement équipé.

Aucune plaquette en polystyrène ne résiste au kung-fu de notre héroïne.


Des gags tout en finesse pour le public mammophile.


Pour la récré pistoche, certaines filles optent pour le bikini, d'autres pour le tee-shirt mouillé.

Refrain (toutes en cœur !) :
_ "HELL SQUAD, HELL SQUAD, WE'RE THE BEST!..."
_ "HELL SQUAD, HELL SQUAD, WE'RE THE BEST!..."
_ "DON'T EVER PUT US TO THE TEST !"
_ "DON'T EVER PUT US TO THE TEST!"Film de guerre à base de bimbos armées de grosses pétoires intégralement tourné à Las Vegas et dans le désert du Nevada,
Hell Squad est un troublant ancêtre de
Rescue Force, précédant de seulement quatre ans le film de Charles Nizet. Et pourtant, on ne s'en douterait pas en voyant le film, qui semble plutôt contemporain de
Super Flics en Jupons que de
Commando. Grain de l'image, musique, réalisation, ambiance, décors, accessoires, tout hurle les années 70 ! A la ringardise esthétique du film, déjà en retard de dix ans à sa sortie, s'ajoutent son caractère terriblement fauché, ses invraisemblances en rafales, ses ellipses grossières et les délires du scénariste. La représentation de la guerre que nous offre le film est d'une loufoquerie véritablement rafraichissante. Ainsi, avant de partir en opération, notre commando de show girls s'arrête d'abord à l'hôtel (sûrement La Babounia) pour se reposer de leur voyage en stock-shot d'avion. Et comme on est dans un pays chaud où le pétrole coule à flot mais où l'eau est rationnée, il va falloir utiliser la baignoire en groupe, dans la tradition Sidaris...



La cheftaine du commando reçoit alors un appel d'un mystérieux contact la tuyautant sur la prochaine mission. Les seins à l'air bien entendu, puisqu'elle sort du bain...

Nos soldates de fortune effectuent alors une mission qui consiste à latter du terroriste arabe (pléonasme) dans leurs uniformes sexy...


Des cadrages étudiés.




Aucune petite mousse ne résiste à nos guerrières de choc.Une fois qu'elles ont fait le coup de feu, nos bimbos fourbues rentrent à l'hôtel (au volant de leur jeep à mitrailleuse, avec leurs uniformes et leurs M16, gages de discrétion absolue pour une mission top-secrète)...

... pour se reposer...

... en prenant un bain collectif...

... jusqu'à un nouvel appel téléphonique/plan nichon qui les rencarde sur la mission du lendemain.

Et rebelotte les jours suivants. Le film propose donc un nouveau concept de voyage organisé dont les animations consistent à mitrailler des Arabes et à faire du kung-fu amateur, là où les autres touristes préfèrent banalement aller à la piscine, bronzer sur la plage, marchander dans les souks ou bien faire des balades guidées dans le désert à dos de dromadaire. Le Club Med devrait se pencher sur une formule
Hell Squad, je suis sûr que ça attirerait de la clientèle. Venez passer vos vacances en Syrie, on vous fournit des M16 pour massacrer les militaires locaux et les djihadistes, retour à l'hôtel à 19 heures pour une collation et une séance jacuzzi. On vous garantit que ni Bachar El-Assad ni Daech n'y trouveront rien à redire et que vous pourrez faire la navette entre l'hôtel et les camps militaires secrets en toute sécurité ! Et comme il faut bien que nos baroudeuses soignent leur couverture (car le scénariste est très attaché à la vraisemblance), le soir, elles s'en vont faire le show dans un night-club dont la clientèle se raconte des blagues en regardant les spectacles...



"Que dit l'éléphant à l'homme tout nu ?"

"Comment faites-vous pour respirer avec cette toute petite chose ?"Comme au bout d'un moment, le schéma hôtel => baignoire => téléphone => guéguerre => hôtel => baignoire, etc., ça va finir par se voir que c'est du gros remplissage éhonté de salopiaud, il faut un rebondissement. Alors, des terroristes font irruption dans leur chambre d'hôtel et nos bimbos sont faites prisonnières par le Cheik...



... les poignets seulement enroulés dans les chaines attachées au mur (comme dans
Chasseurs d'Hommes)...


... tandis que le sbire du Cheik tente de les faire parler en promenant son tigre apprivoisé sous Tranxène dans la cellule (bruité par des grognements sauvages)...

... une capture qui fera se demander à la cheftaine du commando comment les terroristes ont-ils pu les trouver. L'amateur de mauvais films ne s'y trompe pas, ça sent la trahison. L'amateur de cohérence se dit qu'à force de se promener dans l'hôtel avec leurs uniformes et leurs M16, nos bimbos ont dû finir par éveiller les soupçons et se faire repérer, mais c'est là une réflexion de spectateur inaccoutumé à la grammaire cinématographique du nanar et à sa logique parallèle. Bref, revenons à nos moutons. Comme la fin approche, il est temps de localiser l'île au milieu du lac qui est au milieu du désert et sur laquelle le fils de l'ambassadeur est gardé captif par les terroristes, à l'intérieur d'un stock-shot de forteresse médiévale européenne. Opération réalisée les doigts dans le nez à la mode James Bond Girls, avec masques de plongée, tubas, palmes, bikinis et fusils harpons. Il va sans dire que, comme lors des missions précédentes, aucune sentinelle ne voit arriver nos héroïnes alors que tout se déroule en plein jour. Il faut dire aussi que nos strip-teaseuses de choc maîtrisent à fond la tactique de la téléportation nanarde et que leur intuition féminine les guide directement à la cellule du prisonnier. Après le franc succès de la mission, nous avons droit au fameux twist final tant attendu, car comme on s'en doutait, il y a eu une trahison à Washington. Ce qu'on attendait moins en revanche, c'est le dénouement tout droit sorti d'un épisode de
Scooby-Doo.






Strike !Si le film souffre hélas de quelques gros coups de mou (parce qu'il faut bien meubler pour atteindre la durée réglementaire), il nous enchante aussi par sa bonne humeur. Nos mercenaires de choc et de charme vivent la guerre comme une récréation, passant leur temps à glousser entre copines, à sauter de joie et à chanter leur refrain militaire comme des pom-pom-girls animant le match de foot de leur collège. Tout le casting joue vraiment très mal et les interprètes ont manifestement du mal à mémoriser leur texte. L'humour est pachydermique, les dialogues sont consternants et les scènes d'action sont très bordéliques. Pour une production Cannon, le budget semble aussi étriqué que les tenues de nos donzelles. Malgré ses longueurs, ses décors minimalistes et son cachet sous-téléfilmesque,
Hell Squad demeure tout de même un beau nanar nawak et crétin qui pourra divertir les nanarophiles par son enchaînement ininterrompu d'erreurs et d'inepties.

A la mise en scène de ce
Hell Squad, on trouve les tâcherons Robert Hayes - à qui l'on doit l'assez risible
Phoenix the Warrior, post-apo ultra fauché avec les amazones Kathleen Kinmont et Persis "
Mega Force" Khambatta _ et surtout Kenneth Hartford, un personnage assez haut en couleur. Réalisateur de trois autres films (le piteux
Monstroid, ainsi qu'un
The Lucifer Complex et un
Daughter of the Sun God à la réputation tout aussi calamiteuse), Kenneth, né Kenneth Herts (qu'il changea en Hartford pour, parait-il, échapper à ses créanciers), était un escroc notoire qui s'afficha toute sa vie comme
"Academy Award winner". Et le comble, c'est qu'il gagna bel et bien un Oscar en 1961, pour un dessin animé yougoslave de 10 minutes qu'il se contenta de distribuer sur le territoire américain sans être impliqué en rien dans sa création. Un Oscar qu'il s'empressa de vendre pour un paquet de dollars. D'après le témoignage de Fred Olen Ray, il y eut des rumeurs persistantes comme quoi il y aurait eu un mystérieux incendie de garage peut-être allumé par Kenneth, lequel n'hésitait pas par ailleurs à payer des gorilles pour passer à tabac ses rivaux. Pour la promo de
Hell Squad au marché du film américain, Kenneth Hartford fit le buzz en garant un tank sur Sunset Boulevard ! Le scénario fut écrit par le légendaire Donald F. Glut, un passionné de BD et de cinéma de genre, réalisateur à ses heures (
Dinosaur Valley Girls, le diptyque
The Mummy's Kiss...), qui refusa d'écrire la fin du script lorsqu'il apprit qu'il ne serait pas payer. De ce fait, c'est Kenneth Hartford lui-même qui écrivit tout le dernier tiers et fut crédité comme scénariste.

L'actrice principale Bainbridge Scott est une habituée des rôles de
commando girl sexy, puisqu'elle jouera aussi l'une des mercenaires en petite tenue de
Mankillers de David A. Prior. On a aussi droit à un caméo royalement inutile de William Bryant, un troisième couteau de séries TV dont on se remémorera surtout le combat lunaire contre un crocodile empaillé dans le très fauché
King Dinosaur trente ans plus tôt. L'autre, hum, "guest-star" du film n'est autre que Marvin Miller dans le rôle du Cheik, dont le plus grand rôle au cinéma fut d'avoir fait la voix de Robby le Robot dans
Planète Interdite. La plupart des autres interprètes n'ont que
Hell Squad sur leur fiche IMDB. Quant au fils de l'ambassadeur, il est joué par Glen Hartford, le propre fils de Kenneth, qui connut un destin tragique. Victime d'un grave accident de moto dans sa jeunesse, qui le laissa dans le coma puis paralysé d'un bras, Glen Hartford joua dans plusieurs Z-movies (dont trois réalisés par son paternel), avant de marcher sur les traces de son père en devenant un producteur de cinéma louche, radin et paranoïaque, se faisant une spécialité d'arnaquer ses investisseurs. Lorsque le FBI fit une perquisition chez lui et le poursuivit pour fraudes et abus de confiance, Glen licencia tous ses employés et se suicida d'une balle dans la tête. Triste.
Note : 2,5/5
Cote de rareté : 4 / ExotiquePas de version française à l'horizon pour ce film, dont on peut commander en ligne un DVD zone 1 américain. La jaquette joue à fond la carte du ravalement de façade pour pouvoir vendre un produit déjà décati à sa sortie. Pas le moindre bonus et c'est en anglais uniquement. Il existe également un DVD zone 2 allemand sous le titre
Angel's Höllenkommando contenant les versions allemande et anglaise.

Images en plus :

Un général américain mate les nénés des héroïnes avec des jumelles (gag !).


Un briefing dans un musée de voitures anciennes avant la mission.

Des commando girls IN-VI-SI-BLES.


Un tank Sherman de la Seconde Guerre Mondiale grossièrement customisé en char arabe dans une clairière boisée et boueuse typiquement moyen-orientale.

Des techniques de meurtre à base de "je mets mes bras autour de ton cou et tu meurs instantanément".

Des show girls de Las Vegas qui pilotent un char littéralement au pifomètre (et ça marche comme sur des roulettes).


Un sosie de Tom Selleck dans la série "Magnum".


Un ambassadeur tellement bouleversé par l'enlèvement de son fils qu'il en perd sa moustache entre le début et le reste du film (par contre, ses cravates demeurent invariablement immondes).



Une combattante dont la chevelure change de couleur pendant une bagarre.


Une commando girl fait exploser le stock-shot du château fort médiéval des méchants grâce à un bidon d'essence qu'elle cachait sûrement dans la poche de son bikini.


Le stock-shot de château fort médiéval se transforme alors en stock-shot de bâtisse en bois (piqué à "La Chute de la Maison Usher" de Roger Corman) sous l'effet des flammes.


De sympathiques micros dans le champ.

Des performances d'acteur oscarisables.

Une petite pique de la Cannon envers l'OLP pendant le générique de fin.Affiches en plus :


Une jaquette sud-coréenne.