Un très gros merci à John Nada pour m'avoir permis de voir ce buddy movie doublement mégalo.
La rencontre au sommet de deux superstars anonymes, la réunion suprême de deux égos aussi surdimensionnés que sourcilleux quant à la place que doivent occuper leurs noms respectifs au générique et sur l'affiche, le
Borsalino du nanar !
Les scènes d'action sont toutes à mourir de rire, mais les détails les plus insignifiants en apparence peuvent aussi susciter la rigolade. Durant l'interminable dernier quart d'heure (tellement interminable et injustifié qu'il fait rire nerveusement, comme le final des films de Neil Breen), on a droit à un interlude avec les parents de TJ Myers qui apprennent par les infos que leur gendre JJ Stomp "a pris une balle pour leur fille". Le père décide de téléphoner en urgence à sa fille, mais dans la panique, n'oublie pas de terminer son verre de vin (le pinard est un rituel qui semble essentiel dans l'univers de
The Boss Man). Puis, il prend son portable, repose son verre vide sur la table, puis reprend avec précipitation son verre avant de téléphoner, des fois qu'il aurait besoin de se servir un coup avant de taper le numéro. La mère dit alors à son mari d'appeler Martin (leur chauffeur, sans doute aussi gâté que celui de Raynald La Rochelle) pour lui dire de faire chauffer le moteur de leur jet privé afin d'être prêts à décoller.
The Boss Man se déroule dans un univers peuplé d'ultra-riches et de leurs employés soit dévoués et comblés, soit jaloux et déloyaux, où la routine est de prendre son jet pour aller faire les courses.
L'univers cinématographique de JJ Stomp se rapproche un peu des films de Snoop Dog : des nanars blingbling fauchés, des séries Z quasi amateurs faites par des gens friqués. Si t'as pas une Rolex ET ton
vanity project à 50 ans, t'as raté ta vie !
Au moins peut-on concéder à nos deux Héros (avec un grand H of course) qu'ils ne cèdent pas au même travers que le premier Garrett Stewart Sayre venu. Leurs potiches énamourées et comblées ne sont pas des lycéennes passant leur bac de philo plus ou moins majeures, mais des femmes ayant plus ou moins le même âge qu'eux. Mais on peut dire que c'est un bien pour un mal, si l'expression existe, car leurs love interests sont tellement liftées et botoxées de partout qu'au moindre sourire de leur part, on sent les coutures sur le point de péter. C'est un peu pénible à contempler, il faut le reconnaître.
Par contre, je ne peux m'empêcher de rapprocher le dernier quart d'heure du final de
Honorable Men, même si le toujours primesautier JJ Stomp termine son film par une happy end, là où Garrett Stewart Sayre faisait mourir de chagrin ses deux lolitas après la mort de son personnage.
Au rayon des numéros d'acteur complètement à la ramasse, j'ai eu un faible pour les
"Mouhahaha !" réguliers du fourbe Tom (sorte de sosie approximatif et bodybuildé de Pierre Ninet), et pour le long numéro de désespoir du disciple/gérant du dojo de JJ Stomp lorsqu'il apprend que la femme du boss s'est faite kidnapper (une sorte de version nanarde de Subotai lors des funérailles de Valeria dans
Conan le Barbare; il pourrait parfaitement dire de son monolithique sensei :
"Il est JJ Stomp, un Cimmérien, il ne pleurera pas. Alors, je pleure pour lui en en faisant des caisses et en jouant très mal.").
Ca m'a donné envie de relire la chronique. Génial le
"Alerte à Mar-a-Lago" !
3/5