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 Sujet du message: The Ravager - Charles Nizet - 1970
MessagePublié: 09 Avr 2018 16:08 
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THE RAVAGER
de Charles Louis Nizet
avec Pierre Agostino, Jo Long, Lynn Hayes, Luanne Roberts
1970, Etats-Unis, 1h13, Catégorie : Slasher

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Vous aussi, venez voir le "Le ravageur" faire "son truc" !


Voilà une belle petite rareté du cinéma d'exploitation le plus underground des 70's du au talent de Charles Nizet (qui a vraiment fait trop peu de films à mon gout) réunissant son équipe (très réduite) d'acteurs fétiches dans un psycho-thriller érotico-soft. Il s'agit notons-le de l'un des tout premiers films traitant d'un vétéran du Vietnam rendu psychopathe par le syndrome de stress post-traumatique, sorti alors que le conflit faisait rage. Dans la séquence d'ouverture, filmé dans un marécage quelconque (reconnaissons qu'on a déjà vu moins crédible dans le genre "Vietnam tourné dans la campagne ricaine"), notre héros, un soldat artificier ayant perdu son escouade, se trouve nez à nez avec l'horreur absolue : il est le témoin impuissant (ou plutôt complètement passif) d'une scène parfaitement grotesque se voulant ultra-choquante dans laquelle deux Viêt-congs gras et rigolards violent une jeune femme, la fouettent à coups de ceinture en ricanant puis la font péter en lui fourrant un bâton de dynamite dans le vagin ! C'est le TRAUMA !

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A sa sortie de l'hôpital psychiatrique pour vétérans, notre psychopathe au crâne rasé se met alors à parcourir la campagne des abords de Las Vegas (c'est là qu'habitait Charles Nizet) pour assouvir sa "soif de destruction" en tuant des gens à coups de dynamite pour "purifier l'Amérique". Il s'attaque de préférence à des jeunes couples en train de copuler sur une musique toute guillerette totalement décalée ou à des jeunes femmes à poil se caressant les seins et se masturbant, en se rinçant longuement l'œil au préalable car c'est un voyeur pervers au même titre que les spectateurs de ce genre de film. Il aime violer les filles aussi. Face à cette vague de dynamitages meurtriers, la police piétine mollement et le chef de la police estime d'ailleurs que la meilleure chose à faire est d'aller se coucher (texto !). Le film va donc à deux à l'heure en proposant invariablement le schéma suivant : serial killer bricole dynamite dans sa chambre de motel glauque = serial killer part en quête victime(s) = scène de cul = meurtre = serial killer jouit en faisant des grimaces = police pédale dans la semoule. Et le métrage se conclue par une fin aussi abrupte que dans un Godfrey Ho. C'est ultra-ultra-cheap, d'un niveau tout juste professionnel et c'est complètement con avec un narrateur très professoral qui nous explique en voix-off avec force discours psychologisant pourquoi le Ravageur ressent le besoin de faire péter les gens à la dynamite. On notera au passage que ce serial killer est un peu devin puisqu'il arrive à deviner que sa victime ressentira le besoin de se baigner à tel endroit lorsqu'il cache sa dynamite au milieu d'un lac.

Bonus : Un extrait posté sur YouTube pour vous donner une idée de la chose...

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Gnéhéhéhé !

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Gnihihihi !

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Huhuhuhu !

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Niark niark !

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Plan nichons !

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Ce qui s'appelle s'envoyer en l'air...

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Le plan le plus gore du film.

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La police est surbookée par cette affaire.

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Si c'est pas une tête de maniaque, ça !


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 Sujet du message: Re: The Ravager - Charles Nizet - 1970
MessagePublié: 25 Août 2026 14:22 
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Nanarland lui doit beaucoup
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A la base c'était un simple compte-rendu sur le forum général, mais finalement c'est devenu une chronique - et elle est en ligne :

https://www.nanarland.com/chroniques/nanars-monstrueux/slasher/the-ravager.html

Bravo pour cette abnégation dans l'exploration de la filmo de Nizet !

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"Dans le monde de "Last Action Hero", j'suis à peu près persuadé que c'est Ralf Moeller qui joue dans "Un flic à la maternelle". (Plissken)


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 Sujet du message: Re: The Ravager - Charles Nizet - 1970
MessagePublié: 26 Août 2026 7:11 
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J'allais dire que c'est un étrange cas de sous-Forced Entry.... mais visiblement le Nizet, aussi ridicule puisse-il être, le devance de trois ans ! :shock:
Peut être pas si anecdotique que ça, finalement...


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 Sujet du message: Re: The Ravager - Charles Nizet - 1970
MessagePublié: 26 Août 2026 11:41 
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Nanar un jour, nanar toujours
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Merci John ! :D

Je reconnais que ma passion pour Nizet est assez perverse (mais quand même moins que ma passion pour Larry Buchanan). :)

Et en effet, malgré sa nullité, il faut reconnaitre que Nizet a été visionnaire sur ce coup-là.

En le revoyant il y a deux ans pour m'assurer qu'il était nanar, j'ai été plutôt charmé et amusé par l'ambiance du film, qui n'est pas sans rappeler Dracula, Ce Vieux Cochon par certains aspects (le doublage parodique en moins). Voodoo Heartbeat est dans la même veine.

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 Sujet du message: Re: The Ravager - Charles Nizet - 1970
MessagePublié: 26 Août 2026 15:14 
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Nanardeur + que respectable
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Je ne suis de loin pas un spécialiste du film de soldat qui tourne carafe après le VietNam, mais d'emblée, je ne vois guère que le Motor Psycho de Russ Meyer le précéder...et encore, dans une scène presque anecdotique. :ninja:


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 Sujet du message: Re: The Ravager - Charles Nizet - 1970
MessagePublié: 26 Août 2026 17:44 
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Maîtres es Nanar
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Inscrit le: 14 Juin 2022 20:22
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intéressant de ressusciter ce sujet maintenant que les USA sont à nouveau entrés dans une guerre absurde et inutile.

Sans affirmer connaitre ou comprendre toutes les nuances de la Guerre du Vietnam (je pense que notre camarade Tillman pourrait m'en apprendre des vertes et des pas mûres), je me suis récemment plongé dans le sujet et c'est dingue à quel point les USA n'avaient véritablement aucun réel intérêt à entrer dans tel un conflit, si ce n'était l'idée fixe de l'effet Domino. Le niveau de dénis, de mensonges à tous les niveaux, depuis les trouffions jusqu'au président LBJ et ses ministres, Macnamara et son "kill count", c'est non seulement de la boucherie, mais d'un absurde consommé. Et avec tout ça, l'accueil des vétérans de retour au pays fut plus que glacial, assez légitimement il faut le dire, même si la vindicte est condamnable dans tous les partis.

Et ça éclaire d'un jour nouveau tous les nanars post-Rambo. Au-delà de l'opportunisme bien naturel du bis cheapos à suriner tous les genres et sous-genres qui marchent, l'Amérique avait un immense besoin de crever l'abcès, d'exorciser le mal, qu'il fut donné ou reçu, de se rassurer sur la toute-puissance de l'Amérique (le président LBJ n'exhibait-il pas son membre apparemment conséquent lorsqu'on lui demandait pourquoi il continuait la guerre ?), et de tenter tant bien que mal d'opérer la Catharsis tant souhaitée.

A se demander de ce qu'il en sera pour les conflits actuels. Inspireront-ils aussi des nanars expiatoires ? Ou seulement d'horripilants brulots ?

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"si les nuages portaient des jupes, tu présenterais la météo !"
- Terror of Mecha-Godzilla


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 Sujet du message: Re: The Ravager - Charles Nizet - 1970
MessagePublié: 26 Août 2026 19:39 
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Nanar un jour, nanar toujours
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Inscrit le: 24 Déc 2011 20:36
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Merci pour ton retour passionnant, Red Dear. :)

Toutes les guerres, même les plus sales, ont donné des nanars. La Shoah et les expériences de Mengele et ses collègues ont inspiré le débilissime Holocauste Nazi : Armes Secrètes du IIIème Reich et le turbo-ringard L'Ange de la Mort d'Eurociné. J'ai donc bon espoir que les guerres actuelles, avec leurs cortèges d'atrocités et d'innocents sacrifiés, se trouvent exorcisées à l'avenir par des tâcherons opportunistes capables de rendre drôles des choses qui sont déprimantes dans la réalité.

Nul doute que la guerre en Iran donnera du "America, fuck yeah !" à la pelle. :rigole:

Cependant, je doute qu'un conflit parvienne à battre la guerre du Viêt-Nam en nombres de nanars.

The Ravager est peut-être le premier film américain à exploiter la guerre sous l'angle du trauma post-Viêt-Nam. Auparavant, Hollywood avait déjà produit quelques films, mais c'était plutôt des brûlots bien nuls, dont le plus célèbre est évidemment Les Bérets Verts. On peut aussi citer le très cheap To the Shores of Hell (sorti en France sous le titre L'Enfer du Vietnam), réalisé par Will Zens, producteur de Help Me... I'm Possessed! et monteur de Rescue Force, deux autres nanars de Charles Nizet (tout est lié, décidément !). Des films ouvertement pro-interventionnistes, tournés au début du conflit, pour dire aux spectateurs que l'Oncle Sam avait besoin d'eux pour aller trucider du coco la fleur au fusil, en utilisant les bonnes vieilles ficelles des films de propagande anti-Jap produits en masse pendant la Seconde Guerre mondiale et des films au discours Maccarthyste produits pendant la guerre de Corée. Mais ce coup-ci, la sauce n'a pas pris, Lyndon B. Johnson puis Nixon ayant échoué à censurer la couverture médiatique. Ces films kitschs, caricaturaux et manichéens étaient trop décalés par rapport à la réalité dont le public avait pour la première fois connaissance.

Après cette première salve de Namsploitation 60's, il y eut quelques autres films tout aussi cheapos mais nettement moins va-t-en guerre dans les 70's, comme Les Machines du Diable et ses bikers hippies manipulés par les politicards de Washington pour aller casser du coco avec leurs motos bioniques de post-apo avant l'heure. Mais dans les années 70, le Viêt-Nam était très peu bankable à Hollywood, donnant mauvaise conscience au public ricain, et la plupart des films mettant en scène des vétérans étaient plutôt des polars, où le Viêt-Nam restait une toile de fond traumatique, se limitant à quelques flashbacks. Il a fallu attendre la présidence Carter pour qu'Hollywood exploite vraiment le sujet.

Et globalement, la plupart des films américains produits après la guerre, même les plus belliqueux et reaganiens, ont représenté le conflit comme un trauma. Dans un film aussi con et revanchard que Rambo 2, Trautmann précise bien que ce que l'Amérique a fait au Viêt-Nam était "moche" et était "un mensonge". Il n'y a guère que Chuck et la Cannon qui osaient encore montrer la guerre elle-même comme une sainte croisade entre les gentils Yankees et les méchants Viet' dans la saga Portés Disparus. Et bien sûr, bon nombres d'ersatz philippins et italiens opportunistes allaient encore plus loin dans le révisionnisme que leurs modèles américains. La Théorie des Dominos y donnaient des dialogues démentiels comme "Si nous n'y prenons pas garde, Washington sera bientôt la grande banlieue de Moscou !" et le héros colonialiste y enseignait aux petits Vietnamiens que "le popcorn et les bombons poussent sur les arbres" au pays de l'Oncle Sam. :-D

Bien loin de toutes ces odes béates et bourrines à l'impérialisme yankee, The Ravager se veut un film sombre qui montre au contraire le vétéran comme une menace, transformé en bête fauve incontrôlable à son retour au pays. C'est dans son exécution que le projet sombre dans le ridicule. Charles Nizet ne sait décidément pas faire un film sérieux, même sur un sujet glauque, il ne peut pas s'empêcher de verser dans le nanar.

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 Sujet du message: Re: The Ravager - Charles Nizet - 1970
MessagePublié: 30 Août 2026 11:31 
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Localisation: Dans mon caleçon, voyons
En lisant ta chronique, j'ai déjà honte d'avoir estimé que "Johnny got his gun" était un chef d'oeuvre.
Dès que j'en aurai l'occasion je réparerai ce non-sens en regardant ce vrai pamphlet contre la guerre.

D'ailleurs, il est disponible sur youtube, dans une copie tout à fait digne de tes captures d'écran :
https://www.youtube.com/watch?v=9sm3eJK3O54

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Quand il n'y a plus de glace au dessert, les morts reviennent sur terre.


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 Sujet du message: Re: The Ravager - Charles Nizet - 1970
MessagePublié: 31 Août 2026 9:09 
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Nanar un jour, nanar toujours
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Inscrit le: 24 Déc 2011 20:36
Messages: 3482
Localisation: Quelque part entre les bornes et les limites
Nanar Laquais a écrit:
En lisant ta chronique, j'ai déjà honte d'avoir estimé que "Johnny got his gun" était un chef d'oeuvre.
Dès que j'en aurai l'occasion je réparerai ce non-sens en regardant ce vrai pamphlet contre la guerre.

D'ailleurs, il est disponible sur youtube, dans une copie tout à fait digne de tes captures d'écran :
https://www.youtube.com/watch?v=9sm3eJK3O54

Merci pour le lien, Nanar Laquais ! Et en plus, c'est légal, car tous les films de Charles Nizet semblent être dans le domaine public (d'après mes recherches en tout cas). :wink:

J'ai en projet de sous-titrer The Ravager et Rescue Force, et j'ai par ailleurs posté Help Me... I'm Possessed! et Escadron de la Mort sur Odysee. :ninja:

En ce qui concerne le film, ça reste du 1,5/5, donc n'aie pas trop d'attentes. :wink:


Edit : revu le film ce midi en déjeunant (grâce au rip que m'avait très gentiment envoyé John Nada et dont l'image est très légèrement plus propre que la source dont sont extraites les caps de ma chro). La fin me fait toujours marrer par son caractère abrupt. Ca ne révolutionne pas le mauvais cinéma sympathique, mais c'est assez hypnotique. Les amateurs de remplissage racoleur, de jump-cut et d'ombres du caméraman devraient aimer. :-D

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