MrKlaus a écrit:
C'est nanar certes, mais putain j'ai rarement vu un film d'action aussi efficace...
Après l'avoir revu, j'ai énormément hésité entre lui mettre la moyenne ou la note Bon Film.
Je fais aussi partie de ceux qui le trouvent bien meilleur que le 1 : beaucoup plus rythmé, moins décousu, moins ringard, moins loufoque, plus clair dans ses enjeux, plus maîtrisé, et Henry Silva est génial et joue son rôle total premier degré là où Vic Morrow cabotinait comme une bête avec un personnage identique (Silva a d'ailleurs récupéré son costume et sa casquette des Village People). Même l'épure absolue du récit renforce quelque part sa noirceur nihiliste.
Mais c'est vrai que les mannequins en mousse, les maquettes en carton et les véhicules jouets explosés au ralenti d'une seule balle de pompeux sont hilarants, de même que le doublage français, entre l'accent hispanisant caricatural d'Antonio Sabato, et des dialogues à mourir de rire comme cet échange montré dans les Cuts Nanarland entre le post-pubère Mark Gregory doublé encore une fois par la voix de bourrin d'Alain Dorval (superbe décalage !) et Giancarlo Prete :
_ "Tu devrais te battre plutôt que de rester ici terré comme un rat à te masturber."
_ "Tu oublies que j'aime me masturber."
On notera aussi que c'est un nanar d'action ultra bourrin... de gauche, dont le pitch (tenant lieu de script) rappelle des trucs, parlant d'un gouvernement fasciste et d'entrepreneurs immobiliers cyniques et sans scrupules qui organisent le blocus total d'une cité en ruines, avec tout un réseau de tunnels sous la ville, et envoient une armée expulser ou massacrer les crève-la-faim qui y habitent, éliminant au passage les journalistes trop curieux, tout ça pour construire une riviera pour ultra riches à la place... Un film d'anticipation visionnaire quelque part.
En tout cas, Enzo G. Castellari confirme ici qu'il est un des rares émules de Sam Peckinpah à avoir parfaitement assimilé et maîtrisé le style de mise en scène du cinéaste américain. Les scènes d'action sont un modèle ultime à étudier pour tout apprenti réalisateur, loin du maniérisme ridicule de certains films de John Woo (
Mission : Impossible 2, Windtalkers...). Il faut dire que même dans un film aussi nanar que
Sinbad, ses ralentis étaient classe.
A noter que dans sa conversation très intéressante avec le producteur Fabrizio De Angelis (présente en bonus du blu-ray de Pulse Vidéo), le maestro était beaucoup moins péjoratif sur ces
Guerriers du Bronx 2 que dans son interview pour Nanarland. Les deux compères semblent garder un excellent souvenir de leurs tournages dans le Bronx, bien accueillis par la population et les gangs locaux, malgré quelques vols de matériel qui ont cessé après que le chef d'un important gang de motards ait joué un petit rôle dans le premier film.