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| Bio Edmund Purdom : Acteur nanar déchu https://forum.nanarland.com/viewtopic.php?f=17&t=1597 |
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| Auteur: | Nikita [ 29 Mars 2004 10:05 ] |
| Sujet du message: | Bio Edmund Purdom : Acteur nanar déchu |
Edit folet Edmund Purdom @ (Nikita) Le britannique Edmund Purdom fait partie de ces comédiens dont le nom revient avec une régularité de métronome au générique des séries B et Z des années 60 à 80, sans que le public puisse toujours identifier leurs parcours ni même parfois leurs visages. Celui de Purdom mérite cependant d’être connu car notre homme manqua d’assez peu l’accession au rang de vedette hollywoodienne, avant de sombrer dans le cinéma bis le plus vaseux. De Michael Curtiz à Joe D’Amato, il y a du chemin, que nous allons nous efforcer de retracer.
Edmund Purdom est né le 19 décembre 1924, à Welwyn Garden City, Grande-Bretagne. Fils d’un critique de théâtre, il commence sa carrière de comédien en 1945 et travaille notamment dans la troupe de Laurence Olivier. Cela lui vaut d’apparaître sur scène à Broadway en 1951, et de commencer une carrière américaine. Ce beau brun ténébreux, à la voix suave et profonde, se fait assez rapidement remarquer au cinéma en tenant des petits rôles dans des films de prestige comme «Jules César» de Joseph Mankiewicz. Sa première grande chance va arriver en 1954 avec la comédie musicale «Le Prince étudiant». Cette opérette est censée mettre en vedette le chanteur Mario Lanza, très en vogue à l’époque. Mais, alors qu’il vient d’enregistrer les chansons du film, Lanza tombe malade et ne peut plus tourner. Edmund Purdom est alors embauché pour tenir le rôle principal du film, et chanter en play-back les chansons interprétées par Lanza : il se tire bien de cet emploi acrobatique et est désormais considéré par la MGM comme l'un des acteurs les plus prometteurs de son écurie.
Mais, la même année, la deuxième grande occasion de Purdom, celle qui aurait pu faire de lui une vedette à part entière, va se révéler un cadeau empoisonné. Marlon Brando renonce à la dernière minute à tenir le rôle principal du péplum «L’Egyptien», réalisé par le vétéran Michael Curtiz. Edmund Purdom est engagé en catastrophe pour le remplacer, ce qui, après l'épisode du «Prince étudiant», lui vaudra la réputation peu enviable de «l’acteur qu’on appelle faute de mieux quand la vedette n’est pas disponible ». Dans cette super-production éléphantesque, destinée notamment à mettre en valeur Bella Darvi, maîtresse du producteur Darryl Zanuck, notre homme est noyé au milieu d’un casting de stars (Victor Mature, Gene Tierney) et d’acteurs confirmés (Michael Wilding, Peter Ustinov). Purdom est de surcroît handicapé par un scénario languissant et par son personnage d’anti-héros mou et passif.
L’interprétation d’Edmund Purdom dans «L’Egyptien» est hélas inégale : son côté un peu monolithique, du fait de l’écriture du rôle, le fait parfois paraître inexpressif. Il se montre plus à l’aise dans les scènes dramatiques, où sa voix de velours fait merveille. Mais si Purdom, de par sa formation théâtrale d’acteur classique, a le charisme pour faire un bon second rôle, il ne peut pas forcément porter un film sur ses épaules. Quelque peu étiqueté acteur de péplum, notre homme participe ensuite au «Fils prodigue», avec Lana Turner, considéré comme l’un des plus gros flops du genre.
Edmund Purdom commence à être rangé dans la catégorie peu enviable des «ex-futures vedettes. » Voyant sa carrière battre de l’aile, il va dès la fin des années 50 se tourner vers l’Italie, où de nombreux acteurs hollywoodiens de second plan (Cameron Mitchell, Brett Halsey…) voient l’occasion d’accéder aux premiers rôles ou de s’y maintenir. La présence au générique de visages et de noms plus ou moins connus outre-atlantique contribue à l'exportation de ces films, et assure alors en Europe la domination du cinéma de divertissement italien. Purdom devient alors l’un des visages les plus connus du cinéma populaire italien : d’abord orienté tout naturellement vers le péplum, il joue le rôle d’Hérode, despote de Judée, dans «Le Roi cruel». Mais il va également s’illustrer dans le film d’aventures historiques qui fait fureur entre la fin des années 50 et le début des années 60.
Son côté ténébreux lui vaut assez souvent de jouer les rôles de traîtres dans ces heures glorieuses des cinémas de quartier. Contrairement à la plupart des acteurs anglo-saxons alors exilés à Rome, Edmund Purdom va se fixer définitivement en Italie, qui abritera désormais 80% de sa filmographie. Son mariage avec Linda Christian, ex-épouse d’Erroll Flynn, en fera pour un temps, et bien malgré lui, une vedette de la presse people.
Mais la nouvelle vogue des westerns spaghettis ne permet pas à Purdom de conserver ses galons de vedette du cinéma populaire, son physique romantique ne s’adaptant pas vraiment au genre. En quelques années, sa carrière va décliner. Edmund Purdom, de manière encore plus brutale et rapide que, plus tard, Richard Harrison, va se mettre à tourner à peu près n’importe quoi, jusqu’à sombrer dans les tréfonds du Z.
Dès les années 70, la présence de son nom au générique est devenue synonyme de ringardise, au point que son apparition en Président des USA dans «2019 après la chute de New York» fera presque figure de crème de sa filmographie. On le voit notamment dans «Le Château de l’horreur» (Terror, il castello delle donne maledette / Frankenstein’s castle of freaks), classique du film d’horreur nul, qui fit s’écrouler de rire le marché du film de Cannes en 1974 et vante pour casting un véritable bestiaire de star déchues (Rossano Brazzi, Michael Dunn) et de vedettes du Z (Gordon Mitchell, Salvatore Baccaro, Luciano Pigozzi…).
Toujours bel homme, mais le visage morne et le regard désabusé, Edmund Purdom joue les guest-stars dans quantité de sous-produits de plus en plus médiocres, où il gaspille un talent qui semble s’être envolé en même temps que sa jeunesse. Il semble mener sa carrière sans grand enthousiasme : ainsi, il déclarait ne plus se souvenir de l'identité du réalisateur du "Chateau de l'horreur", film dont il n'avait même pas vu les rushes!
Il travaille ainsi pour des maîtres du navet et du nanar comme Jesus Franco («Capitaine de quinze ans»), Juan Piquer Simon («Le sadique à la tronçonneuse») ou Joe D’Amato ( l’heroic-fantasy «Ator», «Horrible» où il joue un curé chasseur de serial-killers…) et, occasionnellement, joue les seconds rôles dans des productions plus riches comme la mini-série «Winds of war», avec Robert Mitchum.
Mais la vraie place de Purdom est désormais dans le bis, comme en atteste notamment sa présence dans le «2019 » de Sergio Martino ou dans «Fracchia contro Dracula », parodie italienne de films de vampires où il interprète le Comte.
Purdom va également s’essayer à la mise en scène, mais sans beaucoup de bonheur : en 1984, de retour pour l’occasion dans son Angleterre natale, il réalise et interprète le rôle principal de «Don’t open till Christmas », un thriller horrifique à petit budget. L’expérience n’est pas concluante : Purdom se voit retirer la mise en scène par le producteur avant la fin du tournage, et le film se traîne une réputation de navet sinistre.
Actif jusqu’à la fin des années 80, Purdom ralentit avec la fin du bis italien son rythme de tournage, à l’exception de quelques participations à des séries télé italiennes. Si le déclin constant de sa filmographie peut constituer un spectacle assez triste, surtout considérant les hauteurs que notre homme a cotôyées, la clé en est peut-être dans une certaine distance ironique vis-à-vis de son métier : «On approche la dépression nerveuse quand on se met à croire que son travail est très important», déclarait-il ainsi. «Il est meilleur acteur qu'il ne le croit», commentait quant à lui Juan Piquer Simon.
Plusieurs témoignages décrivent Edmund Purdom comme un esthète, poète et violoniste à ses heures, amoureux de l’Italie au point de se considérer comme italien à part entière, et finalement plus intéressé par une certaine dolce vita romaine que par la gestion d’une carrière qu’il savait sabordée. Vivre au soleil transalpin dans la plus belle ville du monde, en tournant distraitement des nanars, c’est peut-être ça le secret du bonheur ? Nikita 1953 Titanic Jules César 1954 Le Prince étudiant L’Egyptien Athéna 1955 Le Fils Prodigue 1956 The King’s thief 1957 Sword of freedom 1958 Guet-apens à Tanger Le Roi Cruel 1959 Les Cosaques 1960 Salammbô Moment of danger La Furie des barbares Les Nuits de Raspoutine Das Grosse Wunschkonzert 1961 Le Dernier des vikings Soliman le conquérant Néfertiti, Reine du Nil 1962 Les Révoltées de l’Albatros 1963 La Fayette The Comedy man 1964 Der Letzte Ritt Nach Santa Cruz The Yellow Rolls-Royce The Beauty Jungle 1965 Los Cuatreros L’Assaut du Fort texan 1966 L’Homme qui rit 1968 Le Justicier du sud Scusi, lei conosce il sesso ? Etsi gennithike mia megale agapi Crisantemi per un branco di carogne 1971 Giornata nera per l’ariete Le Corsaire Noir 1972 L’Amante del demonio 1973 L’Onorata Famiglia Los Ojos siniestros del Doctor Orloff Dagli archivi della polizia criminale 1974 Le Château de l’horreur/ Le Château de Frankenstein Un Capitaine de Quinze ans 1975 Les Suspects Povero Cristo Emilie l’enfant des ténèbres 1976 A Matter of time I Padroni della città Il Colpaccio 1979 SOS Concorde Les Contrebandiers de Santa Lucia 1980 Sophia Loren : her own story L’Altra donna 1981 Lo Scoiattolo 1982 Horror Safari / Invaders of the lost gold Horrible / Absurd / Anthropophagous 2 Amok 1983 The Scarlet and the black Winds of war Le Sadique à la tronçonneuse 2019 après la chute de New York Le Sadique à la tronçonneuse Champagne in Paradiso Ator 1984 Don’t open ‘till Christmas 1985 The Assisi underground Fracchia contro Dracula Killers contro killers 1987 Funny boy Appuntamento a Trieste 1988 Don Bosco 1989 Diritto di vivere 1990 L'Abîme 1992 Un Orso chiamato Arturo 1996 Il Barone 2000 I Cavalieri che fecero l’impresa 2001 The Seventh scroll Titanic : the animated movie |
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| Auteur: | le rôdeur [ 29 Mars 2004 12:23 ] |
| Sujet du message: | |
Ouh ! ça c'est du pointu ! tellement que je n'avais jamais retenu son nom. alors que mince, quand même ! Le sadique à la tronçonneuse le plus plat du cinéma Z ! je ne vois guère que Bo Svenson pour lui ravir la vedette de la star qu'on ne remarque jamais. pour Nikita (une fois de plus mais ça n'est jamais de trop !)
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| Auteur: | Nikita [ 29 Mars 2004 12:56 ] |
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Oui, à force de remarquer son nom au générique de divers films aussi ringards les uns que les autres, j'ai eu envie d'en savoir plus sur le gars, au point que je suis même allé voir "L'égyptien" à la cinémathèque! Je crois que sa filmo représente l'un des gadins les plus impressionnants du cinéma, si l'on considère d'où il est parti et où il est arrivé. C'était un acteur pas forcément mauvais, mais c'est vrai qu'à partir du moment où il n'a plus fait que du bis, il tirait une tronche "mais qu'est-ce que je fous là?" digne de Christopher Mitchum! (en un peu moins flasque et avec un peu plus de présence, quand même) On m'a dit qu'il était le père de Lilian Purdom, journaliste à TF1, mais j'ignore si c'est vrai. |
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| Auteur: | Nikita [ 29 Mars 2004 20:13 ] |
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[Mode "Voici" on] Au fait, à propos de "L'Egyptien", j'ai écrit qu'il devait notamment mettre en vedette la maîtresse de Darryl Zanuck, l'actrice franco-polonaise Bella Darvi.
Or, le pseudo de cette dernière dérivait du fait qu'elle couchait à la fois avec Darryl Zanuck et avec sa femme Virginia ! [Mode "Voici" off] |
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| Auteur: | Karate Ninja [ 29 Mars 2004 21:20 ] |
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Nikita a écrit: On m'a dit qu'il était le père de Lilian Purdom, journaliste à TF1, mais j'ignore si c'est vrai.
Je pensais bien que ce nom me disait quelque chose ! |
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| Auteur: | John Nada [ 02 Avr 2004 18:24 ] |
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Je l’ai vu dans au moins 3 films apparemment (Ator, Horrible et 2019) mais l’acteur ne me dit rien. En tout cas, au vu de ce que tu en racontes Nikita, je ne vois pas personne qui puisse illustrer la catégorie « Acteur nanar déchu » mieux que lui ! Encore un bel exemple qui nous montre que le cinéma est un domaine où, à côté des cérémonies paillettes pleines de stars confites dans l’auto-célébration la plus ridicule, certains ont tôt fait de se casser la figure et de sombrer dans l’oubli, talent ou non ! Je sais pas si c’est juste parce qu’on en parle moins mais je préfère carrément cet aspect un peu obscur, ou disons « pas grand public », du cinéma que les éternels atermoiements et jacasseries répétitives qu’une presse people peut consacrer à un Tom Cruise ou une Sharon Stone par exemple. Peut-être une sorte d’empathie naturelle pour les losers et les paumés « timburtoniens » qui apparaissent toujours plus sympathiques que les stars arrogantes pleine d’auto-suffisance. Bref, j’ai bien aimé ta bio Nikita ! |
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