It Came From HollywoodAnnée: 1982
Durée: 1h19
Pays: Etats-Unis
Catégorie: Au delà du nanar
Genre: Hommage du troisième type / Menu Best Of.
Realisateurs : Andrew Solt, Malcolm Leo.
Avec: Dan Aykroyd, John Candy, Cheech Marin,Tommy Chong, Gilda Radner… mais aussi Ed Wood, Bela Lugosi, Jim Kelly… .
La nostalgie est un sentiment fabuleux. Elle fait revivre à l’humain les meilleurs moments de sa vie avec cette petite larme au coin de l’œil. Loin de la carapace bourrue, le cœur de midinette se réveille alors. Le nanardeur étant un homme comme un autre, il aime aussi se remémorer ses premières découvertes, le temps joyeux où il découvrait avec un regard neuf le monde magique du sympathiquement mauvais. Pourquoi une introduction si empreint de pathos ? Parce que le métrage qui nous intéresse aujourd’hui joue pleinement la carte du souvenir et qu’en plus, il s’agit de la première rencontre de votre humble chroniqueur avec tout ce cinéma déviant, bien des années avant ses premiers pas sur ce site.

Mais plus qu'une œuvre involontairement drôle par ses défauts, "It came from Hollywood" est avant tout une succession d'extraits entrecoupés de sketchs. Dans l'esprit, on pourrait comparer ce concept à l'émission "Mystery Science Theater 3000". Si les deux œuvres partagent un goût pour la plaisanterie, via des commentaires verbaux durant la projection, « It Came… » a pour mérite d’être moins arrogant dans son approche et de ne pas proposer un film dans son intégralité. L’intervention des voix off se veut dès lors plus légitime, celles-ci faisant le lien entre les extraits et empêchant l’ensemble de ne virer qu’à une succession de séquences sans aucune continuité. Un moyen comme un autre de rendre le tout plus digeste. Il en va de même pour les saynètes mettant en vedette Dan Aykroyd et ses compères, lesquelles introduisent les montages classés en plusieurs catégories. Bien sûr, on peut toujours pester contre l'humour pas toujours finaud ou se dire qu'on aurait volontiers échangé quelques uns de ces passages contre un peu plus d'extraits. Mais dans le fond, si le film n'avait été qu'une succession de scènes sans aucun rapport, il n'aurait probablement pas eu le même impact.


Dan Aykroyd et John Candy sont parmi les guides de ce musée de l’étrange.


Vous pouvez rire, c’est déjà moins humiliant que tourner dans « Crossroads ».
Mais attaquons nous à ces fameux morceaux de pellicules. D'entrée de jeu, l'honnêteté m'impose de reconnaître que les films présentés explorent toute une branche du cinéma d’exploitation, et ne sont pas tous à ranger parmi les nanars. On peut d’ailleurs pardonner aisément ce manque de minutie, le film n’ayant pas été fait que pour les visiteurs de Nanarland, mais aussi pour tout les amoureux des bisseries d’autrefois et curiosités des drive-in. De « Reefer Madness » à « l’étrange créature du lac noir », ce grand zapping balaye des registres aussi larges que la comédie musicale ou les films de monstres sans oublier la drugsploitation. Le but avoué étant d’étaler un échantillon de ce que le cinéma a pu produire de plus surprenant, désuet ou complètement allumé. De ce fait, la folie plus ou moins douce et le charme suranné présents dans ces extraits donnent une bonne idée de l'esprit qui habite l'ensemble des oeuvres sélectionnées, même si certains passages ont l'air d'être beaucoup moins sujet à la critique. Quoiqu'il en soit, le tout devrait vous donner l’envie de voir ces quelques pépites, quand bien même leurs drôleries ne reposeraient que sur des scènes soigneusement choisies. L’une des vocations du film est d’amener le spectateur à ouvrir ses horizons cinématographiques, et il y parvient sans peine.


Extraterrestre en gants Mapa, Gorille rongé aux mites… pas de doute, le bestiaire d"It came from Hollywood" ne décevra pas les fans.

Parmi les curiosités, « The hypnotic eye » se voulait original en invitant l’auditoire à prendre part à l’action… .

… mais bon, si c’est juste pour nous demander de mouliner des bras devant nos écrans, autant mater un film de ninjas, ça marche tout aussi bien.

Contrairement à son héros, les effets spéciaux de «The Incredible Shrinking Man » sont à la hauteur.
Cependant, ce qui nous intéresse en premier lieu ça reste le bizarre. C'est donc ici la crème, la mousse à cappuccino du cinéma ringard qui va nous être proposée. Sans toujours chercher la rareté oubliée de tous, "It came…" se concentre sur les grands chef-d'œuvres du cinéma alternatif, offrant à nos yeux un pot-pourri assez délectable. Du dindon géant de "The Giant Claw " en passant par "L’invasion martienne" ou « Frankenstein meets the Space Monster », certaines bêtises parmi les plus mémorables du septième art se retrouvent ici avec un but avoué, nous faire découvrir ou redécouvrir ces classiques qui, mine de rien, posaient les bases du nanar tel qu'on l'entend aujourd'hui. En fait, regarder ce film c'est un peu comme consulter un vieil album photo et se souvenir d'instants rares face à certaines trombines. Au détail près que pour l'occasion, ce n'est pas Tata Susanne que l'on verrait mais plutôt Ro-Man de "Robot Monster". Même si certains films sont connus, d’autres le sont un peu moins, tant et si bien que l’amateur de découvertes pourra aussi en avoir pour son argent. Cette bonne nouvelle pointe toutefois du doigt une autre petite lacune, lorsque découvrant un extrait fort alléchant on se demandera d’où il est issue sans que la réponse nous soit toujours donnée. Un peu rageant, même si les crédits du générique final, nommant un par un tout les films présentés, compensent un peu cette faute de goût.

Dites donc, on ne se serait pas déjà vu quelque part ?
A part ça, comment faire un film sur les perles du cinéma underground sans évoquer le génial Ed Wood ? Là encore, les admirateurs du plus mauvais réalisateur de tout les temps seront ravis de revoir quelques petits bouts de ses plus grands chef-d'œuvres dans une partie qui lui est entièrement dédiée. Preuve de la place spéciale qu’occupe ce cinéaste. Evidemment, la part belle est faite à "Plan Nine From Outer Space" pièce maîtresse de sa filmographie. Mais l’on retrouvera aussi avec joie quelques scènes de "Glen ou Glenda" et « La fiancée du monstre ». En conséquence, si les anecdotes ponctuant ces segments, comme l’évocation du remplacement de Bela Lugosi par un chiropracteur, sont connus pour ceux qui baignent dans le milieu du cinéma barré, ou qui ont vu le biopic romancé de Tim Burton, c'est tout de même avec un grand bonheur que l'on réentend ces commentaires, le simple fait d'imaginer qu'un homme ait pu utiliser ce genre de stratagèmes laissant toujours rêveur.

Voilà du vrai cinoche ! Prenez en de la graine, vous les ronds de cuir !
Si la grande majorité des films date des années 30 à 50, d'autres sont plus récents. On retrouvera donc Jim Kelly au détour d’un extrait de « Black Belt Jones », les tomates mutantes d’"Attack of the killer tomatoes" ou bien même le singe géant de « A*P*E », autant d'invités qui viennent grossir les rangs d’une distribution déjà prestigieuse. Un autre signe que le film ratisse large mais ne perd jamais de vue sa vocation à nous montrer ce que le cinéma a produit de plus saugrenue. Outre la diversité des époques, le film montre aussi son ouverture en s’intéressant à quelques œuvres ne venant pas de chez l’oncle Sam, notamment les kaiju. C’est ainsi qu’on sera heureux de revoir l’ami Godzi et son rejeton dans « Le fils de Godzilla » ou encore « Itoka, le monstre des galaxies ». On peut déplorer que cette exploration n’ait pas été plus loin en abordant les cinémas de pays plus exotiques, mais comme le film aurait tout aussi bien pu être totalement sectaire en ne se limitant qu’à Hollywood, on saluera l’initiative.

Si ça c'est pas du casting quatre étoiles… .
En définitive, "It came from Hollywood" est tout de même imparfait. Sans son montage à l’emporte-pièce, mais il fallait au moins ça pour caser près de cent films en moins d'une heure trente, il est évident que le plaisir ressenti n'en aurait été que plus grand. Par ailleurs, on peut aussi regretter cette propension à mélanger autant les genres. Un classement plus rigoureux lui aurait sans doute fait gagner en crédibilité, là où le film se résume parfois à un échantillon succinct du Bis. Pourtant, se serait vraiment dommage de passer à côté d'un sympathique hommage au cinéma d'époque et par extension à ces bizarreries qui sont à l’origine de tant de vocations. On finit alors par être indulgent devant ces menus défauts, tout comme devant les sketchs de nos humoristes, même si certains sont d’une nullité terrassante.
En ce sens, ne boudons pas notre plaisir de voir ces effets spéciaux hors d’age, explosions de maquettes et autres joyeusetés. Ils devraient donner l’envie aux néophytes de découvrir le cinéma d’antan et aux autres, de se replonger avec joie dans les souvenirs de vieux classiques. Et ma foi, n’était ce pas là l’objectif recherché ?
Wolfwood
Note : B.F.
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Cote de rareté
4/Exotique
Jamais distribué dans nos contrées, "It came from Hollywood" a tout de même fait l'objet d'une diffusion française sur Paris Première en VOST il y a de cela maintenant plusieurs années. Malheureusement, à l'heure où certains films sont diffusés en boucle, il ne semble pas que le métrage qui nous intéresse ait connu un tel honneur et on peut compter ses programmations sur les doigts d'une main.
En revanche, si vous avez un cousin en Amérique, vous pourrez toujours lui demander de vous envoyer le DVD de chez Paramount, en zone 1 cela va sans dire, ou la VHS du même éditeur.
