Forum Nanarland.com
https://forum.nanarland.com/

Les Garçons de Course a.k.a. Breakdance Party
https://forum.nanarland.com/viewtopic.php?f=17&t=3553
Page 1 sur 1

Auteur:  John Nada [ 21 Sep 2004 16:47 ]
Sujet du message:  Les Garçons de Course a.k.a. Breakdance Party

Les Garçons de Course a.k.a. Breakdance Party (Delivery Boys) :

USA. 1984. 91 mn. De Ken Handler, avec Mario Van Peebles, Charlie “Rock” Jimenez, Joss Marcano, Nelson Vasquez, Tom Sierchio, Yayo Gonzáles, Jim Soriero, Richie Pineiro…

Le genre : coolos ! (catégorie : musical et sportif)

Image

Image

Pour celles et ceux qui se demanderaient où cet éditeur français est allé pêcher un titre alternatif pareil :

Image
Paye ton opportunisme !!!

Ouah les copains j’viens d’voir un film complètement COOLOS !! Oui oui, complètement COOLOS !! Comment ça, tu comprends pas ce que ça veut dire « COOLOS » ?!? Mais enfin t’es complètement ringu’, tous les vrais jeunes y savent c’que ça veut dire « COOLOS », ça veut dire « super cool », quoi ! Tu dis ? Aujourd’hui il vaut mieux dire que c’est « trop bon » ou que c’est « d’la balle » ? Ah bon… Mince, ça m’apprendra aussi à mater que des teenage movies 80’s pendant une semaine. Tant pis, le nerd qui est en moi me supplie de ne pas grandir parce qu’il pressent bien que les années 90 seront hostiles, sans parler de la fin du monde qui aura lieu à l’aube de l’an 2000, si si. Mais en attendant que le chômage et le sida nous tombent sur la gueule, on peut continuer à s’éclater en toute insouciance parce que la vie dans les années 80 c’est COOLOS !

ImageImage
ImageImage
No Sleep Till Brooklyn

ImageImage
ImageImage
Ouah ! Trop coolos comme ambiance, les mecs !!

Oui bon, rassurez-vous je ne suis pas vraiment schizophrène, non, tout ça c’était juste pour vous resituer le contexte dans le cortex, un contexte très coolos donc puisque nous sommes en 1984 et que la Cannon du flamboyant duo Golan & Globus est en pleine exploitation du phénomène rap / breakdance, un truc qui marche fort auprès des jeunes (House Rap, Breaking Street 1 et Breaking Street 2 : Electric Boogaloo que je vous promet pour bientôt). Très coolos au niveau du tiroir caisse, tout ça. Favorablement impressionnée par le flair du tandem israélite, la concurrence se dit qu’il serait peut-être temps de s’y mettre. D’où Breakdance Party. En s’attelant au scribouillage du scénario mais aussi des chansons (paroles & musique), le réalisateur Ken Handler s’est logiquement inspiré du processus artistique des executives de la Cannon, c’est à dire en choisissant de ménager ses neurones au maximum histoire de pouvoir en profiter pleinement pour les activités vraiment importantes (compter ses sous, tout ça). Du coup, pour coller au mieux à l’esprit du projet, je ménagerai aussi les miens en vous reproduisant texto le résumé de la jaquette, et ce par pur professionnalisme ne vous y trompez pas :

Image
« Depuis qu'tu danses plus tu déconnes, frère »

Image
Un micro-haut qui aurait de quoi rendre jaloux Bruce Baron !

« De nos jours le métier de coursier n’est pas de tout repos. Et pour nos trois héros les mésaventures commencent lorsqu’ils décident de s’inscrire à un concours de danse. En effet un mystérieux homme oblige leur patron à les envoyer faire des livraisons dangereuses dans des endroits louches, pour les empêcher de gagner le concours. ENFIN PRET POUR LE CONCOURS IL DOIT GAGNER A TOUT PRIX. » [ah mais… je croyais qu’ils étaient trois, il faudrait savoir !]

ImageImage
Attention, scène de tension hyperréaliste :
Delivery Boy 1 : « Regardez-les, EUX ils jouent pas pour des PRUNES, vous savez ! »
Delivery Boy 2 : « Tu parles, une bande de charlots à la mord-moi-le-noeud... »
Le breaker incriminé s'avance, lui jette son couvre-chef (un vilain chapeau à la Joey Jeremia dans Les Années Collège) – « Tiens, mords ça en attendant, et ouvre tes yeux ! » – puis s'en va crânement effectuer quelques figures de breakdance. Y a pas à dire, la violence dans les ghettos fait froid dans le dos.


Première réjouissance, on retrouve dans le rôle du « mystérieux homme » l’immarcescible Mario Van Peebles à l’inoxydable sourire éburnéen (ah non, zut ! quelle pédanterie boursouflée de suffisance… pardon j’ai honte, excusez-moi, il fallait bien entendu lire « le toujours très coolos Mario Van Peebles au sourire non moins coolos », ceux qui suivent auront rectifié d’eux-mêmes), confiné dans la peau d’un aigrefin notoire dénommé Spider. Un rôle de méchant pas beau assez ingrat. Deuxième réjouissance, ben euh… il faudra la chercher ailleurs puisque côté interprétation, le reste du casting se résume à une ribambelle de jeunes au charisme de gnous empaillés qu’on imagine recrutés sur le tas dans une MJC de Brooklyn.

ImageImage
ImageImage
Je veux le m, le a, le r, le i, le o… MARIO !!!

Image
Graines de star (ain't no place to go but higher… mwahahahaha)

L’opportunisme de l’entreprise apparaît double : cibler d’une part les apprentis breakers, de plus en plus nombreux, d’autre part les « delivery boys » du titre original, les jeunes des pays anglo-saxons exerçant généralement une foule de petits boulots pour financer leurs études et leurs sorties du week-end (question de culture, les latins se laissent eux plus volontiers assister par leurs parents ou l’Etat !). Les breakers assureront la partie musicale du film, les garçons de course la partie comédie, en mélangeant les deux on obtient… ben oui, une « comédie musicale », voyez c’est pas bien compliqué l’industrie ciné.

ImageImage
Les 80’s, les bandeaux, les bottines argentées, les tours du World Trade Center, tout ça…

ImageImage
« Tu bouges comme un Blanc, faut avoir le feeling ! »
« Hé, vise un peu ça !! »


ImageImage
Un breaker-livreur s'est travesti (gag)

Une scène au moins mérite d’être élevée sur le pavois : le jour J du grand concours de breakdance, un membre des Delivery Boys (s’agissait-il de Sir Fresh ? de Scandal ? de Fast Action ? J'avoue ne plus m'en souvenir...) s’en va discuter le bout de gras avec le Créateur dans une église de quartier. S’en suit ce dialogue étourdissant : « Dieu, écoute j'ai à te parler... plus j'y pense et plus j'le dois (...) avec le breaking je me sens sur une autre planète... Quand je me sens mal, je danse et je danse ! Et je suis tout à fait libre, tu comprends ? C'est dans les tripes ! Ce soir, il faut qu'on gagne (...) fait nous gagner juste une fois, j't'en prie... tu sais, mes potes et moi... on est cools ! »

ImageImage
L’un explique à Dieu que le breakdance c’est sa drogue et que ses potes et lui mériteraient de gagner parce qu’ils sont coolos…

ImageImage
…tandis qu’un autre enchaîne une série de saltos dans la travée centrale de l’église. Une séquence très « Dieu m’a donné la fooiiiiiii » (Ophélaï™), histoire sans doute de favoriser l’identification des Latinos et des Ritals qui, comme tout amateur de stéréotypes le sait, sont des gens très pieux.

Malheureusement, après un départ en fanfare, Breakdance Party se tasse et se dessèche comme une petite vieille au soleil et, par un pénible phénomène de mimétisme, il en va de même de l’enthousiasme du spectateur. Celui-ci s’expose à des risques de cyclothymie aiguë au-delà de la première demi-heure, conséquence d’un taux de nanardise vaguement sinusoïdal selon qu’on soit en mode « musical » ou en mode « comédie ». On assiste alors, forcément déçu, à une alternance de séquences pêchues mais de plus en plus rares (breakdance, look et ambiance furieusement années 80, répliques d’un autre âge lancées par des doubleurs complètement à côté de la plaque… coolos !) et d’autres mornes et ennuyeuses comme la pluie (livraisons de pizzas tièdes, humour de plomb, remplissage éhonté… définitivement pas coolos). Ca démarrait bien pourtant… Allez, un point pour Menahem et un pour Yoram, comme ça pas de jaloux chez les muses.

Image
Ambiance guitare au coin du feu à la belle étoile

Image
Oh la belle bleue ! (notez que les membres de son posse ont l’air de s’en foutre royalement)

Image
The Brooklyn MJC All-Stars


John Nada 2/5

Lien utile :

Ken Handler est le fils de Ruth et Elliott Handler, qui avaient également une fille, Barbara. Le nom de leurs enfants est celui que le couple a donné à la célébrissime poupée qu'ils ont créée et commercialisée, Barbie, bientôt rejointe par son compagnon Ken. Informations et anecdotes à ce sujet sur cette page du site "Man Behind the Doll".

Auteur:  Eric [ 21 Sep 2004 17:05 ]
Sujet du message: 

Bravo belle chronique, m'suis bien marré :lol:

en plus le genre musical est sous représenté, alors Respect

Auteur:  Baron du flutiô [ 21 Sep 2004 17:57 ]
Sujet du message: 

Bien joué la chronique !

L'intérêt principal de ce nanar est qu'il apprtient à une catégorie originale. Celà dit je me suis un peu fait chier devant, parce qu'il est à peu près bien réalisé et que je préfère les productions plus cheap. En plus le milieu est très chiant comme tu le dis John. Celà dit l'histoire est complètement loufoque, le doublage hyper nanar et toutte cette tambouille a très très mal vielli (paye ton noeud pap Mario !!!!!!! :applause: )
Et puis rien que pour "coolos" (rassure toi john, dans mon coin ce terme est devenu branché ;) )ce film vaut le coup

Auteur:  Hobbie [ 21 Sep 2004 23:30 ]
Sujet du message: 

Belle chronique John :-D

j'étais écroulé devant les photos de mario van peebles... :D

sans rire, des tenues pareilles, même dans les 80's, ca devait déjà être kitsch?! :shock:

j'ai repensé immédiatement au sketche des Inconnus, "Les Pétasses", vous savez... "le lampadaire", avec les bandeaux fluos... :-D

Auteur:  Raccoon [ 22 Sep 2004 8:24 ]
Sujet du message: 

non de zeus et avec l'autre en travelo, il y croit ?

Auteur:  John Nada [ 16 Oct 2004 22:51 ]
Sujet du message: 

Image

OUaHAoh je viens de réaliser que le titre alternatif français venait de là :shock:
Paye ton opportunisme de merde !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Auteur:  le rôdeur [ 16 Oct 2004 23:49 ]
Sujet du message: 

:applause:


Les coolos de Brooklyn ça change un peu des coolos de Hong Kong (même si tous les coolos du monde se reconnaissent à leur look flashy)

C'est drôle comment le langage évolue...
"coolos", à l'époque c'était l'inverse de "craignos" mais aujourd'hui c'est devenu un synonyme !

Auteur:  wallflowers [ 17 Oct 2004 2:05 ]
Sujet du message: 

C'est marrant sur la pochette du disuqe vu leur taille par rapporte aux rails du trian, et aussi vi leur look on dirait des minipouces

Auteur:  Zalikun [ 17 Oct 2004 8:58 ]
Sujet du message: 

Une chronique bien Coolos.
Ca donne envie de smurfer.

Auteur:  Kobal [ 21 Nov 2009 10:22 ]
Sujet du message: 

Revu avec plaisir cette ode au "breaking" dont il faut savoir reconnaitre la nullité. En effet, jamais la réalisation ne parvient à réellement mettre en valeur cette danse, ni à créer un tant soit peu d'empathie pour ses insouciants pratiquants (normal, avec une caractérisation des personnages aussi absentes). Le film surprend toutefois par sa vulgarité (le concept du trou de bite dans le mur pour se faire sucer par la bonne ! La pisse à la place du champagne, digne d'un gag de Toto), ses expressions étranges ("Dieu de merde !", "gros bête !", le break prononcé "brèque") dont le fameux "coolos", marque de fabrique d'un Mario Van Peebles en grande forme. J'avais d'ailleurs oublié le sens qu'il y mettait : ce n'est pas à comprend comme "c'est cool", mais plutôt comme "du calme !", ce qui explique qu'il passe sont temps à le gueuler comme une menace.
Enfin bon, on s'amuse tout de même beaucoup devant les costumes 80'sement datés et le remplissage jusqu'auboutiste du métrage qui doit même utiliser des flashbacks dans sa conclusion pour tenir le coup.

2.75/5

Page 1 sur 1 Heures au format UTC + 1 heure
Powered by phpBB © 2000, 2002, 2005, 2007 phpBB Group
http://www.phpbb.com/