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| Auteur: | Robert Zdar [ 16 Nov 2004 11:39 ] |
| Sujet du message: | Harvard Story |
Harvard Story (Harvard Man) 2001 Ecrit et réalisé par James Toback Genre : teen movie philosophique durée : 1h34 Casting : Adrian Grenier, Sarah Michelle Gellar, Joey Lauren Adams, Gianni Russo James Toback est le genre de réalisateur et d'auteur qui est génétiquement conditionné pour faire deux trucs bien dans toute sa carrière. Son principal fait d'arme est d'avoir écrit "Bugsy" (que tout le monde doit connaître), avec Warren Beaty au début des 90's. Plus récemment, il a écrit et réalisé "Black and White". Ce dernier racontait sous forme de sketches assez décousus (un défaut dont Harvard Story n'est pas exempt) les rapports de fascination/répulsion entre les noirs et les blancs aux Etats Unis, en mettant un gros zoom sur deux microcosmes particuliers : le hip hop et le sport. Avec des participations du Wu Tang Clan et de Mike Tyson, le tout était souvent bien vu, même si le film peinait à raconter une "vraie" histoire. L'idée lui était venu lorsqu'il côtoyait beaucoup les blacks stars dans les 70's (Jim Brown en tête) et qu'il finissait selon ses dires à se comporter comme eux au niveau du langage et de l'attitude. Sans doute aussi biographique, Harvard Story nous plonge dans la période de l'adolescence qui, au vu du film, a du être sacrément enfumée pour le jeune James.
James Toback, le cerveau derrière le nanar Alan Jensen (Adrian Grenier) est le capitaine de basket de la prestigieuse université de Harvard. Il a en outre une passion pour la philo (qui a dit première incohérence ?). Sa jolie prof qu'il se tape à l'occasion, Chesney Cort (Joey Lauren Adams, lookalike de Renee Zellweger) va d'ailleurs nous gratifier de citations bien nanardes tout au long du film, devant nos yeux éberlués d'être tombé sur un ovni pareil.
"... Ce qui nous amène à l'existentialisme et à la construction du moi par nos actes, qui sont issus des entrailles de ce vide" Enfin, l'autre passion d'Alan est la débauche, qu'elle prenne la forme de meufs ou de drogues (diverses dans les deux cas). Un jour, il copule (quasiment par hasard, selon le dossier de presse que j'ai entre les mains) avec une cheerlader et la son destin bascule (et nous avec). La fille en question est Cindy Bandolini (Sarah Michelle Gellar), fille d'un parrain local, avec gros ventre et piscine. Après une visite chez son père, cette dernière lui propose une forte somme d'argent pour qu'il fasse planter son équipe lors du prochain match. Vu que ses parents ont tout perdu lors d'une tornade (?????), Alan finit par accepter non sans quelques états d'âmes qui semblent être là pour faire traîner le film en longueur (en pleine crise, Alan nous dit : "C'est la certitude qui anticipe l'infinité, par conséquent l'angoisse est une possibilité de liberté")
Celle par qui le nanar arrive
"- Eh petit, ça te dirait de gagner beaucoup de fric d'un seul coup ? - Ok, mais le nanar j'ai déjà donné" En plus de cela vient se greffer par dessus une histoire de paris clandestins que Cindy passe sans le savoir auprès de deux flics undercover du FBI sur la match truqué par son copain. La perversion sexuelle des deux agents causera d'ailleurs leur perte, dans un final époustouflant digne du sixième sens (au moins) Finalement, Alan perd le match comme prévu et empoche l'argent. Il saute alors dans le premier avion pour le donner à ses parents. Sur le trajet du retour, il se rappelle alors des petits sucres imbibés de LSD qu'une amie lui a refilé et qui traînent au fond de sa poche.
"- T'aimes ça, hein ma cochonne ? - Arrêtez, je suis Buffy et je vais vous transpercer avec mon pieu - Arrête, tu m'excites"
"- T'as truqué le match pour du fric, t'es vraiment une merde, man !!! - Calmes toi, tu sais bien que c'est la certitude qui anticipe l'infinité, par conséquent l'angoisse est une possibilité de liberté" Après avoir gobé une quantité déraisonnable de LSD, le film bascule enfin dans le nanar pur jus, dans lequel il avait déjà un pied. Le bad trip d'Allan dure alors plus de 30 minutes. Oui, plus de 30 longues minutes où l'on voit le pauvre Adrian Grenier rouler des yeux et débiter des propos encore plus incohérents que pendant la première partie du film. Pour que le tableau soit complet, on a bien sûr droit à des effets de caméra subjective à base de visages déformés et de visions psychédéliques. Le tout fait penser à Fabrice Luchini lorsqu'il parlait de l'épisode "d'Hélène et les Garçons" où l'un des protagonistes consommait des stupéfiants (à son insu) : "Ca n'était pas un drogue joyeuse, c'était une drogue délirante"
"- Allan, qu'est ce que tu fais avec cette petite conne. Souviens toi que le langage est un doux mensonge - Attends, je suis complètement perché à cause de ce que j'ai gobé, je te raconte pas l'angoisse - L'angoisse, c'est la peur du rien"
"Ca n'était pas un drogue joyeuse, c'était une drogue délirante" Puisqu'un malheur n'arrive jamais seul, Alan est poursuivi durant toute cette très longue séquence par les flics et les hommes de mains du père de Cindy (je ne sais plus trop pourquoi, je vous dis les choses franchement). Ces deux derniers ont un humour assez relou qu'on pourrait qualifier, c'est le cas de le dire, de Cheech and Chong-esque. Le tout donne l'impression d'être un final de Benny Hill sous acide. Pour conclure, je ne veux pas spoiler à mort, mais je vous rassure, ça se termine bien.
"- Nous voilà rassurés" Incroyablement bordélique, Harvard Story tente de mélanger des genres à l'opposé les uns de autres : Film de sport, policier, film sur la drogue, teen movie et cinéma d'auteur. On sens bien que James Toback lorgne vers le côté Larry Clark pour le côté "jeunesse en détresse". Déjà qu'il ne maîtrise pas du tout son sujet, il croit bon d'en rajouter 10 couches dans la réalisation arty : musique classique utilisée à tord et travers, spilt screen et surtout des faux racords volontaires (au moins 50 en 1h30). La forme fait donc bien rire quand on se rend compte à quel point tout le reste tourne à vide. Avec son 1m70 et sa grosse tête, Adrian Grenier est aussi crédible en basketteur que Pierre Arditi en caïd de téci. Sarah Michelle Gellar, qui a sans doute accepté ce rôle pour casser son image comme avait pu le faire Elizabeth Berkley dans "Showgirls" s'est rapidement ravisée et est vite retournée à ses Scoubidous (Comme Sacha Distel en fait) Les distributeurs français ont bien du halluciner devant ce truc. Ne sachant trop que faire, il lui ont collé le titre de "Harvard Story" (le film est sorti en gros au moment de "Loft Story") et l'ont présenté comme un teen movie lambda. Ce qui me fait le plus marrer dans tout ça, c'est d'imaginer les gamines de 15 ans qui sont allées au cinéma en pensant voir un "Elle est trop bien 2" avec Buffy et qui se sont retrouvées devant cette perle, dorénavant chroniquée sur Nanarland.
« Et c’est complètement à la fin du tournage que je me suis rendu compte que je participais à un bon nanar » 2.5/5 Robert Zdar |
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| Auteur: | Hobbie [ 16 Nov 2004 11:44 ] |
| Sujet du message: | |
belle chronique |
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| Auteur: | Comte Derleth [ 16 Nov 2004 11:53 ] |
| Sujet du message: | |
la philosophie se résumé souvent par des grandes phrases de n'importe quoi... Je veux voir ce film ne serait-que pour participer à cet a priori stupide de la philo |
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| Auteur: | rikikipoussopuss [ 16 Nov 2004 12:27 ] |
| Sujet du message: | |
Comte Derleth a écrit: la philosophie se résumé souvent par des grandes phrases de n'importe quoi...
Alors je propose un fait toi-même-la-légende avé des phrases de philo :
"-Mais depuis le théorème de Gödel, l'agnostisme est parfaitement justifié au point de vue logique, ma grande." |
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| Auteur: | Comte Derleth [ 16 Nov 2004 12:32 ] |
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-Comment oses-tu aborder l'inextitence de l'essence sans la pensée de la conscience du moi profond? - harold, arrète de l'embèter et va prendre tes médicaments |
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| Auteur: | Robert Zdar [ 16 Nov 2004 12:34 ] |
| Sujet du message: | |
Toutes phrases que je cite dans la chronique sont réellement prononcées à un moment ou à un autre dans le film. |
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| Auteur: | Comte Derleth [ 16 Nov 2004 12:36 ] |
| Sujet du message: | |
c'est ca qui nous effraie mon grand.... même dans nos parodies les plus folles on atteint pas la quintessence de leur ringardise |
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| Auteur: | Nikita [ 16 Nov 2004 13:17 ] |
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Affiche française à rajouter dans la chronique :
Le film a été distribué plus que confidentiellement aux USA. J'ai vu l'affiche à Paris avec une cousine américaine qui passait en France, et elle s'est écrié "What the fuck???". Pour elle, le film n'était même pas sorti en salles là-bas. Tu le classerais en "sentimental" |
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| Auteur: | Raccoon [ 16 Nov 2004 13:22 ] |
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avec buffy dedans ça ne peut être ke bien |
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| Auteur: | minsk [ 16 Nov 2004 13:29 ] |
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Chouette kro ! Le mélange des genres semble être le principal attrait de ce nanar |
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| Auteur: | rikikipoussopuss [ 16 Nov 2004 13:30 ] |
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Robert Zdar a écrit: -"Toutes phrases que je cite dans la chronique sont réellement prononcées à un moment ou à un autre dans le film."
-Oui mais l'humour est une rupture du champ sémantique. |
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| Auteur: | le nanarsupilami [ 16 Nov 2004 13:37 ] |
| Sujet du message: | |
Chouette chronique ! |
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| Auteur: | zord [ 16 Nov 2004 13:43 ] |
| Sujet du message: | |
Yeah Robert !! Excellente chronique ! J'en avais jamais entendu parler de celui-là, mais il a l'air énorme ! Aparemment, le retour US de la comédie sentimentalo-comique et la nanardise vont très bien ensemble ! |
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| Auteur: | Nikita [ 16 Nov 2004 13:47 ] |
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Musique de Stomy Bugsy. (véridique!) |
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| Auteur: | Comte Derleth [ 16 Nov 2004 13:51 ] |
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Nikita a écrit: Musique de Stomy Bugsy. (véridique!)
très beau "finish him" de nikita Imagine bien une musique made in bugsy avec ses conceptes philosophiques intégré. |
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| Auteur: | Robert Zdar [ 16 Nov 2004 14:21 ] |
| Sujet du message: | |
Ca y est Nikita, j'ai rajouté l'affiche française. Conceptuellement, ce film est partout, mais par soucis de classification, il vaut mieux le rapprocher du genre "sentimental", en effet. Par contre, tu m'enlèves une bonne épine du pied en me parlant de Stomy Bugsy, puisque chaque fois que je voyais la scène en question, je me disais : "on dirait que le type rappe en français dans la BO de cette scène, je rêve ou quoi ?" L'ultime finish him serait de savoir si cette chanson apparaît aussi dans la version originale. Je pense que oui, je me souviens d'ailleurs d'une interview où le réalisateur disait avoir fait copain copain avec Stomy Bugsy (je me demande dans quelles circonstances par contre) |
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| Auteur: | Comte Derleth [ 16 Nov 2004 14:31 ] |
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Témoiniage du réalisateur: Réalisateur de nanar philolophique a écrit: AAAaaaaah Robert, sachez que stomy et moi étions comme fou. C'était un de ces soirs qui fleuraient bon la viande durant lequel cet éphèbe et moi même avons testé toutes nos fantaisies. Il me berçait de son bel organe de chants sortis de son dernier 30 cm. Le splus belles vales du rappeur comme "bienvenu en enfer" ou encore "la bug's life".
Nous avons fait l'amour jusqu'à l'aube. |
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| Auteur: | mok [ 16 Nov 2004 20:55 ] |
| Sujet du message: | |
-"Le désir de l'absolu, de la plénitude d'être, est ce qui nous pousse à aimer successivement ce qui participe selon son niveau d'être, sa densité, à la forme éponyme, la forme: beauté. Le même mouvement parce qu'il chasse l'absolu dépasse chaque niveau de réalité et lui préfère ce qui a plus d'être, plus de réalité sans pour cela mépriser ce qui en avait moins mais qui a permis son essor. La beauté de tous les corps a fait pour ainsi dire signe vers les belles âmes, les belles âmes vers les belles actions, les belles actions vers la beauté éternelle, comme autant d'étapes vers une densité d'être telle que la chose, identique à elle-même, peut alors entrer en relation avec l'autre sans que soit menacée son identité !" -"euh...mais je t'aimes" -"putain t'as rien compris" Moi j'ai pas vu ce film mais ca me tente pas trop la du coup |
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| Auteur: | Nikita [ 16 Nov 2004 22:37 ] |
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J'en profite pour dire que l'heure est grave, vu l'avalanche de chroniques qui s'entasse sur le forum. Entre celle-là, Minsk qui frappe un grand coup avec "Fist power", celles de Nada, de Barracuda, de Kobal, les miennes, etc., on a rarement vu un tel déferlement! Le nouveau système de mise en ligne des chroniques a intérêt à être performant, car il y a de la matière pour un an d'updates au grand minimum! |
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| Auteur: | Barracuda [ 17 Nov 2004 1:14 ] |
| Sujet du message: | |
Notez d'ailleurs le fourbe Nada qui affiche désormais le nombre de chroniques et bios en attente dans le titre du post général. Soyons réaliste : il va falloir faire un sérieux tri là dedans et ne garder que la crème. Puisqu'il y a du choix, on peut être exigeant, non ? |
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