UNTAMED MISTRESS

Titre original : Untamed Mistress
Réalisateurs : Ron Ormond, Allan Nixon
Producteur : Ron Ormond
Année : 1956
Nationalité : Etats-Unis
Genre : Gorilles dans la brune (
Catégorie : Aventures)
Durée : 1h12
Acteurs principaux : Steve Calvert, Jacqueline Fontaine, Allan Nixon, Byron Keith, John Martin, Carol Varga, Don C. Harvey, Cliff Taylor

Une partie de la saveur d'un nanar comme
Untamed Mistress découle de son décalage vertigineux avec notre époque. Il s'agit d'une de ces innombrables petites séries B d'aventures exotiques qui pullulèrent à Hollywood entre le début des années 20 et la fin des années 50, au discours colonialiste sans filtre et à la réjouissante naïveté Pulp ne se prenant jamais la tête. Un genre dont je suis personnellement un amateur inconditionnel, où les jungles se limitaient à un studio de dix mètres carrés dans lequel étaient rassemblées aléatoirement toutes les plantes tropicales dénichées par l'accessoiriste au Jardiland du coin, étaient peuplées de stock-shots du National Geographic, de cannibales avec un os dans le nez et d'un Tarzan à coupe banane sortant de chez le coiffeur, et que parcouraient des aventuriers conquérants ne pouvant s'empêcher de tirer avec leur carabine sur le moindre stock-shot d'espèce menacée passant à proximité d'eux. Une époque où les hommes étaient des hommes, où les femmes et les minorités restaient docilement à leur place subalterne, où l'Afrique était
"un pays fascinant" (dixit les dialogues de notre film) présenté au public telle une attraction de fête foraine, et où le
Code Hays traquait impitoyablement la moindre incartade morale (même si les films Bis ne s'y soumettaient pas trop, n'étant pas diffusés dans les mêmes cinémas que les films des grands Studios).

Le sous-genre du film de jungle, tel qu'il était mis en scène à l'époque, a toujours de quoi faire rêver et stimuler l'imaginaire, avec ses péripéties et son mystère. A tel point qu'en dépit du sourire que suscitent ses défauts habituels, la "junglerie" à l'ancienne n'est pas forcément synonyme de nanar. Sous ses dehors de vieille série B gentiment kitsch mais charmante à la
Nabonga,
Untamed Mistress franchit pourtant aisément la frontière qui sépare le film daté mais qu'on regarde avec un œil indulgent et nostalgique du gros nanar qui tâche. De prime abord, nous sommes en terrain connu, mais ici tout fait plus fauché, plus Z, plus mal fichu et plus délirant que d'habitude. Ce véritable ovni en toc possède la réputation d'être le
Plan 9 From Outer Space du film de jungle. Sans aller jusqu'à affirmer qu'il égale le chef-d'œuvre d'Ed Wood, il n'en demeure pas moins complètement hallucinant.

Il s'agit d'une production de la famille Ormond, menée par le patriarche Ron Ormond, futur propagandiste évangélique qui réalisera une série de nanars de fou furieux intégriste dans les années 70, comme
If Footmen Tire You, What Will Horses Do? et
The Burning Hell, mais qui dans les années 50 donnait encore dans un cinéma d'exploitation plus classique. L'homme venait de réaliser le très chiant
Les Créatures du Docteur Aranya aka
Mesa of Lost Women, film d'épouvante à gros potentiel (avec notamment de méchants nains mutants, une araignée géante en mousse et un serviteur chinois ultra-caricatural ne parlant que par énigmes grotesques) mais terriblement bavard, avec Jackie Coogan (l'ex enfant star révélé par Charlie Chaplin dans
The Kid) en savant fou mégalomane en blouse blanche. Une œuvre qui valait uniquement le coup d'œil pour contempler la prestation magnétique de la torride Tandra Quinn en femme araignée sensuelle au décolleté échancré façon Jane Russell dans
Le Banni de Howard Hughes.

Une idée érotique futée que notre cinéaste reprend dans
Untamed Mistress, qui exploite savamment le physique hors-normes de son actrice principale, Jacqueline Fontaine. Dans son rôle de sauvageonne, la plantureuse Jacqueline voit sa très forte poitrine sublimée à chaque plan par la caméra lubrique de Ron Ormond, qui joue pendant tout le film avec la censure, toujours près de franchir la ligne rouge. Mais de la même manière que les comédies musicales étaient à l'époque un prétexte pour montrer des corps de danseuses, les films de jungle fournissaient alors un alibi aux producteurs pour ne pas trop vêtir leurs actrices. Ben oui, que voulez-vous ? Dans la jungle, il fait chaud...


La reine de la jungle et son décolleté vertigineux.L'aspect résolument foutraque de
Untamed Mistress s'explique par sa genèse qui s'inscrit, encore et toujours, dans la bonne vieille technique du
deux-en-un (on n'en sort décidément pas). D'une part, Ron Ormond avait un ami médecin, un peu aventurier sur les bords, qui venait d'effectuer un safari en Afrique et lui avait gracieusement offert les images amateures qu'il avait filmées avec sa caméra dans la savane. D'autre part, les Ormond venaient de récupérer une partie des droits d'exploitation d'un court-métrage de 26 minutes réalisé par Ron Ormond pour Howco Productions Inc.,
The Black Panther aka
Law of the Jungle, avec l'acteur indien Sabu (star de classiques britanniques comme
Le Narcisse Noir, Le Voleur de Bagdad et
Le Livre de la Jungle) en ersatz de Mowgli. Problème : le contrat avec Howco stipulait que les Ormond ne pouvaient exploiter aucune image de Sabu, le héros du film. Pas le genre de détail à refroidir l'imagination mercantile de Ron Ormond et sa femme June Carr. Avec ces quelques minutes de court-métrage et de film de vacances entre les mains, il ne restait plus aux Ormond qu'à inventer un vague film autour. C'est ainsi que naquit l'improbable
Untamed Mistress.
"Monsieur Godfrey Ho est demandé à l'accueil..."Qui dit 2 en 1, dit deux histoires dans un même film. La première histoire est narrée sous forme de flashbacks par un Indien mourant, ancien Maharadja déchu, qui met en garde les jeunes héros contre la perfidie de la femme sauvage et sa vicieuse animalité naturelle. Pendant un quart d'heure, Ron Ormond nous montre donc des inserts de
The Black Panther, racontés par le vieux Maharadja (Byron Keith, de loin le meilleur acteur du film, avec un
brown face). Voici en deux mots le film dans le film : parti chasser dans la jungle du Bengale (un studio étriqué garni de plantes en pot), le Maharadja est contrarié car aucun animal ne se montre. C'est parce que Sabu, le roi de la jungle, protège les animaux, lui explique un vieil ermite. Pendant une halte, le Maharadja a le coup de foudre pour la fille du Rajah, la belle Rani. Il achète au Rajah la main de sa fille, mais Rani est promise à un autre et s'enfuit dans la jungle pour rejoindre son fiancé. Sabu et ses amis les bêtes interviennent et permettent aux deux tourtereaux de se marier. Quant au Maharadja, il perd son royaume et sa fortune. Le problème, c'est que cette histoire n'a strictement rien à voir avec le reste du film, et que ça se voit vraiment beaucoup. L'autre élément cocasse est que le narrateur n'a pas du tout la même voix d'un plan à l'autre. Tantôt, Byron Keith parle avec une voix d'agonisant, tantôt, il a l'air de péter la forme.
"Histoire de meubler, laissez-moi vous conter un autre film avant de clamser..."
L'Inde millénaire et ses mystères.
L'actrice philippine Carol Varga, qui partagea sa carrière entre cinéma bis philippin et cinéma hollywoodien.Revenons à l'intrigue principale de
Untamed Mistress. L'action de ce patchwork remarquablement incohérent ne se déroule pas en Inde, mais en Afrique, afin d'exploiter les stock-shots du film amateur du pote de Ron Ormond. En apparence, rien que du réchauffé dans le postulat : au cours d'un safari dans la jungle, trois hommes blancs (le "Sahib Doctor" Arthur, son frère Jack et leur sidekick Cyril) recueillent Velda, la fille d'un couple de missionnaires disparue 12 ans plus tôt dans la nature et qui se révèle avoir été adoptée par une tribu de gorilles. Mais ce pitch hyper basique, déjà vu 2857 fois dans les serials de l'époque, est rendu à peine compréhensible par la narration complètement éclatée de Ron Ormond et de son acteur principal et co-réalisateur Allan Nixon. Le côté 2 en 1 n'aide évidemment pas.

La fascinante Afrique et ses tam-tams.Malgré un charme rétro débordant, le métrage est un désastre sur le plan technique. Outre les faux raccords qui abondent, les comédiens sont parfois redoublés de façon très grossière par des voix qui ne collent pas du tout aux mouvements de leurs lèvres. L'essentiel du film se résume à filmer en plan serré une poignée d'acteurs de patronage dans un jardin public, qui font semblant de réagir aux interminables stock-shots d'animaux que nous case le roublard réalisateur. Et en plus, ils réagissent en jouant très mal. Le niveau de l'interprétation est un gros point fort du film, tant la médiocrité avec laquelle nos aventuriers de la jungle récitent des dialogues plus ineptes les uns que les autres vaut le détour.

L'Afrique et ses envoutants stock-shots pleins de mystère.


Ne vous inquiétez pas. Ce stock-shot de lion ne risque rien.

Une ombre au sol des plus suspectes.Dans le rôle de la "maîtresse indomptée" du titre, Jacqueline Fontaine est une sauvageonne impeccablement maquillée et coiffée (comme il est d'usage pour les reines de la jungle). Bien que l'actrice possède une indéniable présence et une photogénie sans pareille, son jeu assez mauvais n'aide pas à rendre un minimum crédible son personnage. Le talent de Miss Fontaine se borne essentiellement à cambrer le buste pour mettre en valeur ses formes charnues, l'atmosphère caliente culminant lorsque la belle se met à danser frénétiquement avec une tête de mort vaudou (qui vole) et un couteau au son d'un tam-tam sorti de nulle part.
Jacqueline Fontaine, vue dans quelques westerns de série Z signés Ron Ormond et Sam Newfield comme "The Dalton's Women", "Femmes hors-la-loi" et "Skipalong Rosenbloom", ainsi que des productions plus huppées comme "Une fille de la province" avec Grace Kelly, où elle pousse la chansonnette en duo avec Bing Crosby.

Jacqueline met le feu au plancher sans trop en montrer.Dans le rôle du faire-valoir comique, Cliff Taylor en fait joyeusement des tonnes, et ses deux patrons machos, incarnés par Allan Nixon et John Martin, sont de véritables poteaux, tellement inexpressifs que s'ils n'étaient pas chacun coiffés d'un couvre-chef différent, on les confondrait. En outre, entendre le héros Allan Nixon, également narrateur du film, nous faire part, sur un ton professoral, de ses réflexions philosophiques de comptoir et de ses connaissances hautement approximatives de la faune (il va quand même jusqu'à prendre une antilope pour un zèbre !), tandis que défilent des inserts animaliers hyper granuleux filmés par un parkinsonien, est assez savoureux et charmant de ringardise. On a clairement affaire à une pure série Z, mais il se dégage une véritable poésie de la naïveté ambiante. De quoi nous donner envie de nous lancer nous aussi dans le tournage d'une tarzannerie, à meubler avec des inserts de notre dernière virée au zoo.
Allan Nixon, ancien footballeur et mannequin, faillit succéder à Johnny Weissmuller dans le rôle de Tarzan. Malheureusement, après la Seconde Guerre Mondiale, il tomba dans la bibine et le nanar. On le vit notamment en homme des cavernes gominé dans le croquignolet "Femmes préhistoriques". Dans les années 70, il se reconvertit comme écrivain de romans de gare sous le pseudonyme Don Romano.

John Martin, autre acteur fétiche de Ron Ormond ("Les Créatures du Docteur Aranya", "Femmes hors-la-loi"), également vu dans "Jail Bait" d'Ed Wood.



Quelques échantillons de l'Afrique vue par Allan Nixon.Parmi les rebondissements nécessaires à tout film d'aventures qui se respecte, notons cet interlude où nos héros assistent en champ/contrechamp à des stock-shots de danses d'Africains dans un stade. Les héros nous servent alors des dialogues ahurissants de clichés racistes, Allan Nixon s'épanchant sur la barbarie primitive de ces peuples cannibales, tandis que Jacqueline Fontaine nous explique que cette danse fait partie d'une cérémonie rituelle au cours de laquelle les "sauvages" offrent de jeunes vierges en sacrifice aux gorilles de la jungle. Aaah, les fifties...

Nos lecteurs et lectrices d'origine sub-saharienne vont sûrement adorer.C'est alors que nous est introduit un autre grand fantasme de l'imagerie colonialiste, déjà vu dans des films de bien plus grand standing comme
Tanganyika d'André de Toth : Nairobi Smith, le renégat blanc devenu le chef d'une tribu d'Africains aussi sauvages que superstitieux, lui obéissant aveuglément. Le film balance sévère, car Allan Nixon nous apprend qu'en fait Nairobi Smith ne serait autre qu'un comploteur diabolique tirant les ficelles de la
révolte des Mau Mau ! Bon sang mais c'est bien sûr ! Il fallait bien l'esprit ingénieux d'un Blanc pour tenir en échec l'armée britannique au Kenya ! Heureusement, le grand méchant Nairobi Smith,
"traitre à sa race", se fait tuer au bout de dix minutes d'apparition par la farouche Velda, au terme de l'une des fusillades les plus grotesquement mal filmées des annales du cinéma. A quelques milliers de kilomètres de là, Sa Très Grâcieuse Majesté pousse un ouf de soulagement. Le spectateur, lui, sourit devant l'abrupte conclusion de ce nouveau subplot sans rapport avec l'intrigue.
Le fourbe Nairobi Smith et ses féroces Mau-Mau.

Heureusement pour nos héros, les Mau-Mau sont superstitieux et trouillards.Les auteurs nous offrent ensuite un autre interlude de remplissage dans un village d'indigènes amis des Blancs. Evidemment, cela se traduit à l'écran par une nouvelle série de désopilants champs/contrechamps entre les acteurs américains et des stock-shots sous-exposés de femmes africaines aux seins nus dansant en accéléré. Tandis que le sidekick écarquille les paupières et fait des grimaces devant tous ces stock-shots topless, le héros discute dans un pseudo swahili sans doute improvisé en direct avec le chef du village, surjoué par un comédien vaguement métis qui force beaucoup sur les "bouga-bouga". Il s'agit là de la séquence la plus mondo du film, dans laquelle Allan Nixon se lâche à nouveau dans les commentaires pseudo ethnologiques de bazar en voix-off.



Cliff Taylor vivant sa meilleure vie de cabotin au paradis des nibards.

Des fins de pellicule conservées au montage. Du grand cinéma.



Le grand chef, très "Y'a bon, Banania".Mais le meilleur est encore à venir, car il me faut maintenant parler des gorilles. Ou plutôt _ et c'est bien là tout le délice à même de faire fondre le cœur des nanardeurs _ des hommes déguisés en gorilles. Le premier spécimen apparaissant à l'écran est de loin le plus nanar. Le cascadeur anonyme fait gauchement le mariole dans un grotesque costume de farces et attrapes, au masque en carton totalement figé, et s'en prend au Maharadja Byron Keith, dans un combat d'un ridicule épique.



Un combat homérique (tendance Simpson).

"Touche pas à mon primate !"Environ une demi-heure après l'hilarante apparition de ce singe bas de gamme pour soirées déguisées, entre en scène le chef de la tribu des gorilles. Et c'est là une agréable surprise pour les nanardeurs, car on reconnaît immédiatement le costume de ce bon Steve Calvert, le viril Spanky en personne, deux ans avant ses torrides frasques "edwoodiennes" dans
La Fiancée de la Jungle ! Comme dans tous ses films, le brave Steve Calvert n'est pas crédité au générique, mais étant donné qu'il n'était pas encore à la retraite et n'avait pas encore revendu ses costumes, le doute n'est pas permis quant à l'identité de l'homme suant à grosses gouttes sous le masque en cuir du primate. D'ailleurs, au casting, on reconnaît également le deuxième costume de gorille de Steve (celui qu'endossait son ami le clown et cascadeur Bobby Small dans le final de
La Fiancée de la Jungle). Les deux singes-hommes se livrent à une empoignade balourde pour la possession de la voluptueuse Jacqueline Fontaine, étendue évanouie dans une posture lascive à leurs pieds, le décolleté plus plongeant que jamais.






Les retrouvailles torrides entre Jacqueline Fontaine et son fougueux amant Steve Calvert.Si l'on excepte bien entendu
La Fiancée de la Jungle, rarement la charge zoophile des films de singes aura été aussi poussée que dans
Untamed Mistress, comme n'hésite pas à le vendre l'accroche de l'affiche originale (
"Untamed... Unashamed... Which will be her mate... Man or beast?"). Finissant lascivement portée par les bras puissants du triomphant Steve Calvert (avant de passer à la casserole au cours d'ébats laissés à l'imagination fertile des spectateurs), la pulpeuse Velda/Jacqueline Fontaine ne peut se défaire de ses pulsions animales, qui la poussent à quitter son insipide amant humain pour retourner auprès de ses gorilles en rut, lesquels sont en manque depuis que Velda les a quittés, comme nous l'explique la voix-off d'Allan Nixon. D'ordinaire réduit à son caractère menaçant, le gorille se pare ici d'une dimension sexuelle trouble. C'est plus que jamais une version cinéma d'exploitation de
La belle et la bête.

Mais notre Tarzanne de BD Elvifrance n'est pas la seule à trouver les poilus sexy. En effet, alors qu'Allan Nixon s'apprête à faire feu sur Steve Calvert, une bimbo afro-américaine topless aux seins énormes sort tout à coup d'un buisson, s'interpose pour protéger le gorille et repart aussitôt en prenant le singe par la main. Cette scène pour le moins inattendue et absurde est l'occasion de découvrir que l'interlude Nairobi Smith n'était pas totalement gratuit, puisque le scénariste a pensé à nous révéler ce que deviennent les vierges offertes en sacrifice aux grands singes. Devant les yeux ébahis des héros, de jolies jeunes figurantes afro-américaines à gros nibards vivent ainsi à oilpé parmi les intermittents du spectacle déguisés en singes, gesticulant des bras dans des transes lascives, épanouies au milieu de leurs compagnons simiesques. Et le spectateur d'aujourd'hui de constater que la censure américaine de 1956 autorisait les plans nichons de femmes afro-américaines, mais pas les plans nichons de femmes caucasiennes.


Le plan nichon pare-balles, sans doute une première.




L'Afrique et ses rituels ancestraux.

Un gorille albinos qui se rince l'œil.Le rythme de ce nudie zoophile n'étant pas des plus véloces, on recommandera surtout son visionnage aux nanardeurs qui aiment le vieux cinéma de quartier à quat' sous. Mais comme les conneries s'enchaînent pratiquement sans discontinuer jusqu'à un final qui nous fait nous interroger sur la manière dont le "Sahib Doctor" joué par Allan Nixon a pu nous raconter toute l'histoire, ce film pour drive-in de 72 petites minutes n'a pas le temps de devenir trop ennuyeux et se révèle un très beau morceau en matière de film de jungle de seconde zone. Avec leurs gorilles aussi pelucheux que bien montés, leurs stock-shots, leur foire aux nibards, leur scénario à la fois tortueux et simpliste, leur montage amateur, et leur plus-value ringardo-cheapos, les époux Ormond sont parvenus à accoucher d'un film fou et étrange, à la fois opportuniste, racoleur et poétique.
Note : 2,5/5
Cote de rareté : 4 / ExotiqueComme tout le reste de la filmographie des Ormond,
Untamed Mistress fait partie des films soigneusement restaurés du coffret
From Hollywood to Heaven: The Lost and Saved Films of the Ormond Family, édité en Grande-Bretagne par Nicholas Winding Refn. Outre quantité de bonus, les films sont équipés de sous-titres anglais pour sourds et malentendants, ce qui facilite leur visionnage pour les personnes pas très à l'aise avec l'anglais phonétique. Il s'agit d'une édition limitée devenue assez rare, mais qu'on peut encore commander sur des sites de vente en ligne comme Metaluna Store.

Cependant, notre film étant libre de droit, vous pouvez le visionner et le télécharger légalement et gratuitement sur
archive.org.
