1984, 1991, 1998, 2007. Autant d'années qui séparent la vie de Mattia et d'Alice. Deux enfances difficiles, bouleversées par un terrible événement qui marquera à jamais leur existence. Entre leurs amis, leur famille et leur travail, Mattia et Alice sont malgré eux rattrapés par leur passé. La conscience d'être différent des autres ne fait qu'augmenter les barrières qui les séparent du monde, les menant à un isolement inévitable, mais conscient.Un titre qui ne m'intéressait pas, une affiche moche, une histoire comme celles qui m'ennuient fortement et une bande-annonce qui n'aide pas (
http://www.youtube.com/watch?v=IimmzOhiW0I). C'est le flot et la quasi-unanimité des critiques qui m'a fait envie. Et pour ce cas, je peux dire merci! Comment digérer ses références pour les adapter à un genre qu'on n'attendrait pas. Avec cette histoire d'amour de non-dits se mêle une jolie forme giallesque. Dès l'ouverture accompagnée de goblin (
http://www.youtube.com/watch?v=-lsCgUV-yBk) montrant une pièce de théâtre d'enfants qui joueraient bien un giallo, mon absence d'intérêt a disparu et ce qui, tourné comme on pouvait l'attendre, m'emmerderait au possible m'a touché pour le coup. Le parcours de deux paumés racontés par des bribes de vie, une fragilité sublimée et des personnages touchants. Le détournement façon Argento fonctionne à fond! Les acteurs sont impeccables et c'est super bien filmé. Sans être racoleur ni démonstratif, un bel exercice de style avec une pensée pour les décennies passées, leurs fringues ringardes et sa musique (summum pour le baiser des adolescentes sur Yes, sir I can boogie). Coup de coeur pour moi!
Je n'ai pas lu le bouquin original, amusant de découvrir l'étonnement d'une amie quand je lui ai décrit le film, cette grosse pensée qu'on ne peut pas imaginer un film comme ça en lisant le livre.
