
Le film qui fit de Rudolph Valentino une superstar et le sex-symbol de sa génération, énorme carton de l'année 1921.
"C'est pire que du Barbara Cartland !" déclara l'ami avec qui je viens de le regarder. On se fait souvent des films muets ensemble. Le mois dernier, on a maté
La Femme sur la Lune, chef-d'œuvre de Fritz Lang avec une histoire d'amour toujours touchante un siècle après. Cette semaine, nous avons été quittes pour un beau navet orientaliste à l'eau de rose.
Adapté du best-seller de l'écrivaine britannique Edith Maude Hull. On s'interroge sur les mécanismes psychiques qui peuvent pousser des femmes à fantasmer sur des histoires d'enlèvement, de séquestration et d'esclavage sexuel qui se terminent en happy end romantique (mais la tendance ne s'est pas inversée de nos jours, bien au contraire, avec les quantités industrielles de dark romance trash écrites majoritairement par des femmes).

L'héroïne du film, Lady Diana Mayo, incarnée par la vamp Agnes Ayres, est une féministe indépendante qui déclare au début
"Le mariage, c'est la fin de la liberté !" et qui trouvera le bonheur dans la tente du beau cheik Ahmed Ben Hassan, qui l'a kidnappée dans le désert du Sahara pour l'épouser de force. J'entends votre légitime indignation, qui en 1921 est bien entendu de vous offusquer qu'une femme blanche, aristocrate qui plus est, finisse dans les bras d'un Arabe. Pas de panique ! Il y a un twist : le cheik n'est en fait pas arabe, il est en réalité aussi blanc que vous et moi (enfin, surtout moi),
"fils d'un Anglais et d'une Espagnole", recueilli et élevé par des Bédouins. Bon sang mais c'est bien sûr ! C'est pour ça qu'il est gentil, parce que c'est pas un Reubeu !
C'était donc ça qui faisait rêver les foules dans les années 20. Il existe une suite, toujours avec Valentino, et également sortie en DVD chez Bach Films, mais je crois qu'on pourra s'en passer mon ami et moi.