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Je me souviens de l'énorme battage médiatique lorsque le premier film est sorti. Recettes faramineuses, effets spéciaux jamais vus. Le mastodonte était devenu un symbole de l'impérialisme américain (le logo du film se faisait détourner à tout va).
Reste aujourd'hui un film d'aventures d'un professionnalisme à toute épreuve, qui donne cependant l'impression de ne jamais trop dépasser son postulat de base : faire revivre des dinosaures (rêve de gosse de Spielby). Certes, le discours sur les dangers de la science, sur la nature qui sait toujours reprendre ses droits sur les rêves de domination de l'homme, est bien là, plutôt génialement incarné par le personnage de Jeff Goldblum. Certes, l'émerveillement du spectateur devant certaines images n'est pas feint, brillamment aidé par le score de Williams que j'adore. Certes, les scènes de suspense fonctionnent bien, on retrouve le goût de Spielberg pour l'enchaînement des péripéties (l'attaque du T-Rex suivie du sauvetage du gamin coincé dans la bagnole en haut d'un arbre), certes la problématique de la cellule familiale décomposée/recomposée est à l'oeuvre. Mais au sortir du film, je ne peux lutter contre l'impression que tout ça manque de substance. La fin est expédiée de façon vraiment trop rapide, me frustrant d'un véritable climax. Cela dit, le film se bonifie à la revoyure, on réalise que le rythme est impeccable et la construction du récit assez adroite.
Il est évidemment impossible de passer sous silence les SFX. Ils représentent en effet un tournant et c'est là que Spielberg m'impressionne. Ce type est un pro en la matière, il sait les concevoir et les filmer, et surtout il sait s'entourer des meilleurs et obtenir le meilleur d'eux. C'est l'occasion pour Phil Tippett de dire adieu à la stop-motion, pour Dennis Muren d'entrer définitivement dans l'histoire, et pour Stan Winston de se dépasser dans l'animatronic. Citons également Michael Lantieri, responsable des effets spéciaux mécaniques, exécutés en direct pendant les prises de vue.
Le mélange des différentes techniques sera poussé encore plus loin sur ce véritable défouloir qu'est The Lost world, qui semble un peu être l'équivalent du Temple maudit par rapport aux Aventuriers de l'arche perdue, à savoir une suite visant clairement la tête du box-office, marquée par le sadisme, la cruauté et la noirceur. Kaminsky est entré dans la bande et abandonne le vert paradis de Dean Cundey pour la jungle moite et croupie.
Sur le plan du rythme, The Lost world met un peu plus de temps à démarrer. Les scènes d'exposition sont assez lourdingues (seul le raccord hilarant entre la scène d'ouverture et la première apparition de Goldblum dans le métro me réjouit à chaque fois). Par la suite, on devine clairement les intentions de verser dans la surenchère. Intentions rendues possibles par les incroyables progrès en matière d'effets spéciaux, tant dans l'animatronic que dans les CGI. Dennis Muren et Stan Winston ont évidemment perfectionné leurs techniques depuis le premier film. L'interaction avec les dinosaures est poussée bien plus loin, ça bouge dans tout les sens, en contact quasi permanent avec personnages, véhicules, décors, et accessoires. Sur ce plan-là, le film peut encore largement se targuer d'être une référence.
L'histoire, les dialogues, les personnages ? On s'en fout. Le prétexte est encore plus mince (opposition entre écolos et chasseurs). Cependant, le pessimisme de Goldblum est toujours aussi fendar, et même le méchant capitaliste affiche un semblant de complexité lorsqu'on comprend qu'au delà de ses actes répréhensibles, il ambitionne sincèrement de surpasser son oncle, le Walt Disney fou joué par Attenborough. J'ai même trouvé un petit côté (j'ai bien dit "petit") screwball comedy dans certains échanges entre Julianne Moore et Goldblum. La gamine, par contre, réussit l'exploit d'être encore plus tête à claques que les gosses du premier film (ah ces barres asymétriques judicieusement disposées dans la cabane !).
On sent que la plupart des scènes ne sont justifiées que par l'envie presque égoïste des auteurs de se faire plaisir, de porter à l'écran leur rêves les plus déments. Ainsi la dernière demi-heure avec le T-Rex à San Diego, hommage direct aux films de monstres des 50's. Bien que brèves, ces scènes sont superbes (David Koepp, ici scénariste, fait un caméo où il se fait bouffer au premier plan). Quant à la partition de Williams, en dehors de son utilisation marquée de percussions qui donne un bon tempo à pas mal de scènes, je l'ai trouvée franchement peu exaltante, voire paresseuse.
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