On l'appelle Trinita - E.B Clucher - 1971

En cet an de grâce 1971, E.B Clucher (aka Enzo Barboni) réalise un film culte et invente un sous genre au western spaghetti (lui-même sous genre du western) : le western fayot.
Trinita (Terence Hill) est un cowboy paresseux et crasseux mais un redoutable tireur que l'on surnomme "la main droite du diable". Arrivant dans un petit patelin, il s'apperçoit que son demi-frère Bambino "la main gauche du diable" est devenu shérif. Mais ce n'est qu'une couverture pour voler en toute tranquilité un troupeau de bétail.
Même s'il n'y a pas les gags scatologiques, on retrouve plus ou moins tout ce qui a fait le succès des films de Bud Spencer et Terence Hill : les baffes, l'opposition entre le petit rusé et le teigneux au grand coeur, les fayots. Mais le film semble "se retenir" et peut sembler ennuyeux quand on connaît les autres films du duo. Toutefois, on passe un agréablement moment (voici un lien assez sympa qui raconte la genèse du film et son accueil
http://histoiresdetournages.blogspot.com/2008/03/on-lappelle-trinita-1970.html.
Le film fut un succès surprise en 1971 et engendra une suite, bien plus réussie :
On continue à l'appeler Trinita - E.B. Clucher - 1972

On prend les mêmes et on recommencent un an après :
Trinita et Bambino promettent à leur père, mourrant, qu'ils deviendront de vrais bandits. Mais leur bon côté va les amener, après moultes péripéties, à affronter de vrais bandits.
Je ne sais pas si je suis fou, mais je préfère 1000 fois plus "On continue à l'appeler Trinita" au premier volet. Cette fois, on retrouve vraiment la décontraction et le nawak en barre des films du duo transalpin, là où le premier volet n'était qu'une gentille satire des westerns italiens. Fini les coups de feu, les affrntements ne se feront que par torgnolles. Et là le film devient vraiment franchouillard : Trinita et Bambino prennent un bain, s'empiffrent, foutent des baffes (la scène de poker, qui se termine par un concours de baffes entre Terence Hill et le joueur de cartes est vraiment géniale et sera reprise quasiment à l'identique dans "Mon nom est Personne") se re-enpiffrent, se re-battent etc, etc... A mon avis, Sergio Leone s'est plus inspiré de ce volet pour "Mon nom est Personne" que d'"On l'appelle Trinita".
Aussi, il n'y a aucun fil conducteur dans ce film, les personnages avancent vraiment au petit bonheur la chance. Plus gros succès du cinéma italien à l'époque, le film finira d'asseoir la popularité de Bud Spencer et Terence Hill et d'imposer les codes de leurs films à venir pour 15 ans.
Par contre je crois que l'édition dvd présente de nouveaux doublages, moins bons que les anciens. Dommage.