Comme je l'avais dit dans le topic de Lancelot, je me souviens avoir été avec ma classe de 5e à une projection ciné du film en question, projection dont le point d'orgue fut la bande annonce de Desperado, dont on parlait encore des semaines plus tard. Vivant à l'époque plus ou moins dans la campagne, on n'avait pas trop accès à ce type de film et les rares qui avaient pu le voir au moment de sa sortie ciné étaient sûrs, dans les jours qui suivent, de créer un mini attroupement autour d'eux quand ils commençaient à raconter le film.
Tourné au moment où l'occident découvre l'oeuvre hong-kongaise de John Woo et commence à copier son style dans les scènes d'action (notamment Un Tueur Pour Cible, avec Chow Yun-fat et Mira "la femme de ma vie" Sorvino), je trouve que Desperado est le film qui y parvient le mieux car contrairement aux autres réalisateurs qui se contentent de copier dans les scènes d'action, Rodriguez (qui, lors du tournage de El Mariachi, venait de voir The Killer et a rallongé un peu le microbudget du film pour acheter de quoi faire des pochettes de sang et donner à son film un peu de la violence du film HK) a compris que le point fort du travail de Woo était qu'il y avait une certaine unité de style entre les séquences d'action et les séquences calmes, chaque fusillade devenant un point d'orgue dans la narration au lieu d'être un peu à part, genre "d'un seul coup, le montage devient plus nerveux".
Pour le coup, c'est un coup de maître puisque Rodriguez parvient à rendre hommage au travail du hong-kongais sans rien perdre de son style personnel d'inspiration cartoon, de l'ambiance "hispanisée" qui lui est propre, ni de son sens de l'humour, vraiment efficace et par ailleurs plutôt absent du travail de Woo.
Au passage, la scène d'amour entre Banderas et Salma Hayek est... comment dire... efficace. Et cette scène du réveil...
Par ailleurs, j'ai vraiment bien aimé la suite.
AU passage, le coffret 3DVD de la trilogie est vraiment recommandé. Blindé de bonus avec des commentaires audio très instructifs, des making of, la version démo de la scène du bar de Desperado où, armé d'un camescope, Roriguez et son équipe mettent au point la séquence d'action, des "ten minutes film school" dans lesquelles Rodriguez analyse une séquence et donne des conseils aux apprentis réalisateurs ainsi que, pour le dernier film, une Ten Minute Cooking School où, dans sa cuisine, il nous apprend à faire du Puerco Pibil, le plat que bouffe toujours Johnny Depp dans le film.