benoît a écrit:
or, et c'était le sens de mon intervention initiale, si la frontière entre le navet et le nanar n'est constituée que par l'hilarité provoquée chez le spectateur, alors la notion de nanar est aussi subjective que le rire lui-même.
Là on est entièrement d'accord, la frontière entre le navet et le nanar peut s'avérer très flou. En fonction de ce qui nous fait rire, on peut trouver certains nanars, navets et réciproquement. Il n'empêche que toute subjectivité mise à part, certains films sont tout de même objectivement trop mauvais pour devenir nanar (ou alors faut pas être sobre.

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la preuve en est que s'il existe des nanars qui font l'unanimité (ex: le lac des morts vivants) il en est d'autres qui sont bien plus polémiques, les films de Philippe Clair par exemple (n'est-ce pas wallflowers...)
je dois avouer qu'un grand nombre de comédies pouët-pouët à la française par exemple, me donne envie de réparer ma télé à la méthode wonkley...
Je ne considère pas pour ma part qu'un nanar, quel qu'il soit, puisse faire l'unamité. D'une part parce qu'aimer les films pour leur défauts reposent sur un concept tordu et qu'il est certain que tout cinéphiles n'y adhère pas et d'autre part, même dans le cadre fermé des nanardeurs, le fait est que les films chroniqués sont tellement variés et reposent sur des humours tellement différents qu'il apparaît impossible qu'un film face l'unanimité. Turkish Star Wars par exemple, tout aussi réputé soit-il, est à mon gout très surévalué par rapport à d'autres turkisheries. Idem, je doute fort de la pertinence d'une chro de "Mission:Impossible II" qui, de mon point de vue, n'a même pas sa place en polimique. Après c'est sûr qu'un nanar, c'est un peu comme un comique sur scène: chacun à son style, peut plaire plus ou moins, voire pas du tout, mais aucun ne peut prétendre faire rire l'ensemble des personnes qui entendront parler de lui.
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d'ailleurs le concept de nanar est il exportable? que pensent les hong-kongais des films de Godfrey Ho? rient ils devant? et rient-ils avec ou rient-ils du film? je ne pense pas qu'ils réagissent comme nous.
nous sommes donc bien en présence d'un phénomène culturel et subjectif selon moi.
Là tu pointes justement du doigt un truc interessant. Il peut effectivement y avoir une distance culturelle entre le spectateur et le film qu'il regarde. Un type mate un Bollywood, le simple fait que des gens se mettent à danser, peut provoquer chez lui des fou-rires, c'est possible. On est donc bien dans un cadre où le spectateur rit alors que ce n'était pas le but du film. On pourrait donc en se fiant uniquement à la subjectivité penser que le film est nanar, ce qui n'est pas le cas. Donc, même si le point de vue de celui qui regarde le film rentre en ligne de compte, c'est indéniable, il y a toujours une vraie notion qui vise à savoir si oui ou non, le film est raté et s'il s'avère drole de part ses défauts. Il y a donc bien certaines bases qui nous permettent, autre que notre simple point de vue, de déterminer si on peut vraiment parler de nanar et qui sont bel et bien objectives.
Si on considère vraiment que le subjectif est prédominant, pourquoi certains films comme "Freddy vs Jason", "Equilibrium" ou "Mullholand Drive" sont reconnus comme ne pouvant pas être nanars malgré les chroniques faites ? Une personne a jugé ce film mauvais et drole, ça suffit pour le qualifier de la sorte. Mais justement, au delà de ce point de vue, il y a des vrais points, concrets qui empechent le film, quoiqu'il puisse arriver, d'avoir cette étiquette.
Ce n'est pas une lutte entre l'objectif et le subjectif, c'est simplement que les deux doivent se rencontrer. Le nanar doit d'abord communiquer son ridicule involontaire(d'ailleurs, la notion que le nanar repose avant tout sur le comique involontaire est bien un critère objectif. Ce n'est pas le spectateur qui va interpréter si tel ou tel chose est raté, mais bien le film qui va montrer de lui-même en quoi il est "nul") et le spectateur y adhérer.
Voilà, c'est en substance ma vision du nanar. Elle n'est pas inébranlable mais elle reflète la manière dont je me passionne pour ce cinéma. Si tout reposait sur la subjectivité, j'y verrais sans doute beaucoup moins d'intérêt car ça voudrait dire qu'il suffit de ricaner devant quelque chose, quel qu'il soit, pour le taxer de mauvais et sympathique. Ce qui est, à mon sens, ridicule.
Ozymandias a écrit:
Le plus important de toutes façons est à mon avis la qualité de la plaidoirie du chroniqueur sur le coefficient nanar des films.
On a donc une critique subjective de faits objectifs se recoupant plus ou moins entre eux mais sans valeur de lois absolues.
Le pire, c'est que c'est vrai.
Encore faut il qu'ils y aient des faits objectifs. C'est là tout le problème lors de certaines polémiques. Le subjectif est difficilement contestable, un point de vue ne vaut pas mieux qu'un autre, mais y a t'il objectivement des faits qui permettent de juger le film nanar ? Fort bien résumé, j'aurais du voir ce post avant de me lancer dans la rédaction d'un post aussi long.
