Message réédité, pour faire une contre chronique du 'Grand Bazar', sans faire 15,000 topics sur Les Charlots...
Le Grand Bazar...
Tante Pony a exposé dans
sa chronique, pourquoi 'Le Grand Bazar' est un nanar à ses yeux. J'ai conscience que mes goûts sont parfois très polémiques et que je prêche parfois dans le désert, mais autant faire une BA et essayer de remettre ce film à une meilleure place en me faisant l'avocat de la défense des Charlots (pour être sincère, je me suis demandé si j'avais des goûts de chiottes, mais en voyant Le Rôdeur mettre 'TB' à ce film, je me dis que je ne suis pas tout seul...)
Moi même, j'avais un préjugé défavorable sur ce film, et je reconnais avoir longtemps abusé du qualificatif 'nanar' le concernant (cf. dans ma bio de Michel Serrault par exemple, même s'il est vrai qu'il n'est pas trop à son aise dans ce rôle), mais après l'avoir revu récemment (je ne l'avais pas vu en intégralité depuis mon enfance...) force est de reconnaître que ce film possède quelques qualités et quelques gags bon enfant qui font rire plus souvent au premier degré qu'au deuxième.
En effet, il est rare de voire un film qui fasse rire les enfants (enfant, cette comédie m'avait bien fait rire...) sur des sujets graves (le chomage, la crise du logement, et l'apparition des centres commerciaux...). Avec du recul, 'Le grand bazar' fait partie des premiers films (date de sortie: 1973!) à traiter de sujets audacieux, sans trop de lourdeurs (et honnêtement de la part des Charlots, on aurait pu avoir pire, bien pire...).
Les gags restent du niveau maternelle mais font sourire de par une certaine audace: le sketch du 'Arrosons notre licenciement!' où les 4 compères picolent avec le patron qui vient de les licencier est d'une rare impertinence, le sketch où Galabru reproche à Serrault et aux grandes surfaces qu'il représente de vendre du pâté de grives au mazouth et non à l'Armagnac est redoutable! Certes, on a fait plus impertinent depuis, mais on est en 1973, sous Pompidou, en ce temps-là, Desproges, Le Luron ne faisait pas encore des ravages politiquement incorrects, et Coluche débutait tout juste dans ce film.
Coluche, justement... Non seulement c'est toujours un plaisir de revoir ce regretté trublion, mais en plus la scène où Rinaldi cherche à lui vendre un appartement inhabitable est assez drôle finalement, une belle satire de la crise du logement qui débutait et où tout le monde cherchait à vendre n'importe quoi! (cette période n'est pas encore entièrement révolu, il reste encore de splendides immeubles dans le style Pompidou - De Gaulle... Grenoble, entièrement refaite pour les JO de 1968, conserve quelques beaux ensembles de ce style).
En clair, les Charlots auraient pu faire mieux, mais n'oublions pas qu'ils ont surtout fait pire, 'Le grand bazar' est un clin d'oeil sympathique aux années 70, ce n'est pas la perfection en terme de satire social, mais en le revoyant à nouveau, je me souviens de mon enfance, autant 'Les bidasses s'en vont en guerre' est un beau navet de chez navet, autant revoir 'Le grand bazar' me fait plaisir au premier degré. On peut trouver ça non drôle, je le reconnais. Mais les gags volontairement enfantins n'en font pas à mon avis un vrai nanar, ils ne sont pas aussi splendidement ratés que dans 'Bons baisers de Hong Kong', parodie jubilatoire, avalanche de gags ratés désopilants de conneries,nanar incontestable, cf.
chronique de Nikita
(Encore que ça se trouve, revoir ce film pourrait me faire changer d'avis... Non, pas possible, Nixon en calbute, ça nanardise le film d'entrée).