Ayant pris l'identité de Sultan Rahi depuis un paquet de temps pour mon blög (zou de la promo honteuse:
http://er-toshtuk.over-blog.com/) je me sens particulièrement concerné par le passé trouble de ce personnage, trop tôt disparu.
Car le gars a été tué en Janvier 1996. À première vue cela ressemble à un réglement de compte avec de mauvaises gens de Lahore.
Bon, je dois admettre bien connaître le Pakistan, y ayant travaillé deux ans et vécu d'avantage. J'ai d'ailleurs en ma possession deux livres sur ce cinéma si épicé, l'un en ourdou, et l'autre en anglais, excellent, écrit par Mushtaq Gazdar.
Sultan Rahi est un phénomène, un grand homme du cinéma pakistanais. Et c'est tout? Et bien non, non content de jouer dans des films de Lollywood (Bollywood version Lahore), il joue la plupart du temps en punjabi, ce qui rajoute au côté traficoté de l'ensemble, puisque ces films ne s'adressent qu'à une partie des spectateurs du pays comprenant cette langue.
Pour ceux qui aimeraient connaître l'œuvre exceptionnelle de l'artiste, sachez que son plus grand film reste
Maula Jat (cf. photos) filmé à la fin des années 70 à la campagne. Un grand moment de n'importe quoi. La qualité de l'acteur, qui hurle en permanence, est soulignée, et lourdement soulignée. Un vrai bonheur qui dure plus de deux heures. Si cela intéresse quelqu'un, j'ai le cd-vidéo correspondant. Et attention, il s'agit bien d'un original acheté à Lahore, pas d'une pâle copie (quoique vue l'état de l'image j'ai parfois un gros doute).
J'irais faire un tour, si l'envie m'en prend, du côté de la gare de l'est à Paris où je sais que l'on peut se procurer ce genre de perle pour pas cher (je n'ai pas l'adresse en tête). Il ne faut pas s'attendre à trouver la version sous-titré.
Mais le cinéma pakistanais, c'est aussi des acteurs jeunes, souvent bedonnants et des méchants. Le plus grand de tous reste Shafqat Cheema. La dernière fois au cinéma, à Rawalpindi si je me souviens bien, tout le monde a applaudi et est devenu hystérique lors de l'apparition de celui-ci à l'écran. Un grand moment de cinéma. Pour rendre les gens jaloux (gniark gniark) je pourrais ajouter que j'ai visité les studios de Lahore, et ai donc été spectateur du tournage d'un de ces films avec Shafqat, mais aussi Shaan (inoubliable en rasta pakistanais dans
Musa Khan) et Meera, une actrice dodue comme on les aime (non?).
Mais, en vérité, et sans exagération, le cinéma punjabi c'est de la gnognotte comparé au cinéma pashto, de la région de Peshawar. Là, tous les premiers rôles sont forcément gros, le scénario bidonesque, les cascades affligeantes, la trame cousue de fil blanc (une famille de méchant, un gentil, une gentille et des bandits qui attaquent toutes les filles qui passent devant eux). Pour dire la nanardise de la chose: il y a quelques années, alors que je cherchais des films pashto chez un vendeur de vidéos pakistanaises celui-ci m'a dit, texto: "on ne vend pas ça, c'est trop nul".
Deux scènes d'anthologie reviennent à ma mémoire, la deuxième dans un film d'ailleurs sûrement en ma possession:
- un homme est attaqué par des bandits aux chapeaux mous et gros flingue. Il saute sur un mur puis sur des piliers en bois, sans tomber. Ensuite, il se faufile à l'intérieur d'un pneu de camion et de là (difficile à imaginer, je l'admets), réussi à le manœuvrer, on ne sait trop comment, pour que celui-ci rebondissent sur les méchants et les assomme.
- un héros et sa copine ont été rejetté par leur famille. Ils sont donc partis vivre à l'écart après s'être mariés. L'héroïne a un bébé. Les méchants arrivent et nos deux amis sont capturés, laissant le bébé tout seul. Diantre! Passe un chien, intelligent l'animal. Il se dit, le chien "oh la pauvre petite chose, il doit avoir besoin de lait" (en langage chien quand même). Du coup il part vers le village. En chemin, un bandit poursuivi par la police perd la valise qu'il possédait et qui contient plein d'argent. Le chien récupère la valise, part au village, achète du lait (si, si, c'est n'importe quoi), puis part voir la famille la plus honnête du coin pour lui donner l'argent de la valise. En contrepartie, ils doivent prendre la charge du bébé, que le chien ramène en cinq minutes. Si je ne l'avais pas vu, je... non en fait, j'ai encore du mal à y croire.
Bon trève de bla bla, un peu d'images:




En cadeau, un fond d'écran (1280x1024), original, puisque fait par moi, reprennant un tout petit bout d'une photo cinéma (film Badsha, avec Sultan Rahi bien sûr).
http://monzo.free.fr/images/pak/Sultan.jpg
Bouga.