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1974. Livré à lui-même, Michael Peterson, 22 ans, tente de braquer un bureau de poste avec un fusil à canon scié qu'il a lui-même bricolé. Rapidement interpelé, il est d'abord condamné à sept ans de prison. A ce jour, il a passé 34 années en prison, dont 30 en cellule d'isolement.
Passablement dégouté et énervé après "Midnight Meat Train", j'avais hésité à me rentrer chez moi. Et puis bon, je me suis dit qu'il fallait laisser sa chance à ce "Bronson".
Grand bien m'en a fait, car en 1 plan, on est déjà plongé dans le film, emporté par la puissance de la mise en scène, et surtout la présence imposante de Tom Hardy dans le rôle de Charlie Bronson, clouant le spectateur à son fauteuil avec son seul regard (et aussi sa moustache).
On suit donc la vie atypique du prisonnier britannique le plus dangereux, mise en scène par lui-même dans une mise en abime du film (il introduit ses séquences de vie en philosophant et se maquillant, devant un parterre de spectateurs), de ses débuts dans le milieu carcéral à ses conditions de détention actuelle, en passant par l'asile psychiatrie et les combats de boxe clandestin (dont un contre un doberman) lors de ses quelques mois de liberté obtenus sur 30 ans.
Je ne connais pas personnellement cet homme qui bénéficie de son fan club, mais on a le sentiment que Tom Hardy est habité par son personnage. Bâti à la hache, se jetant avec délectation dans de violentes bastons avec les matons après des prises d'otage sans but (la scène où il se fait tartouiller de beurre pour mieux être insaisissable est démente !), rampant la tronche en bouillie dans une cage minuscule (la dernière fait à peine sa taille) ou bavant, totalement neuroleptisé lors de son passage à l'HP, Bronson nous happe dans sa trajectoire insensée et nous impose sa volonté : devenir le prisonnier le plus célèbre de Grande-Bretagne.
Pari réussi par ailleurs, car il serait celui qui a coûté le plus cher (après avoir incendié un asile de sécurité pour criminels malades mentaux), il a aussi publié des bouquins (dont un de fitness en espace clos !) et vend ses œuvres d'art. Sans compter ce film, alors qu'il est toujours vivant (on se demande comment).
Réalisation nickel, musiques excellentes, casting au poil, ambiance bien rendue ; sans doute que le dernier quart d'heure est un poil moins palpitant, mais bordel, ça ne gâche en rien cette putain de réussite.
A voir de toute urgence lorsqu'il sortira au ciné (en Juin 2009 je crois).