Bien entendu que Chaplin n'est pas démodé. Et ce Dictateur encore moins que d'autres.
Pour moi, c'est simple, je considère Chaplin comme l'un des plus grands, sinon même le plus grand. Tous ses films vieillissent admirablement bien. Ses thèmes sont à la fois universels en même temps mâtinées de préoccupations sociales qui ont encore cours, c'est peu dire.
Pondre ça en 1940, c'était on ne peut plus couillu et sans pour autant participer à l'effort patriotique, l'Amérique n'était alors pas encore rentrée en guerre. D'ailleurs le film subit de fortes pressions de la part d'United Artists, le sujet étant jugé trop sensible.
A noter que certains passages dans les ghettos juifs sont en esperanto afin de ne pas attaquer trop frontalement l'Allemagne.
sforza, à propos du personnage de Charlot, se trompe un peu plus haut dans sa sympathique intervention, puisque "le dictateur" est le premier film dans lequel charlot n'apparait pas !
Dire qu'on a fait chier un type comme ça, que l'Amérique avait pourtant porté aux nues, ce, lors de la "chiasse" aux sorcières (avec l'autre connard haineux fini de Cecil B DeMille), parce qu'il était sympathisant communiste, ce qui contraignit notre ami Chaplin a partir en Angleterre, est un comble, une honte pour l'histoire américaine.
Et voir aujourd'hui un Tarentino se gondoler comme un gros puéril qui ne prend aucun risque, 60ans après les évènements, faisant tuer Hitler dans un attentat fantasmé, c'est vraiment du pipi de chat à côté. Tout comme à côté de Lubitsch, lequel réussira également son pari 2 ans plus tard, avec son "To be or not to be" et sa séquence mémorable où le comédien ne ressemblant que trop à Hitler n'ose plus sortir en pleine rue. Sauf que lorsqu'il sort, personne ne le reconnait !
Quoiqu'il en soit, Chaplin est grand. Très grand !
Et monsieur Verdoux est également un chef-d'oeuvre à ranger dans ses plus grandes réussites du muet. D'ailleurs, ce dictateur est son premier film véritablement parlant (un mélange d'allemand et de n'importe quoi).
Arte a eu une grande idée de rediffuser ses films. ça permet aux jeunes générations de le découvrir éventuellement ainsi qu'aux plus anciens de se régaler à nouveau.