KaosFactor a écrit:
Et si Burton l'a lu pour son premier Batman, il a un peu raté le coche, car le Joker n'est pas l'assassin des parents de Bruce Wayne. Je peux l'affirmer car cet opus de Batman sur la vie du Joker étant le premier du genre, il fait figure d'"officiel". Par contre, ce qui est intéressant, c'est l'idée de Burton qu i est que c'est le Joker qui a fabriqué Batman en tuant les parents de Wayne et que c'est finalement Batman qui a fabriqué le Joker en balançant Napier dans la cuve de produits chimiques. Une connexion très intéressante entre ces deux personnages.
Ce n'est pas Burton qui a écrit le scénario, remarque. Je crois d'ailleurs que le scénariste du film, Sam Hamm, voulait éviter de faire du Joker l'assassin des parents de Bruce, mais n'a finalement pas réussi pour une raison que j'ai oubliée (grève des scénaristes, je crois). En ce qui me concerne, j'ai trouvé l'idée assez bien menée, à défaut d'être originale. Cela procure au film une complexité assez intéressante sans pour autant tomber dans la philo à deux sous. Et puis, au moins ici, le Joker ne passe pas son temps à souligner l'évidence. À mon avis, les scènes les plus efficaces avec celui de HL sont celles où on ne le voit justement pas.
Citer:
Oui, on peut clairement dire que le Joker de Nicholson sonne comme la BD (voir même surtout comme celui de la série télé avec le Batman bedonnant). Mais, et c'est paradoxal, je ne le trouve pas, personnellement, effrayant. Il est un bouffon avec des gadgets certes mortels, mais que l'on arrive pas à prendre vraiment au sérieux en tant que grand méchant. Le Joker de Ledger est bien plus sinistre, plus dérangeant dans son comportement, on le sent vraiment fou et en même tant d'une lucidité terrible. Et il arrive à rendre crédible, je trouve, le Joker en tant que concepteur de plans tordus à tiroirs. Et c'est ça, son arme : la conception de plans à tiroirs qui lui permettent d'avoir toujours l'avantage.
Je ne crois pas que le Joker de Burton était supposé être effrayant, pas plus que Batman, en tout cas. À l'inverse, celui de Nolan passe tellement de temps à prendre la pose pour la caméra et à raconter sa vie de trois mille façons qu'il est vite plus lourd qu'effrayant. Je suis désolé, mais un psychopathe qui parle tout le temps (surtout pour dire des inepties), ça ne fait pas vraiment peur (voyez ce pauvre Freddy ou encore le magnifique Jake de
Dragon Kickboxers 
). Sûr, son maquillage à la
The Crow ne le rend pas attirant, mais maintenant qu'on a évacué l'origine monstrueuse du Joker, le côté « clown psychopathe » perd de sa pertinence. Surtout que l'explication pour son look est vite expédiée dans le film, quelque chose du genre « c'est sa peinture de guerre ». Meuh... Nolan aurait pu en faire un personnage inédit (du genre, le Poète, l'Emo ou, je sais pas, l'Anarchiste) que ça n'aurait pas changé grand-chose au récit.
La scène du crayon, en revanche, je continue de la trouver franchement gratuite. Comme je l'ai dit, il butte un figurant anonyme qui sort d'on ne sait où, et pis, juste avant, il clouait le bec aux, quoi, dix mafieux de Gotham avec ses bombes sous sa veste. Idem pour le meurtre de Gambol : elle sert à quoi, cette scène? Bon, il y tue un autre mafieux mineur et il démontre (encore une fois) qu'il est machiavélique, comme si toutes ses précédentes scènes ne suffisaient pas.
Vous voyez, il existe déjà plusieurs remontages amateurs sur le Web où beaucoup des scènes « démonstratives » du Joker (y compris celle des traversiers, dans certains cas) passent à la trappe, car elles n'apportent pas grand-chose au film. Pourtant, ces projets sont réalisés par des fans finis du film!
Étrange quand même de la part de Nolan que son film soit aussi touffue. Je n'ai pas vu son
Memento (et, personnellement, je n'y tiens pas tant que ça), mais j'ai vu son remake d'
Insomnie, dans lequel il ne semblait pas s'empêtrer de six mille sous-intrigues et autres scènes de remplissage.