
Un excellent serial, beaucoup plus ambitieux que la moyenne. Tournage au Guatemala, avec beaucoup de figurants et des ruines mayas imposantes, ainsi qu'un vrai navire filmé en pleine tempête (pas une maquette) en guise de bouquet final épique. Les combats de l'homme-singe contre les fauves sont étonnamment réalistes (j'ai cherché les peluches et autres trucages, mais il semble qu'Herman Brix combatte des lions pour de vrai). Le dernier film Tarzan un tant soit peu fidèle aux romans avant
Greystoke 50 ans plus tard. Tarzan retrouve donc son titre de Lord Greystoke, ses origines d'aristocrate anglais, est un homme cultivé, ne parle pas comme un attardé mental profond, porte aussi bien le pagne que le costume trois pièces, on retrouve aussi le lieutenant Paul d'Arnot et Nkima, le singe de Tarzan dans les romans (car Cheetah est en fait le nom du léopard chez Burroughs). Herman Brix est très convaincant dans le rôle titre. Petits bémols : le cri de Tarzan est un peu ridicule et le faire-valoir comique est particulièrement crispant. Evidemment, c'est raciste, mais au moins, les Indiens sont joués par de vrais Indiens. Du coup, c'est moins raciste que d'habitude.

Au passage, il y a un beau travail d'ambiance pendant les séquences de sacrifices humains dans la cité perdue, avec le thème musical oppressant et fantastique et les beaux plans panoramiques plongeants mettant en valeur les décors et la figuration locale.
Ce serial fut coproduit par Edgar Rice Burroughs lui-même, qui rédigea une ébauche de pitch, en laissant la liberté aux scénaristes d'en tirer 12 épisodes. L'écrivain fut toutefois mécontent du résultat (bien qu'il s'agisse d'un des meilleurs serials de l'époque). Mais Burroughs fut toujours mécontent des adaptations filmées de ses livres. Boycotté par la MGM et leur vaste réseau de salles, le serial fut un échec commercial. Il ressortit trois ans plus tard en version ultra-condensé sous forme du long-métrage
Tarzan et la Déesse Verte (également sorti chez Bach Films). D'après des avis lus sur la Toile, cette version film souffrirait d'un montage incohérent, ce qui n'a rien d'étonnant en charcutant un matériau d'origine de 257 minutes.