Des comptes-rendus sympas, histoire de se remémorer des trucs :
D'ICI
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Du lourd. Du Marcel Pagnol sous coke et édifiant, avec d'impossibles raccords, d'impossibles plans qui n'en finissent pas, des scènes de bateau post-synchronisées avec des robinets pour figurer les vagues, de subtils mouvements de caméra et des acteurs natures souvent vus de dos, comme le héros, sorte de Lino Ventura flasque qui jouerait un Raimu mou qui jouerait un James Gandolfini déliquescent dans un plaidoyer anti-drogue encore plus poignant que le Aux enfants de la chance de Gainsbarre. De fins observateurs ont relevé les nombreuses incohérences du film, la Grèce reconstituée à Antibes, un personnage éclaboussé par une vague ressemblant à un seau d'eau dans la gueule... Film qui oscille entre pédagogique martelé ("La Maria-jou-hana, la cigarette du mal", la lecture en temps réel de l'article "haschich" dans le dico avec regard appuyé au spectateur), drame noir fatal (la Kontesseuh Hachiche, tentatrice d'auberge de jeunesse) et remake du Cuirassé Potemkine avec 5 marins – dont un sosie d'Hubert Reeves - et des sandales (qui seront perdues). C'est quand même le premier film à m'avoir fichu le mal de mer depuis un bail. Le total flou sur le casting et l'équipe - c'est qui les acteurs? Ont-ils tourné encore ensuite? Est-ce un snuff-movie? - ajoute au mystère de ce film vaisseau fantôme comme un Grolandais volant où on apprend qu'il faut compter un deux trois avant de s'écrouler après une bouffée de "Maria-jou-hana, la cigarette du mal", qui a l'air d'avoir été fortement consommée sur le tournage. Un, deux, trois, j'en veux.
j'avais oublié le coup de la vague / seau d'eau

la mention du plic ploc des vagues refait avec un seau d'eau mériterait aussi d'être faite je pense.
DE LA
si on passe outre le style archi vieillot, outre le non-jeu des acteurs, le côté archi pompier du plaidoyer anti-drogue on se régale des erreurs de débutant commises à la mise en scène: raccords foireux (le capitaine du navire a la casquette qui apparait-disparait dans la même scène selon l'angle de prise de vue, le bateau avance sur la mer de façon saccadée comme dans un "mae and watch" en arrivant au port), effets spéciaux inexistants notamment lors d'une scène censée se passer dans une contrée lointaine où des militaires font la guerre avec des mitraillettes émettant des bruits de tire-bouchons tout en ne tirant pas (Sisi ! Pas de fumigènes ou de soubresauts, rien !) et en étant pointés dans la mauvaise direction, eplus, suprême du suprême: à la fin d'une scène de dialogue, alors que les deux protagonistes s'en vont, on voit s'abattre le clap de fin. Enorme !
EGALEMENT D'ICI
Un authentique trésor que ce film retrouvé et restauré par la Cinémathèque, au sujet duquel on n’a quasiment aucune info. Au-delà de son intrigue hasardeuse et de sa dénonciation hilarante des méfaits de la "marijouana" (sic), le film a manifestement été improvisé tant dans sa construction que dans ses dialogues, pour un résultat absolument délirant. Les acteurs, en majorité amateurs, cherchent leur texte, un truc est dit mais c’est son contraire qui est montré. Faux raccords à la chaîne, bruitages de salle de bain, regards caméra jubilatoires, etc., le tout dans une ambiance vieille France coloniale d'une charmante désuétude. Le film fut particulièrement apprécié pour la performance de son protagoniste, instantanément sacré nouvelle icône du nanar, le Capitaine Mario, dit « droit d’vant ». Un gaillard au caractère bien trempé à qui on ne la fait pas, même s'il succombe à l'attrait de la "cigarette de la mort" (re-sic).